Oh Sees – Smote reverser – 2018
4 octobre, 2018 @ 2:54 Critiques albums 2018

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Au vu de la pochette de « Smote reverser » des Oh Sees, ex Thee Oh Sees, la crainte s’empare de moi. Auraient-ils viré métal? Que l’on se rassure il n’en est absolument rien. Le monstre terrifiant réduisant le monde en cendres de la pochette illustre cependant la puissance phénoménale de cet album, qui du chaos, fait naître une musique parfaitement en place où l’on reconnaitra 1000 références surtout tirées des 70’s. Car cet album, à l’image du groupe de John Dwyer ayant changé plusieurs fois de nom, brasse les styles dans un maelström foisonnant. On peut y entendre des relents de punk, de krautrock, de heavy metal, de rock progressif, de jazz rock, de rock psychédélique et de musique expérimentale chauffés à blanc dans cette marmite infernale qu’est ce disque en tous points abouti.
Dès le morceau d’ouverture qu’est « Sentient oona » à la batterie tellurique on mesure combien le groupe est capable d’alterner les atmosphères au sein du même morceau. On passe ici d’une espèce de heavy metal seventies avec ses giclées d’orgues à des plages planantes quasi Pink Floydienne avant la cavalcade finale toutes guitares dehors. Avec « Enrique El cobrador » on est propulsé directement chez le Deep Purple de la grande époque (In Rock / Machine head) avec solo de gratte et pulsation d’orgue. Ce même orgue qui dans un solo psychédélique rappelle cette fois-ci les Doors. Rock progressif, références évidentes aux 70’s, le décor est planté. « C » qui suit, est plus apaisé, sous la forme d’une espèce de space boogie, comme si ZZ TOP jouait en apesanteur. Je suis beaucoup moins client du court mais halluciné et dérangé « Overthrown » au riff de guitare ultra puissant couvrant presque les hurlements du chanteur. On reste cependant impressionné encore une fois par la capacité du groupe à partir dans des directions très différentes au sein du morceau, témoin ce pont instrumental presque calme avant que la foudre ne se déclenche à nouveau. Changement radical encore avec « Last peace » qui débute tranquillement avant d’accélérer à la moitié du morceau pour laisser la part belle à des guitares tantôt déchainées, tantôt plus contenues s’échappant dans une course folle. Le titre reste cependant un poil trop commun pour enthousiasmer ce qui n’est pas le cas de « Moon bog », magnifique et lente dérive nocturne sur coussin de nappes de clavier éthérés et sombres, lézardée de temps en temps par une guitare tranchante.
Mais c’est au début du disque 2 que se situe le très grand morceau de l’album, une folie instrumentale de 12 minutes intitulée « Anthemic agressor ». Il est quasi impossible de définir ce titre aux frontières de la musique expérimentale, du jazz fusion, du rock progressif et d’un psychédélisme à la Pink Floyd pré « Dark side ». Le trip est quoiqu’il en soit prodigieux, les sons vrillent, hurlent, se tordent, se catapultent en un tourbillon hallucinatoire dont on n’émerge que sonné. Il est du coup presque difficile de redescendre vers des contrées plus connues mais du coup moins excitantes. Et pourtant « Abysmal urn » qui suit est séduisant par son côté pop mais je regrette l’envahissant riff de guitare central, bien lourd. On enchaine avec le bouillonnant « Nail house needle boy » et ses paroles comme expirées dans un râle. Le titre tisse un impeccable canevas de guitares au feeling parfait avant que le somptueux « Flies bump against the glass » ne débarque. Titre instrumental et psychédélique il propulse l’album définitivement dans l’espace grâce à ses guitares concassées et hachurées mais surtout à ses nappes de claviers ultra planantes. «Beat quest » termine l’album de la plus belle façon qui soit, aussi subtilement qu’on l’avait commencé de façon fracassante. Les claviers sont toujours omniprésents et donnent sa couleur psyché à ce titre magnifique.
Vous amateurs de sensations fortes, de voyages imprévus et chaotiques, qui regrettez la liberté des 70’s ce disque est fait pour vous. On ne s’y ennuie jamais, on y est parfois irrités quand le ton s’alourdit quelque peu mais ce n’est jamais pour longtemps. Passionnant dans ses plages les plus aventureuses et expérimentales, planant souvent, rugueux parfois, il balaie tout un éventail musical pour notre plus grand plaisir.

À écouter – Anthemic agresser – Moon bog – Flies bump against the glass

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