posts de juin 2019


Kevin Morby – Oh my God – 2019

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J’avais croisé Kevin Morby ces dernières années, au détour d’un titre ou d’un autre, issus de ses 4 premiers albums. J’avais porté une oreille plus attentive encore au dernier en date intitulé « City music » déjà impressionnant. Mais avec « Oh my God », Morby vient de livrer un chef d’oeuvre qui restera tel le classique instantané qu’en font les 14 extraordinaires chansons qui le composent.

« Oh my God! » est l’expression hyper courante qui, outre Atlantique, permet d’exprimer une large palette d’émotions qui vont de la surprise à l’indignation en passant par l’incompréhension ou l’admiration. En plus de donner son titre à l’album, elle est répétée à de nombreuses reprises tout au long des diverses chansons de l’album. Il serait donc réducteur de ne voir dans ce disque que l’expression d’une foi religieuse, ce que confirme l’ambiguïté de son étrange pochette à la limite du mauvais goût. Mais elle est aussi cela et les routes musicales qui y sont empruntées le confirment. De ses racines folk, Morby développe ici des itinéraires bis qui passent par le gospel, le jazz et le rock. Mais surtout, s’y affichent les influences de trois monuments incontournables de la musique américaine que sont Lou Reed, Leonard Cohen et, of course, Bob Dylan. L’instrumentation y est d’une richesse inouïe: guitares, saxophones, trombones, percussions, orgues, pianos s’y côtoient et s’y marient à merveille pour mettre en valeur les bijoux que sont toutes les chansons de l’album.

C’est le piano d’ailleurs qui ouvre l’album avec cette prière sublime qu’est « Oh my God » le premier titre. Des choeurs célestes élèveront ensuite le morceau vers les cieux épaulés par un saxophone avant que les handclaps de l’extraordinaire « No halo » viennent nous secouer les puces. Avec ce 2ème chef d’oeuvre d’affilée, Morby fixe l’altitude à laquelle le disque va se situer. Très très haut. « Nothing sacred / All things wild » tutoie les plus grands titres de Leonard Cohen. Assis sur des percussions et des choeurs gospel, le titre est un nouveau sommet, que la voix de Morby et un sax aussi discret qu’essentiel transportent vers des trésors d’émotion. « OMG rock’n’roll » commence comme du Velvet Underground avec ses guitares rock syncopées, mais un Velvet Underground qui jouerait dans une église une musique à faire damner les saints juste avant de terminer en apesanteur. Et les chefs d’oeuvre s’enfilent comme des perles, apparemment sans efforts. « Seven devils » respire la simplicité et son évidence en fait toute la beauté dont on en se lasse pas. « Hail Mary » est du niveau du meilleur Dylan, chez qui il va puiser sa source, c’est dire. Il ne jurerait pas sur « Blonde on blonde », se permet une pause en plein milieu avant de repartir sur un tapis de cuivres et d’orgue. On enchaine avec la sublime ballade nocturne « Piss river », tellement belle qu’on se prend à rêver. Et comme l’album est double c’est sur un nuage qu’on aborde le deuxième disque. Il débute aussi fort que le précédent s’est clos avec « Savannah », ballade somptueuse orgue/voix juste trouée par des giclées de choeurs aussi surprenants qu’aériens. Après un interlude qui nous fait entendre les grondements de l’orage on repart avec « Congratulations » et ses voix enfantines entrecroisées « Dear God, please forgive me » en intro, et son instrumentation très sixties. On y croise même un solo de guitare bouillonnant. Récréation sympathique tout de même en dessous du reste du disque mais qu’on se rassure la suite va s’avérer grandiose. Si l’on excepte l’instrumental quasi jazzy « Ballad of Faye » l’album s’achève sur trois chansons au piano omniprésent où progressivement depuis « I want to be clean » en passant par l’extraordinaire« Sing a glad song » jusqu’au merveilleux « O behold » final, le rythme va se ralentir, les arrangements se dépouiller jusqu’à l’essentiel, au quintessenciel.

« Je ne crois pas en un Dieu conventionnel » déclare Morby. Pas besoin de Dieu, « Oh my God » transcendera notre quotidien pour longtemps. l’album supporte les multiples écoutes, plus que cela, à chaque fois il se révèle encore plus profond, encore plus beau à tel point qu’on ne peut s’empêcher de s’exclamer « Oh my God!! »

 

À écouter: No halo – Nothing sacred / All things wild

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Bon Iver – 22, a million – 2016

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« 22, a million » est une sacrée claque pour les amateurs de Bon Iver quand il sort en 2016. Justin Vernon prend tout le monde à revers avec un album aux titres mystérieux, bourré de samples, de beats électroniques, où sa voix est déformée, trafiquée, violentée. Le résultat, passée la sidération, est étonnant. Bon Iver se rapproche ici du Radiohead aventureux, expérimental de « Kid A« , qui jamais ne se repose sur ses lauriers mais qui jamais non plus ne sacrifie l’émotion sur l’autel de l’expérimentation. la preuve avec ce dérangé mais somptueux « 33″GOD » » ci-dessous.

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