Villagers – The art of pretending to swim – 2018
22 novembre, 2018 @ 5:11 Critiques albums 2018

Villagers_album_cover

 

Je découvre sur le tard Villagers, le projet de l’irlandais à la voix d’or Conor O’Brien, avec ce superbe « The art of pretending to swim », son 4ème album.

Il suffit de poser le disque sur la platine pour que le premier titre de la face 1 nous fasse littéralement fondre. « Again » est son titre et il résume bien l’art de Villagers à savoir une guitare folk qui se mêle à quelques notes d’un piano cristallin avant que la chanson ne s’enlumine de sonorités électroniques et s’envole avec grâce vers des cieux radieux, emportée par la voix délicatement soul de Conor O’Brien qui envoute sur une mélodie sublime. C’est absolument magnifique et met les frissons à chaque nouvelle écoute. D’ailleurs O’Brien, qui fait absolument tout sur ce disque, y énonce sa foi et sa profession de foi d’artiste « I’ve found again / A place in my heart again / for God again / In the form of Art again ». Toute la face 1 sera empreinte de cette spiritualité, de cette profondeur, de cette grâce. Que ce soit dans le magnifique « A trick of the light » et ses cordes qui suit ou dans le très beau « Sweet saviour » à la mélodie impeccable et céleste. La basse noueuse, le piano répétitif, la batterie presque jazz de « Long time waiting » provoquent un incroyable sentiment de surplace où jamais l’on ne s’ennuie avant que des giclées de cuivres propulsent le titre vers l’avant. Les arrangements sont d’une qualité époustouflante, toujours au service de l’émotion. « Fool » qui clôt cette première face parfaite est de ces chansons qu’on semble toujours avoir connu telle leur évidence vous saute à la figure.

C’est sur une boite à rythmes famélique et des boucles de voix soul triturées que s’ouvre la face 2 avec « Love came with all that it brings » dont la mélodie fait un peu penser au « Ghost of Tom Joad » de Springsteen, ce qui est évidemment gage de qualité. Quelques cuivres, un xylophone discret viennent enrichir un titre plus complexe que les précédents, tranchant avec l’évidence de la face 1 mais pas moins intéressant. « Real go-better » est un peu en retrait, il semble un peu moins habité, un peu moins inspiré, comme en pilotage automatique. Ce n’est pas un mauvais titre mais les quelques bidouillages électroniques ne lui apportent pas grand-chose. « Hold me down » est d’une toute autre trempe et n’a besoin que de quelques arpèges de guitare sur un embryon de rythme électronique pour susciter l’émotion. La voix de Conor O’Brien, parfois doublée, y susurre une mélodie délicate et mélancolique. Une flute et quelques violons viendront ensuite apporter une touche bucolique à la chanson. Le dernier titre « Ada », hommage à la mathématicienne Ada Lovelace (je ne fais pas le malin, j’ignorais son existence avant cette chronique) est une pure splendeur. Elle débute comme une chanson folk, avant que des oiseaux électroniques viennent la survoler de leur cris tourbillonnants jusqu’à une longue fin éblouissante de beauté. C’est d’abord une envolée de choeurs et de nappes de claviers qui viennent pour finir s’échouer sur une plage inexplorée. L’album se termine là, et l’on en sort hébété comme après avoir contemplé longuement un paysage grandiose. Jusqu’à se ressaisir et remettre la galette sur la face 1.

Conor O’Brien vient de sortir avec « The art of pretending to swim » un des plus beaux albums de l’année. Si vous ne savez pas quoi offrir à Noël …

À écouter: Again – A trick of the light – Ada

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