posts de avril 2019


« O » Olivier Marguerit – À terre! – 2019

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Olivier Marguerit alias O est peu connu du grand public et pourtant omniprésent dans le paysage musical français. Et il vient avec « À terre! » de publier un album pop époustouflant, lumineux et inspiré de bout en bout, ce qui, au pays de Vianney et de Maître Gims fait un bien fou.
Tout du long de ces 11 titres, Marguerit évoque la perte de repères, l’ivresse et se retrouve « à terre; les pieds dans la boue; hébété ». Dans ces chansons aussi rayonnantes que légères de par l’instrumentation, il ne chante que les ruptures, les chutes et «perd l’équilibre et même les pédales; s’enfonce; coule; devient fou; commence sa chute et le sol se dérobe; … ». La quintessence de la pop en somme que de chanter légèrement les affres de l’existence, que de transcender par la musique les souffrances du coeur et du corps.
Et musicalement, le disque est un précipité de liqueurs plus enivrantes les unes que les autres comme si l’on assistait à un accouplement monstrueux et sublime de mélodies apprises à l’école Beatles, d’harmonies vocales modèle Beach Boys et d’expérimentations de chez Tame Impala. Tout y passe, des choeurs féminins omniprésents et fantastiques, des nappes de claviers aériennes, des cuivres qui ne se cachent pas, des flutes et par-dessus tout mis au service de chansons d’une qualité mélodique, d’une inventivité exceptionnelles, rarement entendues par chez nous. Car c’est un festival permanent que ce « À terre! » qui n’a pourtant d’autre but que de nous faire décoller.
La face 1 est ce que j’ai entendu de mieux depuis longtemps depuis longtemps. Dès « À terre » tout est en place: mélodie imparable qui donne envie de courir au soleil, science des choeurs et même solo de saxophone comme on n’en fait plus. Il fallait oser. Il ose tout et réussit tout. « Oiseau de nuit » comporte une intro parfaite, ultra addictive. Quelques notes de piano répétitives, des choeurs en explosion de bulles de savon et une basse élastique absolument irrésistibles préparent l’arrivée d’une voix mi parlée- mi chantée. On a à peine le temps de s’y faire que déboule « Tu sais je ne sais plus » et ses légers accents prog à la Tame Impala. Ici la prise de risque est totale mais aucun obstacle ne résiste à Olivier Marguerit et ce qui aurait pu devenir lourd, n’est ici qu’un miracle d’équilibre entre saxo, choeurs trafiqués et changement de mélodie. « Ce bateau » qui nous amène sur une mer faussement languide aux sonorités liquides est encore un titre parfait. Arrive ensuite « Avale moi » chef d’oeuvre absolu et miracle encore d’équilibre et d’harmonie où la subtilité des arrangements rivalise avec la qualité de la composition. D’une sensualité voire d’un érotisme aériens, le titre clôt une face d’une niveau exceptionnel.
La face 2 démarre encore plus fort, c’était donc possible, avec « Les pédales » nouvelle pépite sidérante qui fait même passer la pilule d’un riff de guitare prog sans coup férir. Ahurissant! « Soleil charbon » démarre quasiment a capella avec la voix fragile et haut perchée d’O. Marguerit avant l’entrée de la basse et de la batterie qui la transforme en ballade mélancolique de toute beauté qui rejoue le mythe d’Icare en mode mineur avant de laisser libre court à un enchevêtrement de nappes de claviers et de choeurs superposés. « Ensablé » démarre comme du Beatles, en anglais, Mc Cartney n’est pas loin, avant de quasiment s’arrêter en chemin, puis repartant petit à petit dans une autre direction, en suspens sur des pulsations électroniques. Avec « En chute libre » nous tenons ici le meilleur titre de l’album, c’est dire le niveau. Une ballade en or massif que dis-je en platine, en admantium où les choeurs se répondent en interventions légères, où des flutes sont en apesanteur, où une guitare acoustique tisse un coussin d’air, nous faisant ressentir littéralement le vent dans le visage, la sensation de chute libre lente et douce. Le genre de chanson qui dégoute à jamais de se lancer dans la musique tant la sensation du chemin à parcourir pour atteindre un tel niveau est prégnante. Il ne reste plus après ce sommet inatteignable qu’à quitter en douceur le disque avec l’instrumental « Le soleil des idoles » à la tonalité douce et nostalgique puis à reprendre « D’en haut » le premier titre. La boucle est bouclée et on repart illico pour un tour. Marguerit vient de pondre la pépite pop quasi parfaite, le Graal de tout musicien du genre. Enivrons-nous sans cesse, chutons ensemble vers ces multiples délices qu’il recèle.

