posts de mars 2019


Blur – All the people – Live in Hyde Park – 2009

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Alors que le dernier album de Blur, « Think tank » date déjà de 6 ans auparavant, le groupe donne deux concerts à Hyde Park à Londres au mois de juillet 2009. Un long live de 25 titres en est tiré intitulé donc « All the people – Live in Hyde Park« . Ce disque est construit comme un grand best of des débuts baggy en passant par la période brit pop du groupe. Il est assez significatif que le meilleur album « Think tank » soit totalement délaissé ici avec seulement un titre « Out of time ». On retrouve les grands classiques du genre: le public hurle à chaque début du tube qu’il reconnaît, reprend en choeur les chansons et on sent la ferveur indéniable de cette soirée de retrouvailles. Mais du point de vie strictement musical on repassera. Un son brouillon, confus, un chant parfois plus qu’au-delà de la justesse, un groupe qui privilégie l’énergie à la finesse. C’est long et je n’y prends pas beaucoup de plaisir. le genre de disque qu’on écoute une fois puis qu’on range à jamais à sa place avant de réécouter « Think tank » ou Gorillaz ou l’album solo de Damon Albarn qui soldait ici ses comptes avec le groupe. Pour les fans, la vidéo complète du concert ci-dessous.

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The Last Detail – The Last Detail – 2018

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La pop song est un art à la fois presque futile, une ritournelle de rien du tout qui reste en tête, et d’une complexité relevant de l’orfèvrerie tant il est difficile de n’être ni mièvre, ni pompier, ni quelconque quand on se lance dans l’exercice mais d’émouvoir sans pathos, sans torrent de larmes, viser au plus juste, pour provoquer le frisson. Toute entreprise de cet ordre se mesure instantanément à l’aune des maîtres indépassables du genre puisqu’ils en sont les inventeurs, à savoir les intouchables Beatles et Beach Boys. Ceux-là ont édifiés des cathédrales sonores si riches, si complexes et pourtant si immédiatement reconnaissables et accrocheuses pour l’éternité, qu’il faudrait être fou pour relever le défi.

Je ne connaissais ni le français Mehdi Zannad, cerveau de l’entreprise The Last Detail ni l’américaine Erin Moran, venue prêter sa superbe voix toute de douceur. Mais la lecture des notes de pochette fait apparaître les noms d’Olivier Marguerit dont l’album « À terre! » sort ces jours-ci , à la guitare, et celui de Julien Barbagallo, batteur, excusez du peu, de Tame Impala, qui vient frapper sur ses futs sur deux titres de l’album. Cet album donc «The Last Detail » rassemble en 13 titres une tentative plus qu’estimable de livrer un album de pop, explorant plusieurs directions dans ce genre qui demande tellement de précision.

On entre dans l’album par le très court mais hyper accrocheur « Softly (part 1) » dont le part 2 se retrouvera en version instrumentale vers la fin du disque. En à peine plus d’une minute, le décor est planté: finesse mélodique, légèreté qui nous amène vers le fantastique « Fun fair ». Ici tout est plus-que-parfait, la mélodie est sublime et mélancolique à souhait, les cordes enrobent le tout dans un écrin de velours, les choeurs montent aux cieux et le piano mène le bal. Un classique pop instantané qui supporte les dizaines d’écoutes. Si « You’re not mine » est un peu plus terre à terre, il n’en est pas moins magnifique, tout en finesse, et jongle entre les nappes de claviers aériens, les choeurs suaves. La voix d’Erin fait des merveilles, tranquille et sereine et portant cependant un fond de tristesse insondable. L’équilibre pop parfait entre le savoir-faire des arrangements mettant en valeur l’émotion du morceau. De la sacrée belle ouvrage. On est à l’école Mc Cartney avec « Trust your body », belle et délicate ballade à deux voix et ce sont des arpèges cristallines de guitares qui ouvrent « Take my hand » avant d’accueillir des violons pour un titre irréprochable. Et le disque déroule ainsi les titres les uns après les autres sans fausses notes, maintenant une qualité de composition impressionnante et des arrangements toujours justes qu’ils soient dépouillés ou très orchestrés. Il suffit d’écouter le très beau « Fairweather friend » qui met en valeur la voix d’Erin ou l’extraordinaire « Lazy » qui convoque les sixties des Mama’s and Papas, à la limite du kitsch sans jamais n’y mettre ne serait-ce que le bout d’un orteil. « Talk to me » susurre à notre oreille sa délicate mélodie sur une boite à rythmes simplette, « Die cast » est une ritournelle qui laisse poindre au loin une trompette et c’est du côté du « Tusk » de chez Fleetwood Mac que Zannad est allé confectionner son « Tears », qui sur une guitare inhabituellement « sale » superpose les voix et les choeurs alors que la batterie se pose là. Mais c’est à un Fleetwood Mac sous acides que nous avons à faire au vu du clavier allumé de la fin. « Places » nous emmène haut avec ses choeurs aériens et ses claps  et l’album se clôt sur « Photographs » que n’auraient pas renié les deux compères de Air, superbe ballade apaisée sur coussins d’air.

