posts de août 2019


Aldous Harding – Designer – 2019

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Aldous Harding est une artiste Néo-zélandaise et son fantastique 3ème album « Designer » tourne sur ma platine de façon quasi ininterrompue depuis le printemps. Impossible de se lasser de ces 9 titres aux airs de classiques instantanés, de cette voix douce et suave capable de monter dans les aigus et souvent doublée sur les refrains ou accompagnée de choeurs discrets de ses musiciens. Pas besoin de fioritures pour ces chansons TOUTES excellentes, qui n’ont besoin que d’apparats sobres et simples  et magistralement produites et mises en valeur par John Parish, bien connu pour son travail avec PJ Harvey. La tonalité générale est celle d’une musique pop folk où dominent la guitare acoustique et la voix d’Aldous Harding. Mais les titres sont en général enjolivés par des instruments aussi variés que la guitare électrique, le piano, quelques cuivres, des violons discrets dont les interventions tombent toujours à propos. On peut jeter une oreille sur ces 9 titres quasi parfaits mais attention c’est une drogue dure!

La face 1 déroule dans un enchainement parfait 5 titres absolument intouchables. De l’irrésistible et quasi pop « Fixture picture » au refrain enjoué, à la ligne de basse ronde qui ouvre le disque jusqu’au tubissime « The barrel » qui clôt la face 1, on passe par « Designer » tout en ruptures, qui accueille en son milieu un piano avant que des percussions ne l’agitent quelque peu. « Zoo eyes » ensuite avance avec assurance sur un couplet hyper sobre avant que la voix d’Aldous ne décolle vers des sommets célestes sur un refrain ouaté. Pas de répit ensuite avec la sublime perle folk qu’est « Treasure » On reste sans voix devant tant d’évidence pendant qu’Aldous double la sienne sur une mélodie à tomber. Pas de batterie sur un titre qui n’a besoin que de quelques notes de piano et d’une ou deux guitares pour nous saisir à la gorge. Extraordinaire leçon de simplicité pour un résultat époustouflant. Très grande chanson. Il ne reste à « The barrel » certainement déjà tube mondial qu’à achever le travail. Vous y entendrez sur une mélodie à l’évidence encore confondante tout ce qui fait l’art D’Aldous Harding et de son producteur John Parish qui savent que pour faire sonner une chanson il faut s’effacer devant elle et l’habiller du juste nécessaire. Du grand art pour une face 1 parfaite.

La face 2 sera beaucoup plus aride en particulier dans des choix d’arrangements bien plus dépouillés. En effet, il faudra attendre 5 minutes pour que le piano-voix du superbe « Damn » laisse un peu de place à une clarinette, un saxophone, une guitare pour un final instrumental d’une beauté apaisante.  La sombre ballade « Heaven is empty » n’admet qu’une guitare acoustique pour accompagner la voix quasi plaintive.   Mais c’est « Weight of the planets » qui retient l’attention qui, avec ses légères percussions nous transporte quelque part sous des Tropiques alanguis, allongé sur le pont d’un voilier par une nuit étoilée. Strié de traits de violons, porté par une basse arrondie, renforcée de choeurs masculins, la chanson, contrairement à ce que son titre laisse penser, est une ode magnifique à la légèreté, à l’oisiveté. Enfin sûre d’elle et de ses chansons, Aldous Harding conclut piano-voix sur le sublime « Pilot » qui n’a besoin de rien d’autre pour nous filer la chair de poule.

Après cette démonstration de composition, d’interprétation, cette réussite absolue, je le répète qu’est cet album il ne reste outre la fait de se repasser en boucle qu’à aller découvrir l’album précédent de la belle: « Party » sorti en 2017. Quoiqu’il en soit, ce « Designer »  est d’ores et déjà candidat pour le titre de meilleur album de l’année.

À écouter: Fixture picture – The barrel – Treasure

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Bonobo – Black sands – 2010

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Nous sommes en 2010 et Simon Green alias Bonobo est devenu un artiste reconnu, le plus gros vendeur du label Ninja Tunes. Ses morceaux ont été utilisés dans des pubs, pour des génériques d’émissions et il trône dans les bars lounge et ambient. Voici son 3ème album « Black sands » qui témoigne d’une réelle évolution depuis son premier « Animal magic ». Désormais, Simon joue de tous les instruments, a élargi sa palette musicale et varie les atmosphères sur cet album en grande partie réussi. On passe, toujours sur des tempos assez lents, le gentiment excité « 1009 » excepté, du trip hop à une électro teintée de jazz en passant par du Chill out, cette musique électronique dite « reposante ». Même s’il est encore en grande partie instrumental, deux chanteuses posent leur voix soul et jazzy sur deux titres et contribuent encore plus à l’ambiance moelleuse de l’album. Bonobo a gagné en ampleur, en liberté et en maîtrise. Dans l’excellent « El Toro », ci-dessous, un des meilleurs morceaux de l’album, les percussions, les cordes et les cuivres s’envolent pour notre plus grand bonheur.

