posts de août 2018


Benjamin Biolay – Négatif – 2003

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En 2003, Biolay passe avec « Négatif » haut la main le cap du toujours difficile deuxième album. Sous sa pochette fleur bleue, on trouve pourtant 14 titres d’une maitrise ahurissante dont il est difficile d’extraire l’un ou l’autre. Des guitares folk apparaissent, évoquant une Amérique en noir et blanc et au ralenti. Si l’album semble plus dépouillé que « Rose Kennedy« , on retrouve pourtant ces somptueux arrangements de cordes, voire de cuivres sur un grand nombre de titres. Dire que Biolay n’a pas de voix est un non sens. Il est de la famille des Gainsbourg, des Cohen, des Daho qui par leur interprétation font sonner les mots à la perfection, bien plus que tous les gueulard(es) qui ont envahi les ondes. Je préfèrerais toujours cette sublime « Je ne t’ai pas aimé » qu’il chante avec sa compagne d’alors, Chiara Mastroianni, à toutes les Céline Dion et autre Adèle imbuvables du monde. 4 minutes de beauté et de grâce ci-dessous:
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Benjamin Biolay – Rose Kennedy – 2001

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Coup d’essai, coup de maître pour Benjamin Biolay et son premier album de 2001 « Rose Kennedy » qui prend place directement dans le haut du panier des productions made in France. Compositeur, auteur, arrangeur, Biolay sait tout faire et livre une merveille d’album. Les paroles sont ciselées et très cinématographiques, les arrangements de cordes somptueux rappellent Gainsbourg et ses chansons mélancoliques prennent aussi bien leurs racines chez Trenet et Salvador que du côté de chez Mc Cartney pour la perfection pop. Cet album annonçait un futur grand de la chanson, l’avenir ne fera que le confirmer. Je l’avais découvert à l’époque avec le magnifique « Les cerfs-volants » et son intermède « River of no return » signé Marylin of course ci-dessous, qui n’a pas pris une ride.
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Big Star – Radio city – 1974

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Plus culte que ce « Radio City » de Big Star de 1974 tu meurs. Le groupe d’Alex Chilton fut à l’époque couvert de louanges pour ce disque mais boudé par le public. Pourtant il n’y a pas que sa pochette qui soit géniale et l’album, avec ses guitares racées et affutées, ses titres pop irrésistibles, influencera une grande partie de la pop anglaise des 90′s. Comparez avec Teenage Fanclub pour vous en convaincre. On a peine à croire que la fantastique « You get what you deserve » ci-dessous ne soit pas devenue un hit. Le temps a heureusement rattrapé l’oubli de l’époque:
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The Bewitched Hands – Birds & drums – 2011

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The Bewitched Hands contrairement à ce que son nom laisse penser est un groupe français et « Birds and drums » en 2011 est son premier album. Couvert de louanges à l’époque, sa réécoute me laisse pourtant perplexe. Bien vite annoncés comme les Boo Radleys français par des journalistes en mal de nouveautés, Les BH souffrent cruellement de la comparaison. Oui on sent chez eux l’ambition de construire aussi des cathédrales pop, de s’inspirer des Beatles, des Beach Boys mais ces mille feuilles sonores que sont leurs chansons, plutôt taillées pour le live avec ces guitares éruptives, peinent à convaincre malgré quelques lueurs ça et là. La voix du chanteur est un des points faibles de ce disque ambitieux mais inégal et au final décevant. D’ailleurs que sont-ils devenus? Tout n’est pas indigne loin de là, en témoigne ce « Hard to cry » bien troussé ci-dessous:
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Courtney Barnett – Tell me how you really feel – 2018

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Courtney Barnett. Ce nom se fait entendre de plus en plus souvent dans l’univers pop rock depuis 2 ou 3 ans, avec les louanges qui vont avec, les couvertures des magazines spécialisés et donc l’attente que ce nouvel album « Tell me how you really feel » suscite désormais. Ce disque est à l’image de sa pochette qui présente l’australienne en très gros plan derrière un filtre rouge. Le ton est donné, on va aller sans chichis au plus près de l’os. La formule est archi connue et n’innove en rien: batterie, basse, guitares, chants, clavier. Courtney Barnett a dit vouloir être le Crazy Horse à elle toute seule (celui de Neil Young évidemment!) et, partant de cet incontournable parrain, balaye tout un pan du rock de ces dernières décennies, des Pretenders au Pixies, en passant par PJ Harvey, Pavement ou les Breeders, les soeurs Deal faisant même deux apparitions bienvenues.