« The Last Detail » est un disque qui, sous des abords faciles, semble anecdotique, il n’en est rien. Il possède la qualité des grands disques pop que de vous ferrer mine de rien. Mais le piège est tellement luxueux qu’on ne veut plus s’en échapper.

À écouter : Fun fair – Lazy – You’re not mine

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Blur – Think tank – 2003

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En 2003, Damon Albarn a compris depuis un certain temps qu’après le cataclysme « Kid A« , on ne peut plus faire encore et encore de la brit pop à guitares comme l’a fait Blur dans les 90′s, se prendre le chou avec les bas du front d’Oasis pour alimenter les gazettes sous peine de devenir stérile. Et puis Albarn a déjà pris la poudre d’escampette avec Gorillaz et son formidable premier album. Alors il prend les commandes de Blur et voici ce « Think tank » à prendre au pied de la lettre tel le bouillonnant et passionnant laboratoire d’idées qu’il est. Des boucles, des musiciens marocains, du sax jazz et surtout un million d’idées originales qui font feu de tous bois et constituent le meilleur album de Blur haut la main. Le groupe atteint enfin l’âge adulte et tourne la page d’une décennie de singles à succès il est vrai mais qui n’atteignent jamais l’ampleur de ce disque nouveau. Damon Albarn a déjà commencé sa deuxième carrière, se libérant de Blur dont ce sera le dernier album avant bien longtemps. La meilleure décision qu’il ait prise! Jetez une oreille sur ce fantastique « Jets » ci-dessous qui ose même sur sa fin une sortie jazz pour vérifier à quelles hauteurs se situe l’objet, bien au-dessus de toutes les « Song 2 » d’antan.

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Blue Oyster Cult – On your feet on your knees – 1975

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Comme le gilet jaune le samedi le double live est un incontournable des 70′s. Cependant, les grands albums de ce genre à avoir passé le cap des années sont rares. En 1975, après 3 albums studio, le Blue Oyster Cult sort ce double à la pochette fantastique intitulé « On your feet on your knees« . Alors que je suis loin d’être un grand fan du groupe, force est de reconnaître qu’ici, l’alchimie fonctionne parfaitement. Le groupe, en parfaite osmose, joue resserré et tendu, un rock énergique qui, bien qu’assez peu original, emporte l’adhésion depuis « Subhuman » ci-dessous jusqu’à la reprise de Steppenwolf, le fameux « Born to be wild« . Wok’n'woll!!

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Balthazar – Fever – 2019

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Qu’on se rassure, nul besoin de posséder des appareils auditifs aussi développés que les lycaons de la pochette, pour apprécier le très beau nouvel album du groupe belge Balthazar nommé simplement « Fever »! Groupe belge que, honte à moi, je ne découvre qu’avec ce déjà quatrième album, les trois précédents ayant été, parait-il, des succès autant publics que critiques. Mais on sait depuis longtemps déjà, sans remonter jusqu’à Plastic Bertrand ou Annie Cordy, que la Belgique est une terre regorgeant de talents musicaux: Arno, Deus, Girls In Hawaï, Stromae pour n’en citer que quelques-uns. Il convient donc de vérifier si la fièvre annoncée par le premier titre éponyme du disque va nous mettre ou pas une bonne rouste « I’m sure that Fever / Is gonna be hitting you hard ».