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Bonobo – Animal magic – 2001

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Bonobo est le nom d’artiste d’un musicien anglais nommé Simon Green. J’ai découvert il y a peu son travail notamment avec ce premier album datant de 2001 et intitulé « Animal magic ». Les 10 morceaux qui le composent sont essentiellement instrumentaux, seules quelques voix se font entendre sans que l’on puisse véritablement parler de chant. Bonobo pratique une forme de trip hop downtempo, à partir de samples d’instruments réels, virtuels ou simplement à partir de musiques préexistantes. Sa musique est donc un collage savant de boucles superposées formant une musique à l’atmosphère douce.  Subtilement arrangé, l’album fait parfois penser, sans atteindre les mêmes sommets à DJ Shadow et son immortel « Introducing » de 1995. Cependant, la douceur, sur la longueur, confine parfois à l’ennui et on se surprend à ne plus vraiment faire la différence entre les plages de l’album. Agréable cependant comme le prouve cet impeccable « Sleepy seven ».

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Bonnie Prince Billy – I see a darkness – 1999

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On n’a pas oublié ces disques sombres et dépouillés des 90’s publiés sous les noms de Palace Brothers, Palace Music ou Palace. Derrière on trouve Will Oldham qui, en 1999, publie « I see a darkness » sous le pseudo de Bonnie Prince Billy. La pochette ne trompe pas sur le contenu, fond noir, masque mortuaire et titre qui ne laisse aucune équivoque quant à la tonalité générale du disque. Ce sera sombre. Cependant cela ne doit pas être un repoussoir car accompagnant sa voix fragile et haut perchée, toujours à la limite de la rupture, les arrangements sont variés. La batterie très présente est souvent claire, les guitares savent se faire entendre, le piano apporte du volume à ce folk ralenti et envoûtant. Car oui, l’album est une merveille d’écriture, de fragilité et de tension rentrée. D’ailleurs le grand Johnny Cash himself ne s’y est pas trompé en reprenant la bouleversante chanson-titre. Mais ce n’est pas la seule grande chanson et ce fantastique « Death to everyone » ci-dessous justifierait à lui seul l’achat de l’album.

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Bruce Springsteen – Western stars – 2019

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« I’m just travelin’up the road / Maps don’t do much for me/ I follow the weather and the wind » Le texte du premier titre de “Western stars » 19ème album d’un artiste qu’on ne fera pas l’injure de présenter, résume assez bien l’état d’esprit de ce disque aussi surprenant que réussi voire somptueux dans ses meilleurs moments, et ils sont nombreux. Springsteen, 70 balais,  livre ici après un « High hope » fourre-tout, un disque dans lequel les lieux s’enchainent, ceux d’une Amérique, comme souvent avec lui, qui disparait, indomptable et superbe comme le cheval de la magnifique pochette. À pied, en train, en voiture, de Nashville à Tucson, de bars glauques au « Moonlight motel » qui clôt l’album, le boss nous embarque avec ses personnages droit vers un ouest rêvé. Impressionnant de voir à quel point Springsteen reste créatif et actuel, pourtant entré déjà dans le panthéon des artistes américains. Tel Clint Eastwood au cinéma, son classicisme le rend intemporel tout en restant le brave gars avec qui on a envie d’aller boire une bière.

Bruce a ici laissé son fameux E Street band à la maison reprenant l’alternance entre des albums rock qui ont fait sa gloire de « Born to run » (1975) à « The rising » (2002) en passant bien sûr par « Born in the USA » (1984) et des albums solo intimistes tels les chefs d’œuvres « Nebraska » (1982)  et « The ghost of Tom Joad »(1995). Sur « Western stars », l’artiste confie avoir voulu rendre hommage à la pop californienne des 60’s, ce qui se traduit ici par des arrangements soyeux de cordes, ajoutant classe et profondeur à des titres assez intimistes, proches de la ballade country folk mais toujours dans un registre sombre et mélancolique dans lequel Springsteen excelle.

