found 6 matching posts pour 'u2 album 2017'


The Horrors – V – 2017

The Horrors – V – 2017

Thehorrorsv

 

The Horrors est un groupe en perpétuelle évolution depuis des débuts très sombres, lorgnant du côté de Joy Division sur des guitares maltraitées à la My Bloody Valentine jusqu’à des productions plus léchées et l’introduction de sons électroniques sur le dernier « Luminous » Toujours passionnants et surprenants, gardant une capacité à suggérer le malaise, à bousculer l’auditeur, les anglais sont un des grands groupes de ces dix dernières années. La rencontre avec Paul Epsworth, responsable des pires productions du moment (U2, Adèle, Florence and the Machine) avait de quoi faire peur car confronter des univers si opposés pouvait faire doute de l’issue du mariage. Miraculeusement, l’alliage fonctionne souvent sur « V »  cet album à la pochette affreuse, cultivant le goût du groupe pour le bizarre mais l’entrainant aussi vers des directions nouvelles et passionnantes.

Tout commence par « Hologram », incroyable chanson à étages. Le rythme imposant et martial cogne sur un tapis de sons électroniques qui grincent, bourdonnent, puis élèvent le titre vers les cieux. Les guitares sont inquiétantes, la basse suggère un malaise sous jacent, issu de ténèbres inconnues. La voix de Faris Badwan si atypique porte le titre jusqu’à un final électronique absolument fabuleux que des guitares torturées viennent lézarder de l’intérieur. Le morceau s’achève sur une plage inconnue et étrange. Extraordinaire entrée en matière. « Press enter to exit » ensuite, convoquent des guitares presque funk pour un titre beaucoup plus pop que le précédent toujours assis sur une rythmique  imposante. La voix se fait douce et les nappes de synthés dominent. Cependant je suis plus circonspect sur un refrain qui a tendance à enfler un peu trop mais ce serait chercher la petite bête. Le titre s’achève curieusement dans une ambiance dub sur fond d’échos électroniques. Avec « Machine » c’est du côté de Depeche Mode que lorgne The Horrors. Des  beats lourds, presque industriels placent l’album sur orbite pour un titre sombre et urbain. La machine est implacable. Mais la suite sera encore meilleure. Tout d’abord avec « Ghost » et sa sublime intro vaporeuse sur un rythme lent. Des grincements plaintifs, des bourdonnements mélancoliques créent une ambiance étrange comme la respiration d’un monstre endormi. La voix filtrée s’intègre parfaitement. La chanson monte en intensité avant d’exploser dans une myriades de cascades électroniques. Pas de répit avec « Point of no reply » qui marque une accélération, la basse est ronde et chaude, le rythme métronomique et le morceau exceptionnel,  d’une ampleur à la mélodie imparable. On est en suspens le temps d’un moment de flottement en nappes superposées avant que la chanson finisse en apothéose sonique. Le premier disque est achevé et on est stupéfait de sa richesse.

Dans « Weighed down » les cordes de l’intro préparent le terrain à une batterie massive. La noirceur prime encore mais toujours compensée par des nappes et une voix qui s’envolent. Un équilibre subtil. La fin convoque les fantômes My Bloody Valentine. Le  titre est plus difficile à apprivoiser cependant, un poil gonflé par une production très présente. Mais « Gathering » va réduire à néant toute velléités de contestation. De surprenantes guitares folk enchantent une intro parfaite d’une légèreté inédite sur l’album. Le titre est somptueux, la classe à l’état pur. La voix est est à son sommet, naturelle et décontracté. Refrain fantastique, pont instrumental  phénoménal, tout y est.  On regrette donc que « World below » et ses guitares torturées ne parviennent pas à faire passer un titre trop survitaminé, pollué par une production encore dopée outre mesure. Rare défaut d’un album de haut niveau. Mais les deux derniers titres font basculer définitivement l’album du bon côté. »It’s a good life » débute sur une pulsation électronique, avant que ne s’installe une sublime mélodie d’une évidente beauté, dans le meilleur registre du disque, la mélancolie électronique en apesanteur . Quand la batterie démarre, des claviers tournent et préparent une fin extraordinaire où les guitares trouent la nuit, avant que les cristaux de « Something to remember » lance un titre qui n’est pas s’en rappeler le meilleur Pet Shop Boys, le lyrisme en plus. Fin idéale d’un disque en tous points excellent.

