Gorillaz – The now now – 2018
8 août, 2018 @ 4:53 Critiques albums 2018

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Gorillaz est de retour! 20 ans après les débuts de ce groupe quasi virtuel, Damon Albarn (la musique) et Jamie Hewlett (le visuel) remettent déjà ça pour la sixième fois. « The now now » a d’abord pour mission de rassurer les aficionados dont je fais partie, après « Humanz » de 2017, avec ses multiples collaborations et premier mauvais album de Gorillaz. C’est chose faite avec ce disque qui marque un retour à la simplicité, à la sobriété, délaissant les univers sombres et complexes mais peu inspirés de « Humanz » et rappelant le fantastique album solo d’Albarn « Everyday robots » de 2014.

« The now now » ne comporte que deux collaborations, Damon Albarn assurant la quasi totalité des voix. La première avec le grand guitariste jazz George Benson, sur le radieux « Humility », placé en tête de face A, qui vient éclairer sobrement ce titre accrocheur. Sur un tempo languide et chaloupé, Benson à la guitare et Alban à la voix se renvoient la balle. On est aux antipodes de « Humanz » et c’est tant mieux. Plus loin sur la même face, c’est ce bon vieux Snoop Dog qui donne la réplique sur l’excellent « Hollywood ». Tube en puissance, le morceau respire la nonchalance et le détachement avec sa rythmique élastique et son refrain faussement fatigué mais vraiment emballant.

Pour le reste Albarn va assurer l’essentiel du boulot. Si « Tranz » au format pop et un peu convenu est un peu moins convaincant, « Kansas » pourrait être une chute d’ »Everyday robots » ce qui est évidemment un compliment. Quasi dénudé, le titre se contente d’un rythme simple et d’une basse qui vrille en volutes, tissant un cocon pour la voix d’Albarn, à peine rehaussée d’un clavier discret. Etalant sa science des arrangements, faisant du peu le meilleur, Albarn atteint ici un classicisme tranquille. On continue à tutoyer les cimes avec l’impeccable  « Sorcererz » et son motif de clavier hyper accrocheur qui sera repris par la voix. L’ambiance est toujours estivale et décontractée, des nappes planantes font décoller le titre, recette idéale pour une écoute en voiture, vitre grande ouverte. « Idaho » qui clôt la face débute par quelques notes de guitares acoustiques sur des rythmes en crépitements.  Les grands espaces sont ici convoqués pour cette ballade nocturne au coin du feu de camp. Albarn maitrise plus que jamais son art.

Changement radical avec « Lake Zurich », l’instrumental qui ouvre la face B de la plus belle des façons qui soit. Le titre pourrait être le générique d’une série vintage des 70’s tant il reste en tête tout en convoquant des images. Il donne aussi des fourmis dans les pieds avec sa basse presque disco, ses cloches qui appellent le soleil et ses claviers au son de chiffon mouillé sur le pare brise. On en redemande. « Magic city » est  fantastique, reposant sur une basse qui rappelle fortement « Lately» de Massive Attack sur leur album « Blue lines ». Sur ce coussin moelleux et sophistiqué, Albarn déroule, sûr de son talent de crooner moderne une mélodie impeccable. Plus tard une pluie de clavier et des choeurs achèveront le travail. Très grand titre. Dès lors l’album va s’achever au ralenti. « Fire flies » semble joué sous l’eau et parvient à un lyrisme sobre empreint de mélancolie. Un titre qui se bonifiera sans nul doute avec le temps. « One percent » n’accélère pas, au contraire, mais sa pulsation est éclairée par un clavier et une guitare tristes. Complainte subtile dont Albarn a désormais le secret et qui s’achève sur quelques pas. Enfin « Souk eye », toujours proche de l’album solo d’Alban traine son rythme famélique et sa mélodie flemmarde avant de prendre son envol sur le refrain. On a toujours l’impression d’écouter un groupe pop au coin du feu sous un ciel étoilé, un groupe qui aurait laissé l’esbroufe au vestiaire pour se consacrer sur l’essentiel: l’émotion. Le titre et l’album s’achèvent sur un xylophone qui s’éloigne jusqu’aux prochaines aventures.

« The now now » marque donc un retour salutaire à la simplicité et comme l’inspiration est au rendez-vous personne ne s’en plaindra. Gorillaz a mûri, évoluant vers une écriture plus classique mais d’une richesse incomparable augurant d lendemains encore passionnants.

A écouter : Sorcererz – Magic city – Hollywood

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