C’est par le très Dylanien « Hitch hikin’ » que débute l’album, belle rengaine très dépouillée qui va petit à petit laisser entrer une section de cordes qui prennent de l’ampleur et apportent de la profondeur à un titre sur lequel Springsteen se ballade, la voix intacte, toujours mélancolique. « The wayfarer » qui suit est encore un cran au-dessus, superbe ballade mid tempo que les cordes magnifient avant d’être rejointes par des cuivres qui apportent un souffle et une atmosphère inédite chez le Boss. « Tucson train » est quant à lui Springsteenien en diable. La batterie et la basse martelant le rythme ferroviaire pendant que Bruce déroule un titre imparable, toujours rehaussé de cordes. C’est l’Amérique que l’on aime qui défile, celle, purement fantasmée de nos souvenirs de cinéma, des westerns et des grandes étendues. « Western stars », juste derrière, est un des plus beaux titres entendus ces temps-ci, superbe ballade empreinte de nostalgie et profondément mélancolique. Springsteen y peint des portraits dont lui seul a le secret comme cet acteur dont le plus haut fait d’armes est d’avoir été descendu par John Wayne. On touche ici à la quintessence du talent Springsteenien dans sa capacité à toucher l’auditeur au coeur sans que jamais il ne rabaisse ses ambitions artistiques. Après ce quatuor impeccable de début d’album, on passe rapidement sur l’anecdotique « Sleepy Joe’s café », chanson entraînante pour pub irlandais, et ce même si mon fils de 3 ans l’adore pour lui préférer « Drive fast (The stuntman) » encore une sombre ballade très dépouillée et réhaussée de cordes, décidément la marque de ce disque ou encore le très beau mais toujours très sombre « Chasin’ wild horses » qui débute à la guitare comme autour d’un feu de camp , la nuit tombée sous les étoiles. « Sundown » ensuite renoue avec le registre pop orchestrale et redonne un peu de soleil à un album à la tonalité très mélancolique. Mais c’est un court répit car le magnifique « Somewhere north of Nashville » tire les larmes en moins de deux minutes de simplicité bouleversantes. « Stones » beaucoup plus arrangé et orchestré est une nouvelle réussite dans le registre pop orchestrale alors que « There goes my miracle » est une sucrerie parfois un peu indigeste sur ses refrains. L’album va se terminer sur deux pépites. Tout d’abord le single « Hello sunshine » et ses faux airs d’ « Everybody’s talkin’ » sur lequel Springsteen déroule une mélodie imparable aux arrangements subtils. La chanson pourrait être la BO d’un road movie idéal. « Moonlight motel » est un diamant noir, chanson parfaite pour conclure un tel disque, murmure nocturne ou rêve éveillé avant de s’endormir, au choix.

On l’aura compris, Bruce Springsteen, avec « Western stars » délivre sa plus belle collection de chansons depuis « Ghosts of Tom Joad » en 1995. Depuis, exception faite du rageur et impressionnant « Wrecking ball », aucun album ne parvenait à convaincre totalement sur la durée. Voici donc une nouvelle pierre de taille à l’édifice Springsteenien décidément increvable puisqu’on annonce un nouvel album avec l’E Street Band. Longue vie au Boss donc, partenaire de voyage au long cours rarement décevant, pardonnable jusque dans ses albums un peu moins bons, certainement la rock star la plus humble et sympathique qui soit et pourtant mythique.

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Pierre Bondu – Quelqu’un quelque part – 2004

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Pierre Bondu fait partie de la galaxie nantaise qui, dans les années 90, gravite autour de Dominique A. « Quelqu’un quelque part », son 2ème album sorti en 2004, y révèle un beau talent de mélodiste, de parolier et d’arrangeur. Dans ces chansons pop douces amères, les arrangements de cordes dominent et confèrent une tonalité très sixties à l’ensemble. Il manque peut-être ici une folie à ces titres de grande qualité mais un peu trop sages. On retrouve chez Bondu, même physiquement, quelque chose quelque part de JL Murat même si l’auvergnat lui est bien supérieur et il annonce aussi Benjamin Biolay qui au début de sa carrière naviguait dans les mêmes eaux mélancoliques et douces. Qu’est devenu Pierre Bondu? Un extrait avec « Quitter la terre » ci-dessous
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