C’est en mariant le meilleur de la noirceur des 80’s avec des sonorités électroniques modernes que The Horrors signe peut-être là son meilleur disque d’une discographie pourtant déjà excellente. Espérons que les quelques excès de graisse de la production ne l’empêchent pas de mal vieillir.

À écouter – Gathering – Point of no reply – Hologram

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

 

The National – Sleep well beast – 2017

The National – Sleep well beast – 2017

1200x630bb

Déjà 10 ans depuis Boxer, le quatrième album qui fut celui de la consécration pour The National, ce groupe situé quelque part entre Interpol, avec qui ils ont démarré, et avec lesquels ils ont en commun une énergie noire et les Tindersticks pour la classe impériale qu’ils dégagent sur scène et dans leurs chansons.Après que Bryce Dessner est parti en escapade avec le grand Sufjan Stevens pour le très réussi « Planétarium », voici donc « Sleep well beast » 7ème album d’un groupe jusque-là quasi irréprochable, à la pochette presque noire, comme si le groupe avait trouvé dans sa musique un abri pour se protéger des ténèbres.

C’est « Nobody else will be there » superbe ballade nocturne qui ouvre les hostilités.  Un piano ample et majestueux sur un rythme minimal et des nappes de claviers lancinantes constituent le socle d’un titre sur lequel la voix toujours aussi magnétique de Matt Berninger fait merveille. Magnifique entrée en matière. Sur « Day I die », National assume son côté emphatique. La chanson devrait être un tube, le genre  de titre que U2 ne sait plus écrire. Sur une rythmique frénétique, des guitares héroïques et un peu casse burnes introduisent une mélodie assez implacable. La tension ne se relâche jamais mais on finira par en avoir vite assez car les ficelles sont un peu grosses. « Walk it back » est d’une autre tenue. Sur quelques pulsations électroniques, la voix vient susurrer une mélodie somptueuse que la batterie souligne sans jamais l’étouffer. Puis quelques arpèges de guitare ajoutent une touche de mélancolie à ce titre sombre et classe. « The system only dreams in total darkness » rappelle Interpol par sa noirceur générale que viennent contrebalancer quelques traits de guitares tranchants. La mélodie est impressionnante et la chanson monte en intensité jusqu’à un solo de guitare imparable. Certainement le morceau le plus évident et tube en puissance.On s’ennuie tout de même ferme sur l’anodin « Born to beg ». Rien ne vient titiller l’oreille, le titre passe inaperçu. Et si très rock « Turtleleneck » a le mérite de réveiller l’auditeur ce n’est pas par sa subtilité ni son originalité. La mélodie assez banale, semble noyée sous des guitares trop bavardes pour avoir quelque chose à dire. L’album prend un peu l’eau en son milieu. « Empire line » relève quelque peu la tête avec ses boucles électroniques discrètes mais ne se dépare pas d’une certaine monotonie, d’une dramatisation potentielle qui ne verra jamais le jour même si la fin du morceau est d’assez belle facture. On ne peut s’empêcher de se dire que tout ça surprend bien peu. Heureusement « I’ll still destroy you » ramène l’album vers les sommets. Sur des boucles électroniques, le titre débute de façon sidérante. La mélodie fait mouche. Puis la batterie entre en piste et fait monter l’intensité. Un break assis sur des nappes de clavier ralentit la chanson avant une dernière partie fantastique. Les claviers poussent, la batterie s’affole et des cordes puissantes   achèvent ce qui est sans doute le meilleur titre du disque jusque là. « Guilty party » qui suit est de facture classique mais le titre parvient à éveiller l’intérêt par sa mélancolie tranquille et apaisée. Le savoir-faire du groupe est tout de même phénoménal qui sait maîtriser la tension d’un titre sans céder à l’emphase. Le piano débute la sublime « Carin at the liquor store » qui pourrait prétendre à une place sur les meilleurs REM. Cette ballade triste et lumineuse à la fois apporte ce qui manque à l’album: de l’émotion, de la simplicité. La chanson n’a besoin d’aucun oripeau, sa beauté classique se suffit à elle-même. « Dark side of the gym » poursuit dans la même veine sans atteindre cependant les hauteurs de son prédécesseur. Il faut cependant reconnaître la capacité du groupe à écrire des ballades irréprochables, à la structure certes classique, mais difficiles à prendre en défaut. Il faut attendre le dernier titre « Sleep well beast » pour trouver une véritable prise de risque. Beaucoup plus expérimental, truffé de bruits étranges et liquides, de trouées de claviers qui confèrent à la chanson une atmosphère à la fois étrange et aérienne, il constitue une vraie réussite et , enfin, une vraie surprise. Peut-être un peu long, il gagne cependant à vieillir et ouvre de nouvelles perspectives pour le groupe.

