posts de octobre 2018


Björk – Vulnicura – 2015

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En 2015 dans l’album « Vulnicura« , Björk raconte en musique l’histoire de sa rupture amoureuse depuis ses prémices jusqu’aux mois qui l’ont suivie. Comme seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, je dois dire que j’ai mis 3 ans à apprécier ce disque qui m’avait rebuté à sa sortie. Sûrement est-ce dû au fait de m’être replongé dans la discographie de l’islandaise, de m’être en quelque sorte préparé à le réécouter d’une oreille nouvelle. Comme quoi il faut toujours revenir sur les disques qu’on a un temps pu ne pas apprécier. Musicalement le disque est à la frontière de l’ultra moderne et expérimental, avec les rythmes extraterrrestres du musicien électronique Arca, et du classique, avec des arrangements de cordes très présents. Dans cet environnement, Björk pose des mélodies souvent mélancoliques, loin de l’ennui de « Biophilia« , très belles. Bien sûr, le format pop n’est plus, depuis longtemps d’actualité chez Björk et « Vulnicura » n’est pas toujours simple d’accès, comme souvent chez les artistes qui ne se contentent pas de répéter encore et toujours la même formule. Le très beau « Lionsong » ici en live donne une très bonne idée de l’album et montre à quel point Björk est une artiste unique.
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Björk – Biophilia – 2011

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En 2011, Björk sort « Biophilia« , une espèce de concept album en partie composé sur Ipad, dont chaque chanson, consacrée à la Nature, comporte une extension sous la forme d’une application pour que chacun puisse composer de la musique à partir de « Biophilia« , le tout dans un univers 3D appelé « Cosmogony ». Vous avez compris quelque chose à ce gloubi-boulga pour bobos new age? Moi non plus. Et la musique dans tout ça? Dépassée par son concept, Björk semble pour la première fois de sa carrière en panne d’inspiration. S’il n’est pas foncièrement mauvais, certains titres pris séparément présentant un réel intérêt, l’album ennuie sur la distance et peine à faire naître quelque autre émotion que ce soit. Sa voix, jusque là ensorcelante, irrite, prenant beaucoup de place devant des arrangements assez pauvres pour interpréter ce que l’on a bien de la peine à appeler mélodies. Björk est devenue une artiste contemporaine qui recherche l’art total et cette fois-ci elle semble avoir vu un peu trop grand. Mais il y a de beaux moments dans « Biophilia » comme par exemple ce très réussi « Mutual core » au clip étonnant qui alterne le calme et la tempête ci-dessous:
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Björk – Volta – 2007

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Après « Medulla« , un album quasi exclusivement composé de voix humaines, voici que sort en 2007 « Volta » à la pochette d’une laideur incommensurable. Mais le contenu en est passionnant même si depuis « Vespertine » Björk ne carresse plus le public dans le sens du poil et continue d’expérimenter à chaque nouvelle livraison. « Volta » ne fait pas exception. Il est marqué par de nombreuses collaborations (Timbaland, Anthony) et la prédominance des percussions, des cuivres et d’instruments issus de la world music (Kora, luth chinois). Il en résulte un album qui varie les atmosphères passant des rageurs « Earth intruder » et « Declare independence » aux soubresauts d’ »Innocence » jusqu’aux cuivres majestueux de « Vertebrae by vertebrae« . On ne s’ennuie jamais dans ce disque fourmillant d’idées où Björk, à l’instar de Radiohead, prouve que l’on peut toucher le public sans jamais cesser d’avancer, d’ouvrir des horizons nouveaux parfois destabilisants. Ci-dessous terrible version live d’ »Earth intruder« :
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Björk – Vespertine – 2001

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Après la consécration mondiale d’ »Homogenic« , Björk ne se repose pas sur ses lauriers et publie en 2001 « Vespertine« . Et c’est à nouveau une expérience sonore d’une originalité folle. Pénétrer dans « Vespertine » c’est parcourir un monde de cristal, de dentelles de glace, fragile et délicat. On y entend des rythmes électroniques liquides, démultipliés, semblant provenir de stalagtites dans une cathédrale, une harpe limpide, et Björk qui chante divinement des mélodies souvent complexes comme ci-dessous dans l’immense « Pagan poetry« :
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Björk – Homogenic – 1997