« Take you broken heart/Turn it into art » peut-on entendre dans le paisible « Hopefulessness » qui ouvre l’album. Voilà donc annoncé le programme de manière explicite sur ce titre presque blues qui rappelle PJ Harvey par sa tension permanente et retenue jusqu’à ce que les guitares hurlent à la mort sur la fin du morceau. Nous pouvons à présent rentrer dans le vif du sujet avec la claque « City looks pretty », tube instantané sur lequel Courtney feule de sa voix trainante et chaude à la fois, dans un registre qui rappelle fortement la grande Chrissie Hynde. Pas une once de graisse, une rythmique imparable, des guitares qui vrillent, mélodie hyper accrocheuse. Il n’y a rien ici qu’on n’ait pas déjà entendu ailleurs mais quand l’inspiration est à ce niveau ça fait tout de même un bien fou. Le titre dans sa deuxième partie s’achève au ralenti sur un canevas de guitares emballant. Et BIM! « Charity » double la mise et assène un deuxième uppercut. On est revenu aux plus belles heures des Pretenders avec un titre irrésistible dont le refrain donne juste envie de grimper aux rideaux en chantant à tue-tête. Cela faisait belle lurette que je n’avais pas ressenti cette évidence rock’n’roll. Tout est parfait ici – rythmique au cordeau, guitares tranchantes, chant superbe de décontraction -  et constitue une excellente façon de prouver à quel point les Adèle et autres Céline Dion ne sont que des outres gonflées à l’hélium. « Need a Little time »  maintient le niveau tout en ralentissant le tempo. Sur cette grande chanson pop aussi évidente que les précédentes, Courtney Barnett montre aussi qu’elle sait varier les registres en laissant sa voix s’envoler sur les refrains, eux-mêmes impeccables. Quelle entrée en matière! Si l’album tient sur la longueur on se dit qu’on tient un classique rock comme on n’en fait plus. Sur « Nameless, faceless » Courtney a invité les Breeders et cela s’entend. On se croirait revenu dans les 90’s avec cette alternance couplet calme / refrain bruyant et noisy. Un ton en dessous des précédents, le morceau n’altère cependant en rien l’ensemble.

« I’m not your mother, I’m not your bitch » assène ensuite Courtney sur ce brulôt punk de 1’50 aux guitares ravageuses et ravagées qui ouvre la face B. Fallait que ça sorte! On peut passer à la grande chanson pop qu’est « Crippling self-doubt and a general lack of confidence » digne encore une fois des classiques des Pretenders. Chrissie Hynde a trouvé sa successeuse,  écoutez juste comme elle chante « Make you all feel special » . « Help your self » est presque une ballade nocturne dépouillée mais des guitares hurlantes vont la lacérer . « Walkin’ on eggshells » a tout d’un classique encore une fois. Cette ballade pop rock simple est superbe et émouvante, tirant du peu le meilleur, sans esbrouffe, sans effets de manche. Il ne reste plus à Courtney qu’à achever l’album par un autre grand titre « Sunday roast » qui commence sur quelques arpèges de guitares sur lesquels elle vient crooner. Cette superbe ballade crépusculaire se transforme cependant en plein milieu, le tempo s’accélère quelque peu, les guitares rentrent et on va envie de chanter la mélodie pleine de choeurs en … choeur justement. Et surtout envie de remettre le disque au début illico presto.

Alors oui, Courtney Barnett n’a rien inventé mais elle fait l’essentiel, écrire de grandes chansons, sincères et vraies et les jouer tout simplement comme elle les sent. C’est l’essence même du rock et ça nous touche au coeur. Take you broken heart/Turn it into art 

À écouter: Charity -  Crippling self-doubt and a general lack of confidence – Need a little time

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Gorillaz – The now now – 2018

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Gorillaz est de retour! 20 ans après les débuts de ce groupe quasi virtuel, Damon Albarn (la musique) et Jamie Hewlett (le visuel) remettent déjà ça pour la sixième fois. « The now now » a d’abord pour mission de rassurer les aficionados dont je fais partie, après « Humanz » de 2017, avec ses multiples collaborations et premier mauvais album de Gorillaz. C’est chose faite avec ce disque qui marque un retour à la simplicité, à la sobriété, délaissant les univers sombres et complexes mais peu inspirés de « Humanz » et rappelant le fantastique album solo d’Albarn « Everyday robots » de 2014.

