Courtney Barnett – Tell me how you really feel – 2018
14 août, 2018 @ 11:24 Critiques albums 2018

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Courtney Barnett. Ce nom se fait entendre de plus en plus souvent dans l’univers pop rock depuis 2 ou 3 ans, avec les louanges qui vont avec, les couvertures des magazines spécialisés et donc l’attente que ce nouvel album « Tell me how you really feel » suscite désormais. Ce disque est à l’image de sa pochette qui présente l’australienne en très gros plan derrière un filtre rouge. Le ton est donné, on va aller sans chichis au plus près de l’os. La formule est archi connue et n’innove en rien: batterie, basse, guitares, chants, clavier. Courtney Barnett a dit vouloir être le Crazy Horse à elle toute seule (celui de Neil Young évidemment!) et, partant de cet incontournable parrain, balaye tout un pan du rock de ces dernières décennies, des Pretenders au Pixies, en passant par PJ Harvey, Pavement ou les Breeders, les soeurs Deal faisant même deux apparitions bienvenues.

« Take you broken heart/Turn it into art » peut-on entendre dans le paisible « Hopefulessness » qui ouvre l’album. Voilà donc annoncé le programme de manière explicite sur ce titre presque blues qui rappelle PJ Harvey par sa tension permanente et retenue jusqu’à ce que les guitares hurlent à la mort sur la fin du morceau. Nous pouvons à présent rentrer dans le vif du sujet avec la claque « City looks pretty », tube instantané sur lequel Courtney feule de sa voix trainante et chaude à la fois, dans un registre qui rappelle fortement la grande Chrissie Hynde. Pas une once de graisse, une rythmique imparable, des guitares qui vrillent, mélodie hyper accrocheuse. Il n’y a rien ici qu’on n’ait pas déjà entendu ailleurs mais quand l’inspiration est à ce niveau ça fait tout de même un bien fou. Le titre dans sa deuxième partie s’achève au ralenti sur un canevas de guitares emballant. Et BIM! « Charity » double la mise et assène un deuxième uppercut. On est revenu aux plus belles heures des Pretenders avec un titre irrésistible dont le refrain donne juste envie de grimper aux rideaux en chantant à tue-tête. Cela faisait belle lurette que je n’avais pas ressenti cette évidence rock’n’roll. Tout est parfait ici – rythmique au cordeau, guitares tranchantes, chant superbe de décontraction -  et constitue une excellente façon de prouver à quel point les Adèle et autres Céline Dion ne sont que des outres gonflées à l’hélium. « Need a Little time »  maintient le niveau tout en ralentissant le tempo. Sur cette grande chanson pop aussi évidente que les précédentes, Courtney Barnett montre aussi qu’elle sait varier les registres en laissant sa voix s’envoler sur les refrains, eux-mêmes impeccables. Quelle entrée en matière! Si l’album tient sur la longueur on se dit qu’on tient un classique rock comme on n’en fait plus. Sur « Nameless, faceless » Courtney a invité les Breeders et cela s’entend. On se croirait revenu dans les 90’s avec cette alternance couplet calme / refrain bruyant et noisy. Un ton en dessous des précédents, le morceau n’altère cependant en rien l’ensemble.

« I’m not your mother, I’m not your bitch » assène ensuite Courtney sur ce brulôt punk de 1’50 aux guitares ravageuses et ravagées qui ouvre la face B. Fallait que ça sorte! On peut passer à la grande chanson pop qu’est « Crippling self-doubt and a general lack of confidence » digne encore une fois des classiques des Pretenders. Chrissie Hynde a trouvé sa successeuse,  écoutez juste comme elle chante « Make you all feel special » . « Help your self » est presque une ballade nocturne dépouillée mais des guitares hurlantes vont la lacérer . « Walkin’ on eggshells » a tout d’un classique encore une fois. Cette ballade pop rock simple est superbe et émouvante, tirant du peu le meilleur, sans esbrouffe, sans effets de manche. Il ne reste plus à Courtney qu’à achever l’album par un autre grand titre « Sunday roast » qui commence sur quelques arpèges de guitares sur lesquels elle vient crooner. Cette superbe ballade crépusculaire se transforme cependant en plein milieu, le tempo s’accélère quelque peu, les guitares rentrent et on va envie de chanter la mélodie pleine de choeurs en … choeur justement. Et surtout envie de remettre le disque au début illico presto.

Alors oui, Courtney Barnett n’a rien inventé mais elle fait l’essentiel, écrire de grandes chansons, sincères et vraies et les jouer tout simplement comme elle les sent. C’est l’essence même du rock et ça nous touche au coeur. Take you broken heart/Turn it into art 

À écouter: Charity -  Crippling self-doubt and a general lack of confidence – Need a little time

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