Le disque n’arrive pas à m’enthousiasmer sur sa durée mais ses sommets restent suffisamment passionnants et l’altitude moyenne élevée, de par la maîtrise du groupe et des titres qui recèlent tous un intérêt, même si de façons inégales. « Sleep well beast » est peut-être une transition vers des prises de risques artistiques, car aujourd’hui The National a déjà prouvé qu’ils savaient torcher un bon disque, jamais racoleur et avec assez de classe pour tempérer les réserves. Il leur reste à produire le chef d’oeuvre de la maturité et ils en sont capables.

En écoute : The system only dreams in total darkness – I’ll still destroy you – Carin at the liquor store

Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube

U2 – Songs of experience – 2017

 

U2 – Songs of experience – 2017

Unknown

 

On ne va pas y aller par 4 chemins, soyons clairs, U2 n’a plus rien sorti d’intéressant depuis … depuis … « Zooropa » de 1993 et quelques bouts de « Pop » en 1997. Depuis le groupe s’escrime à feindre, mal, qu’il est encore habité par la foi, que sa musique touche les âmes ou autres absurdités de ce genre.  U2 a peut-être surtout touché le fond avec le précédent « Songs of innocence« , titre rarement choisi avec autant de cynisme quand on sait quelle multinationale est devenue le groupe. Mais ce n’est pas le succès durablement planétaire du quatuor qui est en cause, il a surement été mérité, on ne reviendra pas dessus, sauf pour constater le gouffre qui sépare « Joshua tree » par exemple de 1987 avec les albums de ces 20 dernières années. Je les ai tous écoutés, pour voir, pensant à chaque fois retrouver certaines grâces passées. En vain.  Les grands albums de U2 peuvent être classés en deux groupes. Quand les irlandais ont su dompter leur fougue des débuts, contrôler leurs outrances musicales adolescentes, contenir leur authentique lyrisme, pas pour l’éteindre mais au contraire pour l’enrober de tension, de drame, de retenue, et ainsi le sublimer, cela donna « Joshua tree« , l’album claustrophobe des grands espaces américains de 1987. Puis, un peu plus tard, sous la direction du grand Brian Eno, quand ils réussirent à être en prise avec leur temps, prenant tous les risques artistiques au regard de leur notoriété, expérimentant, brisant leur musique comme, quelques années plus tôt le Mur de Berlin avait été effacé, il en résulta les fantastiques « Achtung baby » et « Zooropa » de 1991 et 1993. Aujourd’hui voici donc « Songs of experience  » (là c’est mieux!), avec sa pochette Peace & love revisitée par une boutique chic, jetons-y donc une oreille.