« The now now » ne comporte que deux collaborations, Damon Albarn assurant la quasi totalité des voix. La première avec le grand guitariste jazz George Benson, sur le radieux « Humility », placé en tête de face A, qui vient éclairer sobrement ce titre accrocheur. Sur un tempo languide et chaloupé, Benson à la guitare et Alban à la voix se renvoient la balle. On est aux antipodes de « Humanz » et c’est tant mieux. Plus loin sur la même face, c’est ce bon vieux Snoop Dog qui donne la réplique sur l’excellent « Hollywood ». Tube en puissance, le morceau respire la nonchalance et le détachement avec sa rythmique élastique et son refrain faussement fatigué mais vraiment emballant.

Pour le reste Albarn va assurer l’essentiel du boulot. Si « Tranz » au format pop et un peu convenu est un peu moins convaincant, « Kansas » pourrait être une chute d’ »Everyday robots » ce qui est évidemment un compliment. Quasi dénudé, le titre se contente d’un rythme simple et d’une basse qui vrille en volutes, tissant un cocon pour la voix d’Albarn, à peine rehaussée d’un clavier discret. Etalant sa science des arrangements, faisant du peu le meilleur, Albarn atteint ici un classicisme tranquille. On continue à tutoyer les cimes avec l’impeccable  « Sorcererz » et son motif de clavier hyper accrocheur qui sera repris par la voix. L’ambiance est toujours estivale et décontractée, des nappes planantes font décoller le titre, recette idéale pour une écoute en voiture, vitre grande ouverte. « Idaho » qui clôt la face débute par quelques notes de guitares acoustiques sur des rythmes en crépitements.  Les grands espaces sont ici convoqués pour cette ballade nocturne au coin du feu de camp. Albarn maitrise plus que jamais son art.

Changement radical avec « Lake Zurich », l’instrumental qui ouvre la face B de la plus belle des façons qui soit. Le titre pourrait être le générique d’une série vintage des 70’s tant il reste en tête tout en convoquant des images. Il donne aussi des fourmis dans les pieds avec sa basse presque disco, ses cloches qui appellent le soleil et ses claviers au son de chiffon mouillé sur le pare brise. On en redemande. « Magic city » est  fantastique, reposant sur une basse qui rappelle fortement « Lately» de Massive Attack sur leur album « Blue lines ». Sur ce coussin moelleux et sophistiqué, Albarn déroule, sûr de son talent de crooner moderne une mélodie impeccable. Plus tard une pluie de clavier et des choeurs achèveront le travail. Très grand titre. Dès lors l’album va s’achever au ralenti. « Fire flies » semble joué sous l’eau et parvient à un lyrisme sobre empreint de mélancolie. Un titre qui se bonifiera sans nul doute avec le temps. « One percent » n’accélère pas, au contraire, mais sa pulsation est éclairée par un clavier et une guitare tristes. Complainte subtile dont Albarn a désormais le secret et qui s’achève sur quelques pas. Enfin « Souk eye », toujours proche de l’album solo d’Alban traine son rythme famélique et sa mélodie flemmarde avant de prendre son envol sur le refrain. On a toujours l’impression d’écouter un groupe pop au coin du feu sous un ciel étoilé, un groupe qui aurait laissé l’esbroufe au vestiaire pour se consacrer sur l’essentiel: l’émotion. Le titre et l’album s’achèvent sur un xylophone qui s’éloigne jusqu’aux prochaines aventures.

« The now now » marque donc un retour salutaire à la simplicité et comme l’inspiration est au rendez-vous personne ne s’en plaindra. Gorillaz a mûri, évoluant vers une écriture plus classique mais d’une richesse incomparable augurant d lendemains encore passionnants.

A écouter : Sorcererz – Magic city – Hollywood

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The Beta Band – The three EP’s – 1998

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Ce n’est même pas un album que ce « The Three E.P.’s » du Beta Band mais la compilation de leurs trois premiers EP sortie en 1998. Groupe culte par excellence, adoubé sur le tard par Radiohead, Beta Band est une machine à expérimenter, à trifouiller, à bidouiller les sons. Leurs influences viennent du folk, du hip hop, du psychédélisme pour un résultat étonnant et détonnant. On ne se lasse pas de ce « Dry the rain » intemporel et tant de fois copié. Ci-dessous:
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