posts de mars 2018


Alex Beaupain – B/O du film « Les chansons d’amour » – 2007

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Je découvre Alex Beaupain comme beaucoup avec la sortie du film de Christophe Honoré « Les chansons d’amour » en 2007 dont il est l’auteur-compositeurs des chansons qui en constituent la bande originale. Le film est un miracle d’équilibre,porté par des acteurs en état de grâce et des chansons fantastiques. On peut penser que Beaupain, plus jamais, n’atteindra un tel niveau. Les acteurs Louis Garrel, Ludivine Sagnier, Chiara Mastroianni, Coltilde Hesme entre autres sont tous rayonnants et interprètent les mots et les musiques de Beaupain. L’album sera récompensé à juste titre par le césar 2008 de la meilleure musique de film. L’incroyable fraicheur de ces chansons n’a pas pris une ride, je ne m’en lasse pas. Les jeux d’amour à 3 sont au programme de « Je n’aime que toi » ci-dessous:
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The Beatles – Let it be – 1970

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La pochette façon « split screen » de l’ultime album des Beatles annonce l’imminente séparation. D’ailleurs l’album sera produit par Phil Spector en l’absence des Beatles. Mc Cartney en désaccord avec le son choisi par Spector donnera son aval, 33 ans plus tard, à une version dite « naked » de « Let it be » débarrassée des effets Spectoriens. On y entend, entre autres,  les chansons jouées lors du fameux « Rooftop concert » sur le toit de l’immeuble d’Apple à Londres. Ce sera la dernière fois que les Fab four se produiront en live. Le film du concert en est donc particulièrement émouvant. « Let it be » n’est pas un mauvais album évidemment, loin de là mais il souffre de la comparaison des 4 immenses chefs d’oeuvre qui l’ont précédé. Très inégal, il marque un retour à un son plus épuré, plus direct souvent à tonalité blues rock et loin des expérimentations des années qui viennent de s’écouler. Outre la célébrissime chanson titre, on trouvera ci-dessous, pour l’éternité, deux extraits du « Rooftop concert »: « Don’t let me down » finalement écartée de l’album et la dernière chanson de la dernière face du dernier album des Beatles, « Get back« . Et merci pour tout.

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Jonathan Wilson – Rare birds – 2018

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J’avais déjà remarqué Jonathan Wilson en 2011 lors de la sortie de son premier album « Gentle spirit», tentative très réussie de faire revivre l’esprit d’un certain rock californien des 70’s, celui d’un folk élégiaque élaboré à l’époque par exemple par Crosby, Stills and Nash. Ces derniers temps, Jonathan Wilson multiplie les apparitions. Proche collaborateur de Father John Misty sur son superbe « Pure comedy » et artisan du retour sur disque, il est vrai peu convaincant, en guitariste fan, de Roger Waters. Il était donc temps pour lui de passer la vitesse supérieure et d’essayer de concrétiser toutes les attentes légitimes placées sur son nom. Voici donc «Rare birds » à la pochette fourre-tout et un tantinet mégalo, plus 70’s tu meurs. Car oui c’est encore et toujours principalement vers la décennie 70 que Jonathan Wilson propose de nous emmener mais cette fois-ci la palette va être beaucoup plus large et beaucoup plus passionnante. En effet, Jonathan Wilson prend son envol avec cet album assez magistral, qui même si on y entend nombre de réminiscences très identifiables du tournant des 70’s et des 80’s, lui permet du coup de s’affirmer en tant que compositeur. Et puis il fait tout Jonathan: il écrit, il compose, il produit, joue de multiples instruments et chante. Il est donc temps d’aller à la rencontre de ce double album d’une richesse impressionnante.