Stupeur!! Passé le premier titre, on le remet au début! Frissons! « Love is all we have left » est sans aucun doute la meilleure chanson de U2 depuis … depuis ….? Dépouillée à l’extrême, Bono n’a pas aussi bien chanté depuis … depuis … bon ok! Sa voix, retenue, toute en douceur, aux intonations aigües caractéristiques puis suave à l’extrême, parfois auto tunée, se balade sur une mélodie somptueuse. Des couches de claviers en accords plaqués assurent l’essentiel des arrangements, dérapent en sifflements contrôlés pendant que des sons basse pulsent par en dessous. On se croirait en 1991 quand « Achtung baby » nous prenait par surprise, U2 semble à nouveau connecté avec son époque et pas en train de jouer aux rockers rebelles à 2 balles.

Mais bon, je vais pas faire durer le suspense. À l’heure où j’écris j’ai écouté l’album en entier, deux fois et un peu plus. En fait il s’arrête pour ainsi dire là. Après 2’41″. Mais 2’41″ de grâce suspendue. C’est cher payé les 2’41″ de bonheur mais il parait qu’il n’a pas de prix.  Parce qu’après…

Après, « Lights of home » veut tutoyer les mystères du bayou mais ne fait que s’engluer dans les marécages, maintenue au fond par son poids, par la pesanteur de ce titre, auquel le gospel final hypertrophié assène le coup de grâce. « You’re the best thing« , n’est jamais que le énième single pour concert géant, entendu 500 fois et qui est devenu la marque de fabrique du U2 d’aujourd’hui. Le refrain sera beuglé en choeur par des milliers de spectateurs dans des grands stades, et c’est sa raison d’être. « Get out your own way » aurait pu n’être pas inintéressant si il n’avait  cet affreux refrain, ces choeurs de kop de supporters. U2 fait du rock où la pyrotechnie a remplacé le feu intérieur. On veut nous faire croire que ça brûle, que c’est dangereux mais en fait c’est un parc d’attractions. « American soul » gagne le pompon de pire chanson entendue depuis pas mal de temps, caricature de mauvais rock gonflé à l’hélium, aux paroles sidérantes de clichés que même un adolescent ardéchois rêvant de rébellion n’oserait pas:

« You are rock and roll
You and I are rock and roll
You are rock and roll
Came here looking for American Soul« 

On respire tout de même un peu avec « Summer of love« , oasis de simplicité dans cette boue et c’est un bol d’oxygène. mais on se contente de peu, la chanson n’est pas non plus un chef d’oeuvre, simplement un titre bien troussé, qui ne la ramène pas, à la ligne de basse inventive, aux guitares discrètes, à la mélodie agréable. Ensuite ce n’est vraiment plus possible. « Red flag Day; The showman; The Little things that give you away; Landlady; The black-out; Love is bigger than anything » ne constituent pas le ventre mou de l’album mais bien le gras du bide (du vide?). Voici, alignées, 6 chansons insipides, sans personnalité, sans âme, candidates pour être le fond sonore d’une de ces boutiques de fringues que l’on retrouve partout dans les grandes villes, toutes identiques. 6 chansons dont il ne reste rien après écoute. Le constat est sans appel. U2 n’est plus qu’une carcasse vide, un cadavre nettoyé de l’intérieur, comme empaillé.

Enfin presque car parfois, on l’a vu avec la première chanson, le coeur bat encore, même si de façon un peu plus assourdie sur « 13(there is a light) » dernier titre de l’album. Car oui, il reste une petite lueur, une flamme capable de produire de l’émotion sur un titre encore dépouillé, sobre, même si la mélodie est parfois plus convenue.

Il est à noter que les 2 très bons titres du disque sont les plus sobres, ceux qui ne comptent que sur eux-même pour exister, débarrassés de graisse, d’ornements laids et de mauvais goût, ne conservant que l’essentiel pour les mettre en valeur. Mais cela les 4 de U2 le savent forcément, ils ne sont pas sourds. Ils savent que leur album est faible, qu’ils doivent dissimuler le vide de leur inspiration derrière du maquillage grossier. Ils savent aussi que ça se voit. Mais il est vrai qu’ils ont une entreprise à gérer. Pourquoi Pas. Mais y prennent-ils encore du plaisir?

