Arctic Monkeys – Tranquility Base Hotel + Casino – 2018
7 juin, 2018 @ 12:38 Critiques albums 2018

Arctic-Monkeys-Tranquility-Base-Hotel-Casino

 

On ne pourra pas reprocher à Alex Turner et ses Arctic Monkeys de se reposer sur leurs lauriers. Le groupe aurait désormais pu gérer le succès confortablement, remplissant d’énormes salles, lorgnant vers les stades avec pour support un rock à guitares, très anglais, marque de fabrique du groupe depuis le début. Mais au fil des albums, la musique du groupe commençait à s’épaissir et menaçait de ronronner sérieusement. Après 12 ans de bons et loyaux services, il fallait opérer un changement de cap et Alex Turner l’a compris. Lui qui a déjà pris ses aises au sein des Last Shadows Puppets sait que les Arctic Monkeys devaient évoluer pour franchir un pas supplémentaire au risque de se répéter encore et encore. C’est chose faite avec ce déjà 6ème album intitulé « Tranquility base hôtel + casino ».

Les fans du groupe première manière risquent de pleurer toutes les larmes de leur corps à l’écoute de ce nouvel opus tant c’est à une véritable renaissance que nous assistons. Les guitares se font discrètes mais leurs interventions sont souvent plus tranchantes du coup, la rareté faisant le prix. Le piano, les synthés sont mis en avant dans des titres qui ressemblent à la prestation d’un crooner tentant un énième retour avec panache sachant que c’est sa dernière chance de revenir sur le devant de la scène. L’entreprise ne manque pas de superbe et le résultat, inégal, convainc cependant dans l’ensemble. A de nombreuses reprises, on sent l’influence de Bowie, particulièrement la période « Aladin sane / Diamond dogs / Young americans » particulièrement en ce qui concerne la performance vocale du chanteur dont les intonations rappellent fréquemment le roi David. Si sur la longueur, l’album distille parfois un doux ennui, les réussites ne manquent pas mais on ne trouvera ici aucun hymne, l’atmosphère étant privilégiée au détriment de l’énergie.

Côté réussites indéniables, on se laissera porter par le somptueux « Tranquility base hôtel + casino » qui n’est pas sans rappeler le Morrissey de l’album « Vauxhall and I », titre sur lequel Turner réalise une grande performance vocale, sur une mélodie complexe presque susurrée. Plus loin en début de face B « Four out five » a presque les attributs d’un single avec son refrain euphorisant et ouvre la meilleure face du disque. « The world’s first ever Monster truck front flip » convainc par son refrain classe où Turner fait son crooner, « Science fiction » est porté par des sons de synthés qu’on jurerait sortis d’un film de SF des 50’s, « She looks like fun » est quand même bien plombé par son refrain pachydermique, le nocturne « Batphone » tient son rang avant « Ultracheese » slow impérial qui clôt l’album et qu’on aurait rêvé chanté par Bowie.

Alors c’est de la belle ouvrage à n’en pas douter, finement construite et orchestrée mais qui peine tout de même à exciter le chaland de par une certaine monotonie d’un titre à l’autre. Cependant, les Arctic Monkeys viennent, avec ce disque inattendu, de gagner leur liberté. Désormais, il speuvent tout se permettre et cela n’a pas de prix.

À écouter: Tranquility Base Hotel + Casino – Four out five – Science fiction

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