Le début de « Trafalgar Square » est trompeur car après quelques dizaines de secondes un peu plan-plan le titre prend un virage qui n’est pas sans évoquer de par son riff sourd et grondant, son orgue très présent, le Deep Purple des 70’s, rejoignant par là la démarche de Black Mountain par exemple. On est étonné par l’évidence de la mélodie, et la maîtrise acquise par Wilson dans la construction et la production. Les synthétiseurs donnent cependant un ton plus 80’s, ce qui donne une idée des influences que l’on va trouver sur le disque. Plusieurs fois, le morceau change d’atmosphère, évolue. On retrouvera au long du disque ces emprunts au rock progressif sans les lourdeurs souvent inhérentes au genre, ce qui en dit long sur la capacité de J. Wilson de rester sur le fil, de prendre le meilleur de chaque  style. « Me » est une ballade impériale, sur laquelle la voix, dont le timbre rappelle de façon surprenante le grand Eliott Smith,  légèrement réverbérée de J. Wilson fait merveille. Si les arrangements sont classiques, ils sont d’une grande richesse instrumentale et  la qualité de la composition emporte le morceau vers une forme de nostalgie en suspension du plus bel effet. Car oui, « Rare birds » est un album comme on n’en fait plus, ambitieux, qui n’a pas peur d’apparaître comme le disque d’un fan qui fait celui qu’il rêverait d’entendre. La chanson se termine par un solo de saxophone assez free avant de laisser la place à l’énormissime « Over the midnight ». Après une longue intro répétitive dominée par des synthétiseurs vaporeux, la voix entre en scène pour la mélodie immédiatement accrocheuse des couplets jusqu’à ce que le refrain propulse le titre vers les sommets. Jonathan Wilson sait désormais transcender ses influences pour proposer une musique très actuelle. Que dire du superbe « There’s a light » qui ressuscite le Springsteen flamboyant de la fin des seventies ? Avec ce titre à la fois lyrique et profondément mélancolique, bourré de choeurs, à la mélodie imparable, qui aurait sa place sur « The river » ou « Darkness on the edge of town », J. Wilson signe une grande chanson dont les dernières secondes opèrent même un virage très Pink Floydien. « Sunset Blvd », portée par un piano mis en avant, est une somptueuse balade pop folk aux magnifiques arrangements de cordes. Encore un titre dont le classicisme n’est en rien un handicap mais au contraire un moyen de tirer le meilleur d’un titre impeccable. L’extraordinaire « Rare birds » qui suit débute par un festival de guitares entrelacées qui lui donne sa tonalité rock mais contrebalancée par l’utilisation de nombreux synthétiseurs. C’est ce subtil équilibre dans les arrangements qui permet à chaque chanson, outre la brillance de la composition, de planer dans la stratosphère. Tout ce que n’a pas un Ed Sheeran par exemple. La capacité de J. Wilson à balancer autant de titres évidents qu’ils semblent être des classiques instantanés est impressionnante. L’oiseau rare du tire, c’est lui, pas de doutes. « 49 hairflips » opère un net ralentissement sur fond de bidouillages synthétiques discrets. Le titre, en suspension, achève le disque 1 et l’auditeur ne peut que se frotter les oreilles devant un tel enchaînement de grands morceaux. Plus lente, la chanson parvient encore cependant à ne jamais ennuyer. Il reste un disque. Wilson pourra-t-il tenir ce rythme sur la longueur d’un double album? Où est la frontière entre ambition et prétention?

« Miriam Montague », loin d’être mauvais, pêche peut-être pour la première fois par une production un peu trop touffue, par un excès de complexité. Mais c’est cependant chercher la petite bête car derrière, « Loving you » calme immédiatement toute velléité de contestation. Sur un rythme soutenu, la longue et superbe intro est assurée par Laraaji, un musicien new âge, dont les vocalises orientalisantes et la cithare introduisent une dimension quasi céleste à ce titre pop pourtant déjà d’une évidence mélodique immédiate. On y entend également des percussions. Même Lana Del Rey, qui passait par là, vient donner un coup de mains, ou plutôt de cordes, vocales. On la retrouve d’ailleurs aux choeurs sur le fantastique « Living with myself », tube instantané, au motif de synthé immédiatement assimilable. On pense plusieurs fois lors de ce morceaux à Genesis ou Peter Gabriel période pop, où les nappes de synthés enveloppent deux guitares qui tricotent leurs somptueux arpèges. L’ambitieuse et imposante intro de « Hard to get over » se profile à l’horizon mêlant une batterie rouleau compresseur et des arrangements de cordes inspirés. Je suis moins convaincu cependant par la voix très Peter Gabriel et une ambiance plus eighties que sur le reste du disque. Cependant, de façon étonnante, le titre est troué en son milieu par un pont instrumental totalement dématérialisé, suspendu, très réussi. Avant que le rouleau compresseur ne reprenne ses droits malheureusement. Passons sur cette relative sortie de route car « Hi Ho to righteous » va réussir le tour de force de me faire aimer un titre country. Mais un titre country enveloppé par les volutes tournoyant d’un Moog, les nappes d’un synthétiseur, des murmures au vocoder  qui le tirent vers la mélancolie. Il ne reste plus qu’à « Mulholland Queen » à conclure de façon sublime ce double album déjà classique. Un piano, une voix qui susurre, des choeurs trafiqués, le tout dans un dépouillement tranquille. Quelques cordes viendront emballer le morceau avant le retour au silence.