Musicalement, Balthazar incarne une certaine idée de la classe comme Nick Cave ou les Tindersticks. En écoutant ce disque qui vise souvent à propulser l’auditeur sur le dance-floor, on est saisi par la qualité des arrangements qui semblent aller à l’essentiel, par cette énorme basse noueuse qui vous attaque au thorax, par ces choeurs efficaces, ces envolées de cordes et ces giclées de cuivres qui, distribués avec parcimonie, n’en ressortent que davantage. Par-dessus tout cet attirail, la voix grave et chaude se ballade et fait effectivement monter la température de quelques degrés. Pour entendre la chose, on se situerait quelque part entre les Stranglers période « Feline / Aural sculpture (1983/84) » et un Leonard Cohen qui aurait décidé de faire danser son public.

L’album débute par son single, « Fever » donc, qui après une intro basse/xylophone se lance dans un funk de début de soirée, strié de cordes et de choeurs et qui, après un break cabossé prend sa vitesse de croisière, permettant au mauvais danseur que je suis de se trémousser sans trop d’efforts ni d’effets de manche. Le titre est plus retors qu’on ne pense au premier abord, possède, comme tout l’album on le verra, la force de l’évidence sans se laisser épuiser. On entre dans le vif du sujet avec le magnifique « Changes » et on comprend de suite que le niveau sera élevé. Cette chanson fait partie de ces titres, rares, qui, sans y toucher, vous envoûtent, vous ramènent sans cesse à eux délicatement tout comme progresse la mélodie quasi parfaite. Le rôle des choeurs se confirme sur les refrains, omniprésents sans être en envahissants. Sans aucun doute un des sommets du disque mais celui-ci comporte-t-il des creux? « Wrong faces » est aussi classieuse que les titres précédents avec ces cordes qui n’hésitent pas à griffer une mélodie encore excellente. Le talent mélodique est d’ailleurs à peu près sans défaut sur l’album et ce n’est pas « Watchu’ doin » qui va amorcer quelques glaciations que ce soit. Les mélodies de Balthazar n’ont besoin d’aucun artifice, quelques cuivres, cordes, choeurs bien placés et toujours inventifs en font ressortir les meilleurs aspects. Avec « Phone number », la comparaison avec Leonard Cohen n’a jamais été aussi évidente que sur cette magnifique chanson de rupture, si dépouillée sur les couplets et qui achève de façon bien mélancolique la face 1 dans laquelle on serait bien en peine de déceler un point faible.

Balthazar avec « Entertainment » en début de face 2, quitte son confort ouaté pour sortir dans une rue animée, on entend presque les Klaxons des voitures, le rythme se fait plus agité, plus complexe et la mélodie bravache. Mais c’est avec le refrain parfait que la chanson trouve son équilibre. Aux ruptures des couplets, il oppose une mélodie somptueuse, rehaussée par des cuivres tranquilles et imposants. « I’m never gonna let you down again » revient dans la veine de la face 1 avec une mélodie irréprochable mais pointe là ce qui constitue peut-être le risque que court Balthazar à l’avenir, à savoir un refrain qui flirte d’un peu trop près avec la facilité, avec la volonté de le faire reprendre en choeur par un public de stade, qui se laisse griser par son propre succès en oubliant d’écrire des chansons: le syndrome Coldplay quoi! Heureusement cette baisse de tension n’est que de courte durée car arrive mon titre préféré de l’album à savoir « Grapefruit ». Très sobre et habité, le titre déroule sur une boucle de percussions, accompagne ses montées par des poussées de cordes, est plus murmuré que chanté convoque des choeurs discrets avant de changer de direction pour repartir vers un final extraordinaire construit autour de deux notes scandées par des cuivres rutilants. Un must. Et que dire du tube implacable « Wrong vibration » qui parvient à faire oublier ses choeurs un peu limites par une mélodie et surtout un refrain absolument irrésistibles. On goûte ensuite aux vertiges orientaux de « Roller coaster » et ses cordes magnifiques avant de se laisser embarquer par la superbe ballade « You’re so real » comme dans un rêve ponctué d’inquiétants bruits d’alarmes. Balthazar ose même le solo de saxophone, attention c’est quand même risqué. « Fever » devrait être un grand succès, grandement mérité,  car Balthazar y conjugue qualité des chansons et des arrangements et donc intégrité artistique avec la capacité de s’adresser potentiellement au plus grand nombre. Une qualité très rare. Ça plait même aux lycaons, c’est dire!

À écouter: Fever – Entertainment – Grapefruit

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