À écouter – Love is all we have left – 13 (There is a light) – Summer of love

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

LCD SOUNDSYSTEM – American dream

LCD SOUNDSYSTEM – American dream – 2017

lcd_s

 

6 ans après avoir fait ses adieux, James Murphy et son mythique LCD Soundsystem reviennent avec leur 4ème album « American dream« . Après avoir joué de la batterie sur « Blackstar » de Bowie, il parait que c’est ce dernier qui l’aurait encouragé à remettre le couvert. Quand une de vos idoles si ce n’est l’idole absolue vous donne un conseil, bien difficile de ne pas le suivre. Et pourtant les risques étaient nombreux pour Murphy de ne plus être totalement en phase avec son époque lui qui, depuis 2002, recueille toutes les louanges de la critique et du public pour sa musique aux confins de la dance, du rock et de l’électro. Cet album à la pochette zénithale est-il digne de l’attente, du passé du groupe et de l’annonce tapageuse de son titre, cependant fortement ironique.

« Oh baby » démarre le disque par 30 secondes de cliquetis qu’on jurerait sortis d’une montre à ressort comme s’il fallait de toute urgence rattraper le temps perdu. Puis une boucle électronique se met en place traversée par des notes sombres et sourdes de synthé. Sur ce titre électronique la voix de Murphy se livre en pleine lumière, contrastant par son naturel avec les couches synthétiques empilées. La chanson, ample et belle, dégage une forme de sérénité, de maturité qui ne fait que se renforcer à chaque écoute. « Other voices » qui suit est bien plus frénétique et dansant, sur une basse disco et une guitare élastique, Murphy scande ses mots. On croise très vite des percussions doublées de sonorités quasi orientales. Le titre, bien que globalement réussi, ne suscite aucune surprise, rappelant surtout les Talking Heads de « Remain in light« , qui, à l’époque en 1981, ont fait beaucoup mieux. Mais ne faisons pas la fine bouche, surtout que la suite va atteindre un niveau de qualité inespéré en premier lieu avec le formidable « I used to« . Le tempo est plus lent sur ce morceau où la voix de Murphy se fond dans les nappes de synthés tourbillonnants tandis que la rythmique, imperturbable, tourne et retourne en rond. Grand titre. Mais la suite s’avère encore supérieure avec peut-être le meilleur titre de l’album, l’extraordinaire et ultra Bowiesque « Change yr mind« . Sur ce morceau sombre et barré, Murphy retrouve des atmosphères croisées il y a longtemps sur le « Scary monsters » de Bowie, encore en 1981 tiens! On imagine très bien le Roi David venir poser sa voix sur cette mélodie complexe, lacérée par des traits de guitares quasi dissonants  qui s’appuient sur des rythmes mélangeant percussions et boites à rythmes. Si c’est un hommage, c’est réussi sans être un plagiat. Et on enchaîne avec les 9 minutes de « How do you sleep? » chanté quasiment à bout de souffle sur un tapis de percussions et de boucles électroniques légères avant que la chanson prenne une autre direction lancée par la batterie souple de Murphy. La fin sera fantastique lors d’une ascension tous instruments dehors. Un sacré tour de force et clé de voûte de l’album.

« Tonite » lance le disque 2 de la plus fulgurante des manières pour un tube pop impeccable propulsé par un synthé basse tout ce qu’il y a de plus addictif et sautillant. La voix se ballade au milieu d’arrangements subtils et liquides qui s’affolent et nous rentre dans la tête. Encore un énorme tube avec « Call the police » d’ailleurs lancé en éclaireur avant la sortie de l’album et retour des guitares pour ce qui risque de devenir un hymne en concert. On ne se lasse pas de ce titre presque rock, épique, aux guitares en étendard qui pourrait avoir été sorti par U2 si les irlandais étaient encore inspirés. On monte le son. Après cette montée de sève, il est temps de se reposer avec « American dream« , slow synthétique échappé d’une BO d’un film de David Lynch avec ses longs synthés aigus, sa boite à rythmes de baloches , ses synthés basse pneumatiques et ses choeurs au sirop. La chanson est un miracle d’équilibre entre le sublime et le gnan-gnan: totalement irrésistible donc! « Emotional haircut » envoie la sauce avec ses guitares un peu lourdaudes, sa batterie tout en roulements, ses choeurs scandés comme si on était en 1978. Pas totalement mauvais mais tout de même bien en dessous de l’incroyable série dont on sort juste. On passe pour terminer par « Black screen« , ballade synthétique et nocturne qui rappelle la deuxième face de « Low » (1977), le chef d’oeuvre absolu de Bowie, décidément influence majeure de cet album. La voix, légèrement étouffée, se pose sur ce lit de sons très travaillés. Le titre clôt l’album de la plus classe des façons et s’achève en un long instrumental synthétique, rehaussés de quelques notes de piano. Magnifique.