On est impressionné par la densité de cet album qui, même sur la longueur, ne faiblit quasiment jamais. On y aura surpris quantité d’influences, de choses dont on se dit qu’on les a déjà entendues ailleurs, autrefois, sans que jamais elles ne viennent prendre le pas. Jonathan Wilson ne les cache pas, bien au contraire mais a su les digérer et proposer un album d’un niveau de qualité époustouflant et moderne. Déjà au Panthéon des grands doubles albums.

 À écouter: Over the midnight – Loving you – There’s a light

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MGMT – Little dark age – 2018

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Voici déjà plus de 10 ans, MGMT, le duo américain, cassait la baraque avec « Oracular spectacular » leur premier album. La scie « Kids » devenait un tube planétaire et l’album un bel exemple de pop moderne réussie. Le second album « Congratulations » bien qu’ayant eu moins de succès est le vrai grand album de MGMT. Supérieur en tous points à son prédécesseur multiplatiné, ce deuxième album confirmait l’immense talent du duo avec une pop inventive et ambitieuse. Avec « MGMT » en 2013, le groupe expérimentait et livrait un album que je trouve passionnant mais beaucoup plus difficile d’accès. Évidemment le grand public ne s’y est pas reconnu. Voici aujourd’hui « Little dark age », 4ème album très attendu dont il était impossible, et c’est tant mieux, de prévoir à quoi il pourrait ressembler.

Après une première écoute, une chose est certaine: l’époque des tubes pour adolescents est terminée, définitivement. Pas de retour en arrière pour MGMT si ce n’est vers une évidence mélodique qui faisait défaut au 3ème album. La triplette placée en introduction est quasi parfaite, les années 80 en influence évidente, pour des titres pourtant très différents les uns des autres.

On commence par le radieux « She works out too much », miracle de synthé pop, qui accueille Ariel Pink aux choeurs et aux claviers. Ces derniers dominent le titre et semblent pleuvoir en vrilles, comme le sifflement de bombes qui n’exploseraient jamais. Les choeurs se superposent et un sax ensoleillé vient éclairer le tout. Très produit, le titre ne semble pourtant jamais artificiel et diffuse sa chaleur estivale. Juste derrière, le magnifique « Little dark age » réveille le fantôme de The Cure et refroidit donc quelque peu l’atmosphère. La mélodie est sublime et sa mélancolie touche au coeur. Peut-être le meilleur titre de l’album quoique la concurrence de « When you die » qui le suit est rude. Single improbable et pourtant imparable, le titre marie la mélancolie de la new wave des 80’s avec une légèreté miraculeuse. MGMT se permet de briser la mélodie par un roulement qui enfle, enfle jusqu’à se briser pour que la chanson reparte encore plus haut puis de changer d’atmosphère en plein milieu sans jamais rompre la cohérence de l’ensemble. La basse caoutchouteuse assure, les guitares sont fragiles. MGMT se renouvelle tout en gardant son caractère, proposant une pop complexe, certes influencées par les 80’s, mais pourtant moderne. Le single « Me and Michael » me convainc moins. Si le refrain reste en tête, c’est plutôt par effraction, parce qu’on n’arrive pas à s’en débarrasser, comme « Kids » à l’époque. Le titre souffre de la comparaison avec les 3 premiers par sa mélodie plus facile, son clinquant trop visible, et pourtant, au fil des écoutes, on se surprend à le trouver finalement pas si mal, et même plutôt accrocheur.