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En 1997, Björk met tout le monde d’accord avec l’album « Homogenic« . Si les deux premiers, « Post » surtout, manquaient parfois de ligne directive, Björk trouve ici sa voie personnelle et originale. « Homogenic  » est d’une grande cohérence avec ses rythmes électroniques vrillés, hachés, destructurés concoctés avec l’aide de Mark Bell de LFO, ses arrangements de cordes absolument somptueux et ses 10 chansons qui ne montrent pas le moindre signe de faiblesse. Par-dessus ces gouffres, ces crevasses, Björk survole de sa voix incroyable des paysages d’une beauté stupéfiante, ne ressemblant à rien de connu alors. Du somptueux « Hunter » introductif jusqu’à un « All is full of love » en apesanteur, Björk ouvrait la voie aux 2ème millénaire de la pop dans ce chef d’oeuvre incontournable. On la retrouve ci-dessous lors d’un passage live à Nulle Part Ailleurs pour des fantastiques versions avec cordes de « Bachelorette » et « Joga« .
http://www.dailymotion.com/video/x9khtb

Björk – Post – 1995

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Après un « Debut » fracassant, Björk remet le couvert en 1995 avec l’album « Post« . À l’image de sa pochette façon patchwork de couleurs, l’album surprend encore par sa diversité. On passe de rythmes industriels au trip hop ouaté et enrobé de cordes, sans oublier le jazz (le pénible « Oh It’s so quiet« ) et l’électro pop. Moins homogéne que « Debut » et au final moins convaincant, « Post » brille tout de même de mille feux dans la production musicale de l’époque et la voix de Björk semble n’avoir plus de limites, s’aventurant dans tous les genres musicaux, capable de dominer un orchestre jazz comme de sussurer à notre oreile dans le merveilleux « Headphones« . Écoutez donc « Isobel« , un sommet de l’album, modèle de construction et truffé d’idées d’arrangements fantastiques ci-dessous:
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Björk – Debut – 1993

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Nous étions quelques uns à avoir repéré Björk Guðmundsdóttir au sein de ses Sugarcubes, pétillant groupe pop islandais de la fin des 80′s. Mais en 1993, la chanteuse se sentant à l’étroit, publie « Debut » son premier album solo, et c’est le carton absolu. Bjork révèle son immense talent au monde entier, et sa voix, reconnaissable entre mille, capable d’aller chercher des notes stupéfiantes, devient familière. Le disque est une réussite totale, à la fois accessible avec ses immenses tubes dance mais également très varié, explorant des registres plus sombres, des atmosphères particulièrement fouillées, et n’a pas pris une ride 25 ans après. Il suffit d’écouter ce sublime chant d’amour qu’est le langoureux « Come to me » ci-dessous pour comprendre que l’avenir ouvrait ses bras à Björk.
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Andrew Bird – Armchair apocrypha – 2007

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Violoniste de formation, Andrew Bird sortait en 2007 son 9ème album solo. « Armchair apocrypha » est une collection de pépites indie folk/rock de très grande qualité. On y entend du violon donc mais aussi des sifflements sur des mélodies  d’une grande subtilité. Idéal pour les soirées d’hiver au coin du feu, l’album se déguste, infuse lentement, petit à petit pour se révéler finalement comme ce qu’il est: un très bon disque. Pour s’en convaincre on écoutera ci-dessous par exemple le très beau « Scythian empire » qui n’aurait pas juré chez Radiohead:

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Beak> – >>> – 2018

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Faut-il encore espérer un nouvel album de Portishead? Ce serait le quatrième en 25 ans après 3 chefs d’oeuvres impérissables et 10 ans après  l’incroyable « Third» de 2008. Ne rien espérer évite toute déception d’autant plus que les membres du groupe de Bristol ne sont pas inactifs, en particulier Geoff Barrow et son passionnant groupe alternatif Beak> dont le 3ème album vient de sortir, le premier en 6 ans,  au nom aussi imprononçable que logique « >>> ».

