Bon Iver – Bon Iver – 2011

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Attention, Bon Iver n’est pas une personne mais bien le nom du groupe de Justin Vernon, responsable en 2011 de son deuxième album « Bon Iver« . Après un premier disque adulé, Vernon conserve ici sa formule folk mais en l’étoffant. Autour de sa guitare, se greffent mille et un bruits collés comme autant de textures sonores, des cuivres discrets, une rythmique sobre et chaleureuse pour un disque absolument somptueux de folk fantomatique. La voix de Vernon, si particulière, dans son timbre inimitable, proche de l’islandais Asgeir, est toujours aussi envoûtante. L’album est au final à l’image de sa pochette, un abri pour l’hiver, une cabane perdue au fond de l’immensité qui serait synonyme de survie. Difficile de choisir parmi ces splendeurs alors retenons par exemple l’extraordinaire « Minnesota, WI » ci-dessous:
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« O » Olivier Marguerit – À terre! – 2019

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Olivier Marguerit alias O est peu connu du grand public et pourtant omniprésent dans le paysage musical français. Et il vient avec « À terre! » de publier un album pop époustouflant, lumineux et inspiré de bout en bout, ce qui, au pays de Vianney et de Maître Gims fait un bien fou.
Tout du long de ces 11 titres, Marguerit évoque la perte de repères, l’ivresse et se retrouve « à terre; les pieds dans la boue; hébété ». Dans ces chansons aussi rayonnantes que légères de par l’instrumentation, il ne chante que les ruptures, les chutes et «perd l’équilibre et même les pédales; s’enfonce; coule; devient fou; commence sa chute et le sol se dérobe; … ». La quintessence de la pop en somme que de chanter légèrement les affres de l’existence, que de transcender par la musique les souffrances du coeur et du corps.
Et musicalement, le disque est un précipité de liqueurs plus enivrantes les unes que les autres comme si l’on assistait à un accouplement monstrueux et sublime de mélodies apprises à l’école Beatles, d’harmonies vocales modèle Beach Boys et d’expérimentations de chez Tame Impala. Tout y passe, des choeurs féminins omniprésents et fantastiques, des nappes de claviers aériennes, des cuivres qui ne se cachent pas, des flutes et par-dessus tout mis au service de chansons d’une qualité mélodique, d’une inventivité exceptionnelles, rarement entendues par chez nous. Car c’est un festival permanent que ce « À terre! » qui n’a pourtant d’autre but que de nous faire décoller.
La face 1 est ce que j’ai entendu de mieux depuis longtemps depuis longtemps. Dès « À terre » tout est en place: mélodie imparable qui donne envie de courir au soleil, science des choeurs et même solo de saxophone comme on n’en fait plus. Il fallait oser. Il ose tout et réussit tout. « Oiseau de nuit » comporte une intro parfaite, ultra addictive. Quelques notes de piano répétitives, des choeurs en explosion de bulles de savon et une basse élastique absolument irrésistibles préparent l’arrivée d’une voix mi parlée- mi chantée. On a à peine le temps de s’y faire que déboule « Tu sais je ne sais plus » et ses légers accents prog à la Tame Impala. Ici la prise de risque est totale mais aucun obstacle ne résiste à Olivier Marguerit et ce qui aurait pu devenir lourd, n’est ici qu’un miracle d’équilibre entre saxo, choeurs trafiqués et changement de mélodie. « Ce bateau » qui nous amène sur une mer faussement languide aux sonorités liquides est encore un titre parfait. Arrive ensuite « Avale moi » chef d’oeuvre absolu et miracle encore d’équilibre et d’harmonie où la subtilité des arrangements rivalise avec la qualité de la composition. D’une sensualité voire d’un érotisme aériens, le titre clôt une face d’une niveau exceptionnel.
La face 2 démarre encore plus fort, c’était donc possible, avec « Les pédales » nouvelle pépite sidérante qui fait même passer la pilule d’un riff de guitare prog sans coup férir. Ahurissant! « Soleil charbon » démarre quasiment a capella avec la voix fragile et haut perchée d’O. Marguerit avant l’entrée de la basse et de la batterie qui la transforme en ballade mélancolique de toute beauté qui rejoue le mythe d’Icare en mode mineur avant de laisser libre court à un enchevêtrement de nappes de claviers et de choeurs superposés. « Ensablé » démarre comme du Beatles, en anglais, Mc Cartney n’est pas loin, avant de quasiment s’arrêter en chemin, puis repartant petit à petit dans une autre direction, en suspens sur des pulsations électroniques. Avec « En chute libre » nous tenons ici le meilleur titre de l’album, c’est dire le niveau. Une ballade en or massif que dis-je en platine, en admantium où les choeurs se répondent en interventions légères, où des flutes sont en apesanteur, où une guitare acoustique tisse un coussin d’air, nous faisant ressentir littéralement le vent dans le visage, la sensation de chute libre lente et douce. Le genre de chanson qui dégoute à jamais de se lancer dans la musique tant la sensation du chemin à parcourir pour atteindre un tel niveau est prégnante. Il ne reste plus après ce sommet inatteignable qu’à quitter en douceur le disque avec l’instrumental « Le soleil des idoles » à la tonalité douce et nostalgique puis à reprendre « D’en haut » le premier titre. La boucle est bouclée et on repart illico pour un tour. Marguerit vient de pondre la pépite pop quasi parfaite, le Graal de tout musicien du genre. Enivrons-nous sans cesse, chutons ensemble vers ces multiples délices qu’il recèle.

À écouter: À terre- En chute libre – Oiseau de nuit

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