posts de février 2019


Blue Oyster Cult – Tyranny and mutation – 1973

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Appeler son groupe le culte de l’huitre bleue, j’avoue qu’il fallait oser. Rien que pour ça le Blue Oyster Cult mérite qu’on s’y arrête. Avec « Tyranny and mutation » en 1973, son 2ème album, le groupe propose 8 titres aux confins du rock, du boogie, du heavy metal qui ne sont ni désagréables, ni très passionnants. Avec un son typique des 70′s, le Blue Oyster Cult, à sa décharge, ne sombre jamais ici dans la lourdeur ni dans l’emphase même si les solos de guitare cherchent à battre le record du nombre de notes à la seconde. Si vous aimez le rock ricain bien carré mais sans génie, les chanteurs à la voix nasillarde alors cet album est fait pour vous. Le meilleur titre est sans doute le dernier de l’album, nommé « Mistress of the salmon salt » ci-dessous:
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Deerhunter – Why hasn’t everything disappeared? » – 2019

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Deerhunter est un des grands groupes rock indie des années 2000/10. Bradford Cox, atteint d’une curieuse maladie génétique, en est le leader et le cerveau. Après les immenses « Microcastle » en 2008 et surtout le chef d’oeuvre « Halcyon digest » en 2010, inépuisable vertige de chansons pop vrillées, le groupe a pris en 2015 avec « Fading frontier » un virage plus apaisé, plus pop sans rien renier de ses ambitions artistiques.

Aujourd’hui « Why hasn’t everything disapeared? » renoue dans la même veine et enfonce le clou un peu plus profondément avec des chansons de haute volée, qui se révèlent un peu plus à chaque écoute. Côté instrumentation, la palette s’élargit, les guitares toujours présentes sont cependant moins sur le devant laissant la place aux synthés, aux cuivres, piano, clavecin, mandoline, … créant une palette sonore d’une richesse étonnante. La musique de Deerhunter, jadis torturée, est devenue lumineuse, pop, colorée. Bradford Cox réserve ses angoisses, ses questionnements sur le monde d’aujourd’hui à ses textes. Pas une seule faute tout au long des 10 titres qui composent l’album.

Celui-ci débute par une merveille: « Death in midsummer » dont l’intro au clavecin n’est que le prélude à un crescendo émotionnel et instrumental fantastique. Les divers instruments rentrent les uns après les autres, le piano, les guitares, l’orgue et la mélodie chantée par Bradford Cox s’insinue par sa mélancolie énergique dans le cerveau. On se croirait quelque part entre Death Cab For Cutie et Swell pour la batterie implacable. Dès lors le disque est sur des rails qu’il ne quittera plus. La face 1 va dérouler des titres tous aussi impeccables les uns que les autres. « No one’s sleeping » et ses montées de cuivres qui alternent avec une mélodie apaisée puis l’instrumental « Greenpoint ghotic » dominé par des nappes de synthés qu’on jurerait sorties des 70’s. Arrive ensuite la pépite pop qu’est « Element » qui n’est pas sans rappeler un Tom Petty qui serait tombé dans un chaudron indie. Le refrain soutenu par des violons s’envole avec majesté tandis que Bradford chante à bout de lèvres « Elemental, elemental ». La face se termine par le lumineux et encore très pop « What happens to people? » dont le refrain se place en rupture des couplets enjoués. Le nouveau Deerhunter est bien loin des tortures de certains albums passés, le groupe s’est apaisé, a grandi et livre ici une merveille.

Quelques notes de harpe ouvrent « Détournement » qui se situe dans la veine parlée avec une voix trafiquée du « Future legend » de Bowie sur « Diamond dogs ». La batterie fait monter le titre en intensité qui constitue le moment le plus « expérimental » de l’album et prépare l’arrivée de « Futurism » merveille absolue et peut-être sommet de l’album en tant que représentative du Deerhunter 2019. Ce bijou pop comporte un refrain instrumental absolument irrésistible qui évoque assez bien le bonheur de voler. Changement d’atmosphère avec « Tarnung », véritable incantation nocturne sur tapis de marimbas: « Objects of the night/Mirrors for the lights/Call  for me to come outside ». Les arrangements se font plus complexes, mêlant le saxophone, les percussions pour un résultat envoûtant. « Plains » tranche encore avec ses percussions et son ambiance tropicales sur les couplets que des refrains épidermiques viennent zébrer. L’inspiration mélodique de Bradford Cox semble inépuisable. L’album se clôt sur le magnifique « Nocturne », titre quasiment coupé en deux dont la première moitié voit Bradford Cox triturer sa voix avant que la batterie mid tempo ne le lance sur une fin instrumentale absolument magnifique. Les nappes de synthés, le piano, les claviers divers s’ajoutent, se superposent créant une atmosphère évoquant l’espoir d’un nouveau départ.

Si l’on ajoute la très belle pochette de l’artiste allemand Peter Ackermann à son contenu en tous points excellent, « Why hasn’t everything disappeared? » est d’ores et déjà un des albums de l’année et pour ceux qui découvriraient Deerhunter, la porte d’entrée vers une discographie aussi riche qu’originale et essentielle.

À écouter: Death in midsummer  – Futurism

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Blonde Redhead – Barragan – 2014

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Le dernier album de Blonde Redhead que j’avais écouté était « 23″ de 2007 qui portait les réminiscences noisy pop du milieu des 90′s évoquant parfois les groupes de filles comme Lush. On entre dans « Barragan » en 2014 par quelques grincements puis des notes de guitare acoustique et le bruit des doigts qui se déplacent sur les cordes. Ambiance plus dépouillée donc pour des morceaux très ouvragés, plus sussurés que chantés par une voix atone et comme fatiguée. Le disque culmine sur « Dripping » et « Mind to be had », incontestables réussites, privilégiant l’atmosphère aux chansons. Une mention spéciale  à « The one I love » et « Penultimo » qui parviennent à entrainer l’auditeur dans un univers ouaté et chaleureux. L’album est parfait pour une soirée d’hiver au coin du feu et mérite quelques efforts. Le plus-que-parfait « Dripping » donc ci-dessous:
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The Blue Aeroplanes – Beatsongs – 1994

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En 1994, j’écoute religieusement Bernard Lenoir chaque soir sur France Inter, qui pendant des années, inondera les ondes de tout ce qui se fait de mieux en matière de musique pop-rock et marquera à jamais un grand nombre de ceux de ma génération. Car c’est là et nulle part ailleurs que des groupes tels que les Blue Aeroplanes ont pu parvenir jusqu’à nos oreilles avides de découvertes et de nouvelles sensations. Avec « Beatsongs« , leur 5ème album, le groupe anglais signe ce qui leur apportera un succès mérité. Leur rock à guitares, très mélodique, est un cousin de celui de R.E.M, peut-être en plus arty ce qui était sans aucun doute un frein pour atteindre une plus large audience. C’est la voix, plus scandée que chantée, qui en fait le signe distinctif et il faut bien avouer, à la réécoute, que l’album, tient encore sacrément la route avec des titres inspirés et enlevés tels que ce « Yr own world » ci-dessous:

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