Beak> est un trio dont les têtes pensantes sont donc Geoff Barrow de Portishead et Billy Fuller qui fut bassiste de Robert Plant. Beak>, depuis ses débuts, explore les terres du Krautrock et des rythmes motorik jadis défrichés par les groupes 70’s allemands Can et Neu! combinés à l’expérimentation synthétique. Il en résulte fréquemment une batterie répétitive, hypnotique propre à ce genre musical.

10 morceaux composent ce disque qui va à l’essentiel et truste ma platine depuis pas mal de temps déjà. Si cependant l’introductif « The brazilian » embête un peu par ses descentes de batterie un peu pesantes, les choses sérieuses commencent avec l’excellent et tubesque (dans un monde idéal) « Brean down ». Véritable pépite, le titre est à la fois ultra accessible et intrigue par son étrangeté, ses claviers vrombissants, ses guitares tordues qui se conjuguent dans un final en crescendo. Changement d’ambiance (quoique) avec « Birthday suit » qui me fait penser à « Undenied » sur le deuxième album de Portishead, par sa capacité à évoquer le survol en rase-motte d’une planète inconnue et désolée. Dépouillé à l’extrême, affublé d’une voix qui semble venir de l’au-delà et très synthétique, le titre avance jusqu’à ce qu’un motif de synthé tourbillonnant, redoublé puis triplé l’emmène au fin fond de nulle part. Hypnotique à souhait. Magnifique. « Harvester » du coup apparait plus banal mais plusieurs écoutes dévoilent son aspect intriguant, comme une ballade chantée au milieu du vide intersidéral. C’est alors que débarque le fantastique « Allé sauvage », qui clôt la face A, au nom aussi improbable que le titre est extraordinaire et audacieux. Totalement hypnotique, cet instrumental serait une parfaite B.O. pour un film de SF expérimental. La basse y est caoutchouteuse, les claviers déferlent en vrilles obsédantes pour un trip de 7 minutes et sommet du disque.

C’est avec l’instrumental « Teisco » que démarre la face B, aux sonorités ambient. Quelques notes éparses de claviers s’égrènent sur une basse répétitive et ronde pendant qu’au loin passent des vaisseaux spatiaux. Trop court malheureusement mais on n’a pas le temps de souffler car « King of the castle » secoue nos oreilles par contraste rappelant certaines ambiances tordues de la trilogie berlinoise de Bowie. Et ce n’est pas le motorik pur jus « RSI » qui nous laissera reposer.  Sur cette batterie répétitive endiablée, les nappes de claviers s’envolent comme si la machine nous entrainait au fin fond de l’espace, avec ce titre à l’ambiance toujours aussi futuriste, mais un futurisme vintage. Plus krautrock qu’ »Abbots leigh » et ses dissonances tu meurs. Il s’agit du titre certainement le plus expérimental de l’album mais aussi le plus passionnant et ambitieux. Car du magma désordonné du premier tiers nait une musique étrange et belle comme une longue plainte somptueuse. Avant la fin, le titre retrouvera le chaos du début.  C’est avec la balade « When we fall » que se conclut « >>> » de façon apaisée et magistrale. Sur quelques arpèges de guitares, les violons occupent l’espace et montrent à quel point Beak> sait aussi composer de grandes chansons. Le titre dans son dernier tiers accélère, devient plus électronique, les violons tournoient pour un final en forme d’apothéose.

À n’en pas douter déjà un sommet de l’année 2018 « >>> » réussit le tour de force de proposer une musique totalement originale, voire expérimentale, puisant dans les années 70 sa liberté d’exploration, et en même temps accessible. Chaque écoute, au lieu de l’épuiser, ouvre de nouvelles perspectives, de nouveaux horizons. Sans nul doute le propre des grands disques.

