Dead Can Dance – Dyonisus – 2018
14 décembre, 2018 @ 2:25 Critiques albums 2018

Pochette_album_Dionysus_Dead_Can_Dance

Voici maintenant plus de 30 ans, leur premier album date de 1984, que Dead Can Dance, formé de Brendan Perry et de la chanteuse à la voix surnaturelle Lisa Gerrard, hante les bienheureux qui connaissent le duo. Ils furent parmi les fers de lance du label 4AD, durant les années 80, qui des Pixies aux Cocteau Twins, a toujours été à la pointe des innovations musicales. Leur musique est totalement inclassable, passant de la cold wave à la musique d’inspiration médiévale, du classique à des inspirations venant des quatre coins de la planète. Elle a toujours emmené l’auditeur à sortir de son confort, de sa routine pour l’entrainer sur des chemins rarement foulés auparavant, tout en réussissant à l’envoûter littéralement, tant Dead can Dance semble familier du surnaturel, des puissances mystérieuses, imprégnant sa musique d’un mysticisme, d’un mystère à la fois impénétrable et fascinant.
Sans nouvelle du groupe depuis 6 ans, voici que sort « Dionysus », son 10 ème album studio, qui retrace le parcours du Dieu grec Dyonisos, celui de la démesure, des excès, de la vigne et du vin qui vécut, mourut et ressuscita. Objet de cultes paiëns populaires, ce Dieu est célébré encore aujourd’hui parfois lors des récoltes de la vigne. De ces cultes dyonisiaques, Brendan Perry dit avoir incorporé la musique dans cet album. La pochette du disque représente un masque mexicain, objet rituel revêtu lors de la prise du peyotl hallucinogène. Car c’est bien à un triple voyage que nous convie ce disque. Un voyage dans le temps donc en célébrant ce Dieu antique, un voyage dans l’espace avec une inspiration musicale qui prend sa source dans de nombreux folklores disséminés autour du globe et un voyage mental tant cette musique est proche de la transe, de l’ivresse, par la perte de nos repères. Il faut donc être prêt à lâcher prise pour s’aventurer dans le merveilleux « Dyonisus », disque foisonnant et fascinant qui ne ressemble à rien d’autre et nous entraîne dans un univers unique, fait de magie, de mysticisme, en osmose avec la nature.
L’album se décompose en 2 actes, un par face, découpés chacun en 3 et 4 parties imbriquées les unes dans les autres.
Essentiellement instrumental, l’acte I débute par le bruit du vent, de la pluie, peut-être des vagues pour nous inviter à oublier le monde qui nous entoure et pénétrer dans celui du disque. Les instruments traditionnels tiennent le haut du pavé et les percussions tournent en boucles hallucinatoires pendant que des vagues affluent et refluent et que des voix venues d’ailleurs sous tendent le tout. Si les sonorités moyen orientales dominent en ce début d’album, il est impossible de lui attribuer une origine géographique précise, tant les influences sont multiples et se fondent les unes dans les autres avec une science extraordinaire de la composition musicale. Dead Can Dance ne nous emmène pas quelque part, le duo crée son propre monde, un monde unique et inédit. Après « Sea borne », on entend le bruit des vagues d’une mer millénaire, « Liberator of minds » prend le relai. Des percussions résonnent au milieu de bruits d’oiseaux nocturnes et des voix incantatoires montent dans la nuit. Enfin avec « Dance of the bacchantes », c’est à des rythmes tribaux que nous avons à faire avec des voix de femmes qui hurlent en transe derrière les vocalises de Lisa Gerrard. Nous avons définitivement perdu nos repères qu’ils soient spatiaux ou temporels pour atteindre des rivages peuplés d’images mentales. Magnifique et totalement hypnotique.
L’acte II débute par« The mountain » à tonalité plus sombre où les percussions martèlent toujours un rythme lent et régulier. C’est l’occasion d’entendre les voix de Brendan Perry et Lisa Gerrard se répondre dans une mélopée ample et majestueuse. Sur « The invocation » qui débute avec le son d’un troupeau, celui des animaux, des cloches, Lisa Gerrard, avec sa voix fascinante, se transforme en grande prêtresse païenne, relayée par un sitar et des choeurs de femmes. Le morceau est un monde à lui tout seul, ancré à terre par des percussions marquées et propulsé dans le ciel par les voix humaines. C’est dans une langue inconnue que Brendan Perry amorce « The Forest » aux sonorités un poil plus conventionnelles, ce qui n’enlève rien à sa force dramatique. Enfin, le voyage se termine par un « Psychopomp » très dépouillé. Les voix de Brendan et Lisa s’y répondent sur quelques percussions discrètes, pendant qu’en arrière plan, une nature mystérieuse se fait entendre. Le disque s’achève ainsi, en douceur, pour nous extirper à regret de cette rêverie dans laquelle il nous a plongés. Avec une seule envie, y replonger aussitôt.

À écouter – The mountain – Dance of the Bacchantes – Sea borne

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

-galettesvinyles
rss pas de réponses

Laisser un commentaire

Listecds |
Projet Ouroboros |
Kim Wilde 2017 / MiniKim |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Graines de son
| Lerapetsonevolution
| Clipfr