Beach House – 7 – 2018
11 juillet, 2018 @ 6:08 Critiques albums 2018

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Après avoir sorti, en 2015, deux albums parfaits, suivis d’une compilation de raretés de de B-sides, le duo Beach House, composé de Victoria Legrand et Alex Scally, revient avec son nouvel album, le septième, intitulé sobrement « 7″. Les amoureux transis du groupe, dont je fais partie, se réjouissent doublement de cette sortie et des dates que le duo effectuera en automne par ces nous. Car Beach House est un miracle, miraculeusement répété à chaque album, d’une musique d’une beauté céleste, aux arrangements délicats, aux mélodies pourvoyeuses de frissons. La recette ne change guère et pourtant le charme opère à chaque fois. Cependant on sait qu’il suffirait d’un rien pour que tout flanche et que ce subtil équilibre vole en éclats. Alors plongeons-nous dans ce « 7″ à la pochette-collages dont un morceau déchiré en son centre laisse mystérieusement apparaitre le chiffre qui lui donne son titre.

C’est – surprise! – un roulement de batterie qui lance la face A en introduction de « Dark spring » avant d’entamer un rythme au tempo enlevé, ce qui est rare chez le duo. Les guitares noisy viennent droit de chez My Bloody Valentine, la voix de Victoria est toujours aussi ouatée et alterne avec des sirènes hurlantes. L’album démarre sur les chapeaux de roue par un titre en tous points réussi. On enchaîne directement avec le magnifique   »Pay no mind« . le tempo ralentit même si la batterie marque le tempo avec assurance. Quelque part entre un Jesus & Mary Chain sous sédatifs et Mazzy Star, le titre revendique ses influences 90′s. « Lemon glow » et sa boucle lancinante à la chiffon mouillé est somptueuse, du Beach House d’école. Les claviers superposés et les guitares acides enveloppent le chant comme un écrin. « L’inconnue » au titre et au refrain en français commence comme une prière murmurée dans une chapelle par des voix qui se répondent en écho et se poursuivront à peine soutenue par des nappes de claviers avant que des voix d’anges débarquent d’on ne sait où sur le refrain. « Petit ange et l’inconnue sainte, la pute et l’ingénue« , ces paroles – entre autres –  mystérieuses, scandées dans un murmure sur une batterie famélique, nous laissent pantois durant ces 4’24 de rêverie éveillée de grande classe. « Drunk in L.A » est la preuve renouvelée que Beach House sait créer à partir de rien une émotion puissante, profonde et répétée à chaque nouvelle écoute. C’est juste du grand art. On imagine ce titre en générique d’un épisode de « Twin Peaks » du grand David Lynch et le solo de guitare laissera tout le monde sur son postérieur. « Dive » commence en apnée dans un flot d’orgue majestueux, puis la voix de Victoria, sereine, déroule une mélodie somptueuse à peine soutenue par des accords de guitare. Mais le titre va sortir de sa torpeur sublime au fur et à mesure que monte un rythme soutenu et la face A s’achève dans les cieux. Pas une faute. C’est parfait.

La face B repart encore plus fort avec le fantastique « Black car » à l’intro au vibraphone et dont les claviers pourraient sortir de la bande son de « Blade Runner« . Le titre s’écoute les yeux fermés, nous projetant dans une nuit futuriste, superbe et envoûtante.  Et que dire de « Lose your smile« ? Titre à la simplicité et à la perfection ahurissante, au refrain sublime. La chanson fout les frissons à chaque fois et n’en finit plus de décoller quand débarquent des guitares qui s’enroulent autour de la voix de Victoria. Quelle claque!! « Woo« , sa batterie métronomique, ses claviers toujours aussi spatiaux ne nous laisse pas le temps de respirer même si on n’atteint pas les splendeurs de « Lose your smile » car le titre est un peu plus artificiel. Puis plus loin, « Girl of the year » n’est pas la chanson de l’année, elle. Le morceau, gonflé aux hormones d’un clavier envahissant ennuie plus qu’autre chose, semblant masquer son vide par un emballage clinquant qui malheureusement ne fait que clamer haut et fort son rôle d’emballage. Premier vrai faux pas du disque. Celui-ci se termine par un « Last ride » au motif de piano répétitif, aux choeurs à la longue respiration qui peine lui aussi à emballer l’auditeur. Le morceau est trop long, trop plat, trop …

« 7 » aura donc enthousiasmé, presque jusqu’à la fin et aurait mérité d’être resserré, raccourci d’au moins deux voire trois titres. Mais pour le reste c’est une réussite totale. Beach House évolue, doucement, sûrement, tout en gardant son identité, bien loin au-dessus du vulgaire, de la masse, de nous autres quoi!

À écouter : Lose your smile – Lemon glow – Black car

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