LA FEMME – MYSTÈRE – 2016

La-Femme-MystereLe premier album de La Femme « Psycho tropical Berlin » avait apporté, en 2013, bien qu’il soit inégal, une bouffée de fraîcheur et de légèreté dans la chanson française rance et de droite des Christophe Maé, Johnny Halliday, M. Pokora, Céline Dion, Renaud, Maître Gims, Stars 80, … ou leurs équivalents de gauche; Saez et consorts, … j’en passe et des meilleures, la liste étant malheureusement longue. Ce premier essai avait cependant les défauts de ses qualités et sombrait parfois dans une pop adolescente trop futile et prévisible.
Mais La Femme a grandi, mûri, et sa palette sonore s’est considérablement élargie et étoffée. La naïveté adolescente n’apparaît plus que par moments, comme dans le texte de « Septembre » pourtant plus retors qu’il n’y parait ou dans « Tatiana », le titre le plus faible de l’album qui contient des réminiscences du désolant « Daniela » des non regrettés Elmer Food Beat. Pour le reste, si la pochette de « Mystère », le nouvel album fera, à n’en pas douter, date, par le renversement du cliché selon lequel les hommes ont le cerveau entre les jambes, ce sont bien, à l’exception près donc, les 15 morceaux qui le constituent qui font événement. Tout en explorant des univers très variés, de la pop française synthétique des 80’s (merci pour tout Etienne Daho), à la surf song façon Pixies en passant par le rock sous influence Velvet, La Femme conserve une cohérence sans faille et bâtit un univers qui lui est propre.
Si le raide et technoïde « Sphinx » placé en introduction ne convainc pas immédiatement, la suite va être de haute volée avec la magnifique et cruelle ballade « Le vide est ton nouveau prénom », soutenue par une guitare acoustique sur laquelle une voix désabusée chante sans regrets la fin d’une histoire d’amour. « Où va le monde? » est un imparable tube surf pop que n’auraient pas renié les Pixies époque « Bossanova ». « Septembre » renoue donc avec une forme de naïveté adolescente mais emporte largement la mise en prenant le recul nécessaire à la nostalgie. Si dans nombre d’album, le ventre est mou, ce n’est pas le cas ici car la série de titres suivants est époustouflante. La déambulation urbaine « SSD » pulse puis le tempo se ralentit pour éradiquer le démon de la solitude dans « Exorciseur » aux bruits de gargouilles inquiétantes. « Elle ne t’aime pas » est magnifique de noirceur légère avant que ne déboule l’immense « Mycose », sommet de l’album. « J’ai une mycose-voila qu’elle se réveille- j’en ai marre … va-t-en je t’en prie mycose tu m’agaces » chante la voix dans un accès sublime de paranoïa avant que le mur de guitares n’emporte tout. Il est encore question de cruauté dans le parfait « Tueur de fleurs » et c’est vers le ciel que regarde le légèrement exotique « Al Warda », où les violons tournent et retournent de façon hypnotique. « Psyzook » et ses rythmes chaloupés porte bien son nom, maintenant sur terre une voix incontrôlable. La face D indique « Le chemin » à suivre, il est sous influence 60’s et parsemé de choeurs féminins avant que l’album ne se referme sur le quasi immobile « Vagues », soit 13 minutes de flux et de reflux d’abord tranquilles avant que l’orage qui menaçait n’éclate sourdement laissant l’auditeur épuisé sur la grève.
« Mystère » fait du bien. Il prouve que la musique de notre pays de France est vivante, inventive, impertinente, ouverte aux influences tout en restant personnelle et originale. Vive La femme donc!

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Lescop – Echo

Lescop – Echo – 2016

LESCOP - echo

Il y a 3 ans, je suis allé voir un concert pour sa première partie. Ce soir-là à Grenoble, Mathieu Lescop jouait en ouverture des insupportables Fauve. Curieuse programmation que d’accoler des artistes aussi dissemblables. D’ailleurs, c’était attendu, Lescop a fait un relatif bide devant les fans du phénomène d’alors, distillant pourtant, bien que de façon un peu raide, sa musique sombre et inspirée, actualisant les sons des 80′s que des gens comme Daniel Darc avaient pu proposer par le passé. Son premier album porté par le fantastique « tube » « Dans la forêt » était plein de promesses. Par la suite je ne tiendrais que 30 mn devant les éructations Fauvesques avant d’aller boire un coup à l’air libre.

Les promesses sont tenues sur « Echo » le nouvel album de Lescop. Si les références sont toujours à chercher du côté de la pop sombre des 80′s, le son a gagné en profondeur, l’album est beaucoup plus régulier que le précédent. Les mots de Lescop font mouche, cultivant l’attrait du garçon pour les atmosphères sombres et étranges. Qui est ce fantomatique « David Palmer » qui ouvre la face A ? Mystère. « Il ressemble à Pierre Clémenti/et marche comme une panthère noire ». Le titre repose sur une énorme basse chaude et ronde, des sifflements et une guitare aigrelette. La voix de Lescop se fait presque murmure, comme tout au long de l’album. Encore plus fort avec ce qu’on imagine pouvoir être un autoportrait de l’artiste, au vu de la pochette de l’album, « Dérangé » évoque Taxi Girl par ce phrasé plus proche de la parole que du chant. L’album commence donc par deux titres énormes malheureusement on est refroidis par le troisième et plus mauvais morceau du disque, « Mauvaise fille », qui ennuie par son aspect répétitif bien que le portrait de la fille en question confirme le goût de Lescop pour les personnages mystérieux, insaisissables et dangereux. Qu’on se rassure, ce sera le seul vrai faux pas, et encore relatif, de l’album. On ne peut pas ne pas penser à Daho sur « Insomnies » qui enchante avec ses notes légèrement acides avant que « L » évoque encore un personnage décalé qui « en plein été se plaint du froid ».
La face B est une réussite totale depuis l’expérimental et électronique « Quelqu’un à qui penser », bourré d’arrangements entêtants et vrillés puis avec « Suivie », un des meilleurs titres de l’album porté par une guitare nerveuse sur choeurs féminins et aériens. Les mots de Lescop sonnent parfaitement dans cette atmosphère de déambulation amoureuse « Dans le dédale des rues de Paris ». « Echo » revisite le mythe de Narcisse, la voix en suspens, soutenue par une pulsation et une nappe synthétique jusqu’à ce qu’en fin de titre, la batterie démarre, nerveuse et incisive sur des incantations à l’infini d’ »Echo ». L’hypnotique et stroboscopique « Flash » emmène l’auditeur sur la piste de danse, à renfort de claps et de « Flash » murmurés : réussite totale. L’album se conclut avec « C’est la nuit » et sa basse sautillante dans lequel délaisse les ambiances sombres et acides pour un titre plus franc du collier et positif. « Marche à mon bras quelques heures si tu veux » …. proposition acceptée, plus longtemps même si possible !
Lescop confirme donc les espoirs placés en lui, reprenant la formule du premier album. Pas encore le classique dont il est à coup sûr capable mais le début d’une œuvre déjà cohérente. Il lui faudra se démarquer d’influences encore trop présentes pour prendre son véritable envol.

 

 

 

 

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