Alors oui, à la façon de sa pochette, LCD Soundsystem peut regarder vers le haut, avec fierté pour ce retour de haut niveau, d’une maturité totale. Murphy ne cherche pas à « faire jeune », en accord avec ses 47 balais et ses cheveux grisonnants. Mais ces derniers ne sont toujours pas coiffés et , s’il s’inspire du passé, Murphy est toujours en recherche et en cela met la pâtée à bien des jeunots.

À écouter: Call the police – Change yr mind – Tonite

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Depeche Mode – Spirit

Depeche Mode – Spirit – 2017

depeche-mode-spirit

 

Des grands groupes à succès britanniques nés dans les années 80 que reste-t-il? The Cure ne vit plus que sur son passé, U2 produit depuis maintenant 20 ans des albums sans intérêt, Morrissey semble avoir perdu la flamme depuis longtemps. Seul New Order tient miraculeusement la route depuis la renaissance « Get ready » en 2001. Et Depeche Mode. Ceux qui furent tant moqués dans les 80’s par les tenants du rock à guitares trop bas du front pour se rendre compte de l’incroyable talent du quatuor devenu depuis trio ont été adoubés définitivement dans le panthéon pop/rock. Après 35 ans d’existence, voici donc « Spirit » le 14ème album du groupe.

On ne peut nier que depuis « Exciter » en 2001, Depeche Mode, sans jamais se départir d’un niveau de qualité  exigeant, semblait cependant être parfois en pilotage automatique, gérant, avec talent, sa notoriété, les albums se succédant et se ressemblant quelque peu. Toutefois il n’y a pas de mauvais album de Depeche Mode, c’est simplement que le groupe a depuis longtemps trouvé son équilibre. Depuis le chef d’oeuvre « Violator » au tournant des 90’s. À la pop ultra synthétique des débuts, le groupe a intégré les guitares et la noirceur du blues pour un résultat unique, identifiable entre mille: le son Depeche Mode.

Si « Spirit » n’échappe pas totalement à ce constat – pas de révolution ici dans l’approche musicale – l’équilibre entre l’électronique, les claviers, les guitares et l’extraordinaire voix du chanteur Dave Gahan y atteignent une maturité, une plénitude, une profondeur impressionnantes. La première moitié du disque vole très haut avec l’immense « Going backwards » placé en ouverture, d’une noirceur majestueuse, qui place d’entrée l’album au niveau des plus grandes réussites du groupe, « The worst crime » sublime ballade tout en ruptures, « Scum » noire et rageuse. Plus loin « Cover me » est une des plus belles chansons jamais produite par Depeche Mode, chantée par un Dave Gahan en apesanteur qui se finira dans un long final instrumental en boucles électroniques rehaussées de guitares slide. Si la deuxième partie du disque, sans être, loin de là, inintéressante, n’atteint pas ces sommets elle comporte pourtant ce qui est peut-être un des deux meilleurs titres avec « So much love« . On y retrouve, plus prononcé, l’héritage des 80′s. Sur un rythme frénétique, mêlant électronique et des sons de guitare qu’on jurerait sortis de chez The Cure, le groupe dégaine un tube imparable. Il faut noter aussi en fin de parcours, le très beau « Fail » dont on se demande bien pourquoi il est chanté par Martin Gore qui n’a pas le talent de Gahan pour transcender, par son interprétation, une chanson. À part ces sommets impeccables on trouvera d’autres titres d’un niveau irréprochable mais ne volant pas à la même altitude. En particulier le très réussi single « Where’s the revolution » qui se bonifie à chaque écoute, le plus classique « You move » et « No more (this is the last time) » qui déroule en toute sérénité.

