MGMT – Little dark age – 2018
18 mars, 2018 @ 11:19 Critiques albums 2018

LDA

 

Voici déjà plus de 10 ans, MGMT, le duo américain, cassait la baraque avec « Oracular spectacular » leur premier album. La scie « Kids » devenait un tube planétaire et l’album un bel exemple de pop moderne réussie. Le second album « Congratulations » bien qu’ayant eu moins de succès est le vrai grand album de MGMT. Supérieur en tous points à son prédécesseur multiplatiné, ce deuxième album confirmait l’immense talent du duo avec une pop inventive et ambitieuse. Avec « MGMT » en 2013, le groupe expérimentait et livrait un album que je trouve passionnant mais beaucoup plus difficile d’accès. Évidemment le grand public ne s’y est pas reconnu. Voici aujourd’hui « Little dark age », 4ème album très attendu dont il était impossible, et c’est tant mieux, de prévoir à quoi il pourrait ressembler.

Après une première écoute, une chose est certaine: l’époque des tubes pour adolescents est terminée, définitivement. Pas de retour en arrière pour MGMT si ce n’est vers une évidence mélodique qui faisait défaut au 3ème album. La triplette placée en introduction est quasi parfaite, les années 80 en influence évidente, pour des titres pourtant très différents les uns des autres.

On commence par le radieux « She works out too much », miracle de synthé pop, qui accueille Ariel Pink aux choeurs et aux claviers. Ces derniers dominent le titre et semblent pleuvoir en vrilles, comme le sifflement de bombes qui n’exploseraient jamais. Les choeurs se superposent et un sax ensoleillé vient éclairer le tout. Très produit, le titre ne semble pourtant jamais artificiel et diffuse sa chaleur estivale. Juste derrière, le magnifique « Little dark age » réveille le fantôme de The Cure et refroidit donc quelque peu l’atmosphère. La mélodie est sublime et sa mélancolie touche au coeur. Peut-être le meilleur titre de l’album quoique la concurrence de « When you die » qui le suit est rude. Single improbable et pourtant imparable, le titre marie la mélancolie de la new wave des 80’s avec une légèreté miraculeuse. MGMT se permet de briser la mélodie par un roulement qui enfle, enfle jusqu’à se briser pour que la chanson reparte encore plus haut puis de changer d’atmosphère en plein milieu sans jamais rompre la cohérence de l’ensemble. La basse caoutchouteuse assure, les guitares sont fragiles. MGMT se renouvelle tout en gardant son caractère, proposant une pop complexe, certes influencées par les 80’s, mais pourtant moderne. Le single « Me and Michael » me convainc moins. Si le refrain reste en tête, c’est plutôt par effraction, parce qu’on n’arrive pas à s’en débarrasser, comme « Kids » à l’époque. Le titre souffre de la comparaison avec les 3 premiers par sa mélodie plus facile, son clinquant trop visible, et pourtant, au fil des écoutes, on se surprend à le trouver finalement pas si mal, et même plutôt accrocheur.

Les percussions de « TSLAMP » démarrent le second disque pour un titre mid tempo, tout en brisures,  qui emballe par son refrain lumineux et mélancolique à la fois.  « James » joue sur le contraste entre la voix sombre et grave et des arrangements d’une clarté totale, en particulier des notes cristallines de piano. Le morceau, sans prétention, fonctionne à merveille. Mais l’album monte de deux crans avec le quasi instrumental « Days that got away » qui débute sur des rythmes électroniques complexes et des nappes de claviers cotonneuses avant que des percussions et des guitares l’emmènent ailleurs, comme un survol au ralenti d’un paysage à la fois familier et inquiétant. Changement radical avec « One thing left to try ». On se croirait presque dans le « 1999 » de Prince avec cette batterie clinquante et ses synthés millésimés 80’s. Le morceau est une réussite totale, réussissant à mêler une construction complexe avec des trouvailles mélodiques immédiatement accrocheuses. J’adore « When you’re small » qui le suit. Cette balade quasi folk, très dépouillée, d’une beauté sombre, constitue un des sommets de l’album. Quelques bidouillages électroniques discrets habillent la chanson avant un break instrumental majestueux et un final qui l’est tout autant. Il ne reste plus qu’à « Hand it over » de clore en douceur l’album, parfaite en chanson d’au-revoir, avec ses choeurs très sixties qui ne sont pas sans rappeler les Beach Boys.

« Little dark age » est une réussite incontestable, un retour aux affaires parfaitement négocié. L’album se bonifie à chaque écoute, laissant apparaître petit à petit sa complexité derrière une superficialité qui n’est qu’apparente. On le sait maintenant, MGMT n’aura pas été qu’un feu de paille et nul doute que le groupe nous réserve encore de surprenants voyages.

À écouter: Little dark age – When you die – When you’re small

 Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

-galettesvinyles
rss pas de réponses

Laisser un commentaire

Listecds |
Projet Ouroboros |
Kim Wilde 2017 / MiniKim |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Graines de son
| Lerapetsonevolution
| Clipfr