À écouter – Allé sauvage – Brean down – When we fall

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Oh Sees – Smote reverser – 2018

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Au vu de la pochette de « Smote reverser » des Oh Sees, ex Thee Oh Sees, la crainte s’empare de moi. Auraient-ils viré métal? Que l’on se rassure il n’en est absolument rien. Le monstre terrifiant réduisant le monde en cendres de la pochette illustre cependant la puissance phénoménale de cet album, qui du chaos, fait naître une musique parfaitement en place où l’on reconnaitra 1000 références surtout tirées des 70’s. Car cet album, à l’image du groupe de John Dwyer ayant changé plusieurs fois de nom, brasse les styles dans un maelström foisonnant. On peut y entendre des relents de punk, de krautrock, de heavy metal, de rock progressif, de jazz rock, de rock psychédélique et de musique expérimentale chauffés à blanc dans cette marmite infernale qu’est ce disque en tous points abouti.
Dès le morceau d’ouverture qu’est « Sentient oona » à la batterie tellurique on mesure combien le groupe est capable d’alterner les atmosphères au sein du même morceau. On passe ici d’une espèce de heavy metal seventies avec ses giclées d’orgues à des plages planantes quasi Pink Floydienne avant la cavalcade finale toutes guitares dehors. Avec « Enrique El cobrador » on est propulsé directement chez le Deep Purple de la grande époque (In Rock / Machine head) avec solo de gratte et pulsation d’orgue. Ce même orgue qui dans un solo psychédélique rappelle cette fois-ci les Doors. Rock progressif, références évidentes aux 70’s, le décor est planté. « C » qui suit, est plus apaisé, sous la forme d’une espèce de space boogie, comme si ZZ TOP jouait en apesanteur. Je suis beaucoup moins client du court mais halluciné et dérangé « Overthrown » au riff de guitare ultra puissant couvrant presque les hurlements du chanteur. On reste cependant impressionné encore une fois par la capacité du groupe à partir dans des directions très différentes au sein du morceau, témoin ce pont instrumental presque calme avant que la foudre ne se déclenche à nouveau. Changement radical encore avec « Last peace » qui débute tranquillement avant d’accélérer à la moitié du morceau pour laisser la part belle à des guitares tantôt déchainées, tantôt plus contenues s’échappant dans une course folle. Le titre reste cependant un poil trop commun pour enthousiasmer ce qui n’est pas le cas de « Moon bog », magnifique et lente dérive nocturne sur coussin de nappes de clavier éthérés et sombres, lézardée de temps en temps par une guitare tranchante.
Mais c’est au début du disque 2 que se situe le très grand morceau de l’album, une folie instrumentale de 12 minutes intitulée « Anthemic agressor ». Il est quasi impossible de définir ce titre aux frontières de la musique expérimentale, du jazz fusion, du rock progressif et d’un psychédélisme à la Pink Floyd pré « Dark side ». Le trip est quoiqu’il en soit prodigieux, les sons vrillent, hurlent, se tordent, se catapultent en un tourbillon hallucinatoire dont on n’émerge que sonné. Il est du coup presque difficile de redescendre vers des contrées plus connues mais du coup moins excitantes. Et pourtant « Abysmal urn » qui suit est séduisant par son côté pop mais je regrette l’envahissant riff de guitare central, bien lourd. On enchaine avec le bouillonnant « Nail house needle boy » et ses paroles comme expirées dans un râle. Le titre tisse un impeccable canevas de guitares au feeling parfait avant que le somptueux « Flies bump against the glass » ne débarque. Titre instrumental et psychédélique il propulse l’album définitivement dans l’espace grâce à ses guitares concassées et hachurées mais surtout à ses nappes de claviers ultra planantes. «Beat quest » termine l’album de la plus belle façon qui soit, aussi subtilement qu’on l’avait commencé de façon fracassante. Les claviers sont toujours omniprésents et donnent sa couleur psyché à ce titre magnifique.
Vous amateurs de sensations fortes, de voyages imprévus et chaotiques, qui regrettez la liberté des 70’s ce disque est fait pour vous. On ne s’y ennuie jamais, on y est parfois irrités quand le ton s’alourdit quelque peu mais ce n’est jamais pour longtemps. Passionnant dans ses plages les plus aventureuses et expérimentales, planant souvent, rugueux parfois, il balaie tout un éventail musical pour notre plus grand plaisir.

À écouter – Anthemic agresser – Moon bog – Flies bump against the glass

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