Roger Waters – Is this the life we really want? – 2017
7 mars, 2018 @ 3:12 Critiques albums 2017

Roger Waters – Is this the life we really want? – 2017

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Groupe majeur, Pink Floyd aura marqué plusieurs générations et « The wall » est le grand oeuvre de Roger Waters, un des membres les plus créatifs du groupe à l’époque.  Pour son 4ème album solo en plus de 30 ans, aucun des précédents n’ayant laissé une trace impérissable, il était intéressant de voir si la collaboration avec Nigel Godricht pouvait être fructueuse. « Is this the Life we really want? » implique une autre question: « Est-ce le disque que nous voulions vraiment? ».

 Dès la première écoute de l’album, une chose est certaine, tous les tics (bruit d’horloge, voix en échos multiples, collage d’émissions radio, bruitages..) sont présents comme si rien ne s’était passé depuis, comme si Waters était resté sourd, dans sa tour d’ivoire, aux myriades d’expérimentations sonores ayant eut lieu depuis.

« Déjà vu » porte bien son nom. Un morceau qui pourrait être sorti droit de « The final cut » de 1983, dernier album du Floyd déjà mort, étouffé par un Waters mégalo. Guitare acoustique, voix reconnaissable entre mille. Le titre en serait d’ailleurs un des meilleurs moments tant « The final cut » souffre de sa platitude et d’une production boursouflée. Les cordes amenées par un Godricht nostalgique éclairent un titre qui ne peut s’empêcher une certaine emphase, dont Waters, jamais, ne s’est départi. Waters fait du Waters, sans surprise, sans génie … qui a dit sans intérêt? Où est le frisson de « Wish you were here »? Où est la grâce the « Dark side of the moon »? Très loin.

« The last refugee » poursuit dans la même veine. Ce n’est même pas mauvais, juste sans saveur. Juste vite ennuyeux.

C’est vers « Animals » que lorgne nettement « Picture that ». Les mêmes claviers, la même pulsation en particulier que certaines parties de « Sheep » mais sans inspiration, sans l’incroyable fascination que procure le modèle. Vous aimiez le Pink Floyd de la deuxième partie des 70’s, en voici un ersatz, une copie qui en possède tous les signes distinctifs, sans jamais dépasser la copie d’un élève travailleur mais laborieux, respectant les consignes sans jamais atteindre l’excellence, stagnant dans le ventre mou et anonyme.

Les morceaux défilent, on écoute par respect, pour tous les bonheurs passés, mais on sait déjà qu’on n’y reviendra pas souvent. Finalement Waters est resté prisonnier de son propre mur, auto satisfait incapable de susciter aujourd’hui les émotions d’avant. Et pourtant « The wall », s’il est le meilleur disque de Waters, souffre déjà de la comparaison avec les Floyd précédents. Il contient en germes tous ce que Waters ressasse depuis, tournant en rond sur lui-même. Même la production de Godricht, (trop) respectueuse, sobre et (trop) sage ne sauve pas l’ensemble. Tout juste le sauve-t-il du naufrage. Waters aurait besoin d’être bousculé, remis en cause mais est-il prêt à l’accepter? A-t-il renoncé?

Pourtant, « Bird in a gale » nous fait lever une paupière. L’habillage est toujours le même mais le titre, se démarque par son ambition, des précédents. Il parvient, surtout dans sa deuxième partie, Pink Floydienne en diable, à faire enfin décoller l’album. Les arrangements sont à la fois sous influence et plutôt réussis, parvenant à propulser le titre dans un espace quasi spatio-onirique, avec des claviers encore venus droit d’ »Animals ».

Un peu plus loin « Smell the roses » ne démarre pas trop mal. On l’a déjà entendue en mieux mais on on se contente de peu sur ce disque. Les horloges y tictaquent, les chiens y aboient et Jonathan Wilson, guitariste occasionnel, jouent à la Gilmour. Les choeurs féminins y sont assommants mais comme on les entend moins que par le passé, on s’en plaint pas.

Les trois derniers titres, « Wait for her/Oceans apart/ Part of me died »  en fait le même à peine décliné trois fois, closent l’album sur un ennuyeux remake de « The final cut ». Il ne se passe rien, on ne retient rien.

Il y a finalement  beaucoup plus d’intérêt dans un « Endless river » modeste mais digne, sortie estimable pour un Pink Floyd détendu que dans ce long disque peu inspiré, dans lequel jamais Waters ne s’écarte de chemins ultra balisés, figés, sourd à tous les nouveaux sons, qu’il a pourtant jadis tellement contribué à développer. Que reste-t-il à cet album que son pouvoir nostalgique? Waters ne bouge plus, ne bougera plus sans doute. Il continue, de la même façon, à crier contre cette société qui lui déplait tant. Emmuré vivant. On ne lui en veut pas.

À écouter:  Déjà vu – Smell the roses – Picture that

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