L’album comporte 3 faces et une 4ème parfaitement lisse ce qui en fait en plus un bel objet mais on se dit quand même qu’il aurait pu être plus resserré, plus court et donc plus homogène si le groupe n’y avait pas inclus l’ennuyeux « Eternal« , le quelque peu lourdaud « Poison heart » et un « Poorman » routinier. Même sans ces morceaux qui en font baisser l’intensité, on tient le meilleur album de Depeche Mode depuis « Ultra » en 1997. Mais qui sait, peut-être faudra-t-il encore du temps avant de les réévaluer, ou pas? Quoiqu’il en soit, peu de groupes peuvent se targuer d’une telle longévité sans sombrer dans la caricature d’eux-mêmes. Conserver un tel niveau après tant d’années est déjà en soi remarquable.

A écouter: Going backwards – So much love – Cover me

Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube

 

NZCA Lines – Infinite summer

NZCA Lines – Infinite summer – 2016

12728840_10153906714853399_6578767183537820318_n

« Peu nombreux sont ceux qui osent s’aventurer au-delà des sentiers battus... » sont les mots qui, en français, ouvrent le nouvel album de NZCA Lines, après leur premier essai remarqué de 2012, avec en particulier le titre « Okinawa channels« . Cet « Approach » en ouverture et en français parlé donc, sur fond de cordes et synthés rappelle un peu le « Bambi Galaxy » de Florent Marchet par son côté SF planante. NZCA Lines a musclé son jeu peut-être au contact de Metronomy qui semble avec Hot Chip le modèle de cet album. C’est une pop accrocheuse et électro qui domine, marquée par des nappes de claviers qui grésillent et une voix toujours aérienne et assez haut perchée. Cependant nous sommes assez loin du génie des deux groupes cités plus haut même si la triplette tubesque « Persephone dreams »; « Chemical is obvious » et «  »Two hearts » est tout à fait intéressante. La première, Metronomyesque en diable, se perd un peu dans des longueurs où guitares et claviers s’emmêlent, la deuxième, peut-être la meilleure chanson de l’album fait tout dans la subtilité entêtante. On y revient sans cesse. La troisième malgré un rythme trop binaire parvient à emporter l’adhésion grâce à un refrain qui décolle. Risque d’être fatigante à la longue cependant. « Infinite summer; New atmosphere; Sunlight » amorcent un ralentissement du tempo pour privilégier une électro planante qui malheureusement a surtout tendance à se perdre dans l’insignifiance. Des titres pas franchement désagréables mais qu’en restera-t-il dans un mois? On franchit un pas de plus vers l’indigeste cette fois-ci avec « How long does it take » et son affreuse guitare en intro, Le lourdingue « Jessica » qui se voudrait léger et « Do it better » qui porte on ne peut mieux son titre. « Dark horizon » éclaircit paradoxalement l’horizon d’un album qui commençait à se vautrer sérieusement mais il faudra attendre le dernier morceau de l’album pour sauver une face B dans l’ensemble catastrophique. « The world you have made for us » rejoint sur le fil « Chemical is obvious » sur la plus haute marche du podium.
La première phrase aura donc été cruelle pour NZCA Lines. En effet peu nombreux sont ceux qui osent s’aventurer hors des sentiers battus, Metronomy et Hot Chip en font partie, pas eux dans cet album non dépourvu de quelques bonnes idées mais noyées sous la banalité d’arrangements sans surprises et de compositions souvent trop faibles. Laissons-leur encore le temps de mûrir, de prendre des risques.

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Listecds |
Projet Ouroboros |
Kim Wilde 2017 / MiniKim |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Graines de son
| Lerapetsonevolution
| Clipfr