À écouter: À terre- En chute libre – Oiseau de nuit

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Elvis Costello & The Imposters – Look Now – 2018

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Il est difficile de résumer l’immense carrière de Declan McManus alias Elvis Costello, ancien employé d’un centre informatique qui au milieu des 70’s réussit enfin à percer dans la musique. Il marquera durablement les esprits avec ses Attractions, développant une énergie et une créativité mélodique impressionnantes. Jetez une oreille à l’exceptionnel album de 1978 « This year’s model » par exemple! Un de ses titres a d’ailleurs été choisi pour le générique de l’excellentissime série « The deuce ». À l’orée des 80’s Elvis Costello rassemble l’énergie issue du punk à la new wave naissante. Plus tard, il s’aventurera vers d’autres contrées musicales, que ce soit la musique classique, le jazz, le blues, la country et le folk en revenant de temps en temps au rock de sa jeunesse. C’est donc une excellente surprise que ce nouvel album avec The Imposters appelé « Look now ». J’avais délaissé l’ami Elvis depuis la fin des 80’s et son album « Mighty like a rose » peut-être décontenancé par ses nouvelles orientations musicales et c’est donc avec beaucoup de curiosité que j’aborde ce « Look now » précédé de rumeurs très positives.
L’album, composé de 12 titres, est construit peu ou prou sur l’alternance entre un titre enlevé et rythmé et une ballade et il constitue surtout un retour gagnant en termes d’inspiration.
Côtés ballades on remarque la collaboration sur 3 titres avec Burt Bacharach, qui constituent la partie la plus sucrée de l’album en particulier avec « Don’t look down » et « He’s given me things » regorgeant de cordes et de piano pour enrober des mélodies que certains jugeront peut-être parfois trop pièces montées mais ce serait ne pas reconnaître la science mélodique du duo. Mais par ailleurs, on retrouve des ballades estampillées Costello pur jus, aux mélodies imparables, bourrées de choeurs, de cordes et du piano de Steve Nieve qui de par leur facture classique vont à l’essentiel. Rien à dire en effet sur les impeccables « I let the Sun go down »; « Dishonor the stars » et le parfait « Suspect my tears ». L’impression d’un bond dans le passé est prégnante, on retrouve le Costello du début des 80’s, qui s’inscrivait dans la tradition de la grande ballade américaine.
Mais c’est du côté de la partie plus nerveuse de l’album qu’il faut aller chercher les plus grands morceaux de l’album. Dès le fantastique et inespéré « Under lime », on est directement transporté à l’époque bénie de « Punch the clock » (1983), « Imperial bedroom » (1982) ou « King of America » (1986). Costello retrouve ici la new wave de l’époque et « Under lime » semble contenir plusieurs titres en un seul, tant la mélodie change, fait feu de tous bois sans fausse note. Même sentiment avec « Burnt sugar is so bitter » dont le refrain gorgé de choeurs incisifs laisse bientôt place aux cuivres. « Unwanted numbers » vole encore plus haut, l’inspiration mélodique étant sans failles.
Elvis Costello ne révolutionne pas la pop évidemment dans ce disque d’un classicisme assumé qui s’inscrit dans la lignée d’une immense carrière mais il montre que sa créativité est toujours là et ravive chez ses admirateurs, dont je suis, une flamme jamais éteinte. Cet album synthétise parfaitement un artiste qui maîtrise désormais son art à la perfection .

À écouter: Under lime – Unwanted numbers – Suspect my tears

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Mari Boine- Remixed – 2001

mari-boine-remixed

C’est l’album « Gula gula « sur le label de Peter Gabriel qui a révélé Mari Boine et surtout son talent. Chanteuse finnoise d’origine Saami, une minorité ethnique, elle cherche à travers la musique à retrouver et à faire connaître la culture traditionnelle du peuple de ses origines. Mais elle n’en est pas moins en prise totale avec la modernité et en 2001, ses titres sont remixés par la fine fleur électro et jazz de l’époque: Nils Petter Molvaer, Bill Laswell, Jah Wobble et Chiluminati entre autres. Il en résulte ce « Remixed » passionnant alliant des sonorités modernes au chant traditionnel de Mari Boine.
Un extrait avec ce « Gulan Du » très électro ci-dessous.

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