Tunng – Songs you make at night – 2018
5 septembre, 2018 @ 5:51 Critiques albums 2018

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J’avoue avoir lâché en cours de route le groupe anglais Tunng en 2010. En effet après le formidable « Good arrows » de 2007 et son tube « Bullets », l’album suivant m’avait quelque peu déçu. J’avais tort. La preuve éclatante avec ce somptueux « Songs you make at night ». Sa pochette façon patchwork illustre assez bien ce qui nous attend une fois la galette posée sur la platine. Un disque à la fois léger et lumineux, ensoleillé, la tête dans le ciel mais aussi comme enfoui sous des profondeurs aquatiques, plus sombres et mélancoliques. Musicalement, le groupe reste dans la veine d’un folk électronique de grande classe. Ici, les guitares acoustiques cavalcadent sur des boucles électroniques aussi subtiles qu’inventives, les voix nous entraînent en douceur au summum de l’émotion et les nappes de claviers jamais envahissants assurent le décollage.
On aura beau chercher, pas une seule fausse note tout au long des 11 titres qui composent l’album. La face A est une splendeur. « Dream in » débute presque accapella, sur quelques notes de claviers qui seront bientôt rejointes par des boucles électroniques superposées en forme de pulsation, pleines de bruissements et de crépitements. « It’s a beautiful dream » répète la voix en boucles, et c’est exactement cela qui nous attend en pénétrant dans cet album d’orfèvres. « ABOP » qui suit est une pure merveille à la mélodie parfaite, où les choeurs métalliques répondent au chanteur sur des arrangements électroniques brillants. Et que dire alors de « Sleepwalking » qui, dans la même veine, confirme l’exceptionnelle qualité de l’ensemble. « Crow » est de ces chansons qui ont le pouvoir de vous faire hérisser le poil de bonheur et d’émotion. Sublime ballade folk mélancolique, elle parvient à égaler le grand Nick Drake sur son propre terrain avec l’électronique qui, si elle ancre ce titre dans son époque, amplifie sa beauté intemporelle. « Dark heart » est un tube de pop électro absolument imparable caractérisé par une ponctuation récurrente sous la forme d’une voix féminine qui ne sort plus de la tête. Fin de la face A: réussite totale.
Crépitements, cordes frottées, ambiance feu de camp et bruits d’orage caractérisent la ballade nocturne et acoustique « Battlefront ». Voix masculine et féminine se répondent, se superposent. Le calme avant la tempête? De mystérieux bruits, presqu’inquiétants zèbrent le fantastique « Flatland » pendant que la guitare acoustique tisse de merveilleux arpèges. Encore un titre parfait. C’est la pluie qui tombe et d’angoissants coups de tambour qui ouvrent l’extraordinaire « Nobody here » peut-être le sommet d’un album qui vole pourtant à très haute altitude. Sans oublier ses racines folk, le titre laisse la part belle à des divagations électroniques affirmées, évolue en cours de route avant que, peu à peu, la pluie du début remplisse le silence. « Evaporate » et ses faux airs psychédéliques est d’une simplicité absolue malgré ses arrangements complexes. Espèce de rengaine faussement naïve, elle semble presque immatérielle, ouatée. « Like water » débute avec des bruits de ressac du bout du monde puis la guitare acoustique introduit une voix féminine. On pourrait presque se croire dans un titre de Beach House, chanté les yeux fermés face à l’immensité. C’est beau. Si « Dream in » avait débuté l’album, c’est fort logiquement avec « Dream out » que nous allons en sortir. Le titre agit comme un sas, permettant de retrouver le monde réel. Court et instrumental, peuplé de bruits étranges, d’une voix venue d’ailleurs, il agit comme le signal qu’il faut nous réveiller, quitter ce merveilleux univers sonore et onirique que Tunng a conçu pour nous émerveiller.
Cependant, la potion est trop forte et entêtante, on y replonge illico.

À écouter: ABOP – Flatland – Dark heart

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