Les percussions de « TSLAMP » démarrent le second disque pour un titre mid tempo, tout en brisures,  qui emballe par son refrain lumineux et mélancolique à la fois.  « James » joue sur le contraste entre la voix sombre et grave et des arrangements d’une clarté totale, en particulier des notes cristallines de piano. Le morceau, sans prétention, fonctionne à merveille. Mais l’album monte de deux crans avec le quasi instrumental « Days that got away » qui débute sur des rythmes électroniques complexes et des nappes de claviers cotonneuses avant que des percussions et des guitares l’emmènent ailleurs, comme un survol au ralenti d’un paysage à la fois familier et inquiétant. Changement radical avec « One thing left to try ». On se croirait presque dans le « 1999 » de Prince avec cette batterie clinquante et ses synthés millésimés 80’s. Le morceau est une réussite totale, réussissant à mêler une construction complexe avec des trouvailles mélodiques immédiatement accrocheuses. J’adore « When you’re small » qui le suit. Cette balade quasi folk, très dépouillée, d’une beauté sombre, constitue un des sommets de l’album. Quelques bidouillages électroniques discrets habillent la chanson avant un break instrumental majestueux et un final qui l’est tout autant. Il ne reste plus qu’à « Hand it over » de clore en douceur l’album, parfaite en chanson d’au-revoir, avec ses choeurs très sixties qui ne sont pas sans rappeler les Beach Boys.

« Little dark age » est une réussite incontestable, un retour aux affaires parfaitement négocié. L’album se bonifie à chaque écoute, laissant apparaître petit à petit sa complexité derrière une superficialité qui n’est qu’apparente. On le sait maintenant, MGMT n’aura pas été qu’un feu de paille et nul doute que le groupe nous réserve encore de surprenants voyages.

À écouter: Little dark age – When you die – When you’re small

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The Beatles – Abbey Road – 1969

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Y’a-t-il plus mythique qu’ »Abbey Road« ? Sa pochette, mille fois parodiée, mille fois interprétée, est la plus célèbre de l’histoire du rock. L’album, sorti en 1969, reste aujourd’hui le plus grand succés commercial des Beatles et truste les podiums pour le titre de meilleur album de tous les temps … comme ses 3 prédécessseurs, ce qui témoigne de l’hallucinante créativité du groupe sur ces 4 années. Ce sera pourtant le dernier album à être enregistré, les tensions au sein du groupe l’ayant dévoré de l’intérieur. Le contenu est tout simplement magistral de bout en bout; de « Come together » en passant par l’exceptionnel « Here comes the sun » signé Harrison qui ouvre ce qui reste pour moi le sommet de la discographie des Beatles, à savoir la fantastique face B de l’album et son fameux medley de 16 minutes. On y trouve aussi les extraordinaires harmonies vocales du chef d’oeuvre « Because« . Jusqu’au bout, les Beatles auront profondément transformé la musique populaire et la musique tout court, signant avec « Abbey Road » un chant du cygne (« Let it be » bien que sorti après fut enregistré avant) phénoménal, quittant la scène au sommet. Depuis ils traversent sur ce passage piéton pour l’éternité.
 

Franz Ferdinand – Always ascending – 2018

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Après « Right thoughts, right words, right action » un très bon album et une heureuse cohabitation avec les Sparks, on était en droit d’attendre un bon retour aux affaires de FF. Le groupe qui depuis 15 ans, tient dignement son rang avec un rock anglais classique mais toujours énergique.

Voici donc « Always ascending » qui va permettre de vérifier si FF est en effet toujours au niveau après plus de 15 ans de bons et loyaux services.

« Always ascending », le titre,  débute par une intro au clavier, des nappes ascensionnelles une voix calme et apaisée avant un vrai départ. Le groupe opère sa mue électro, comme tout le monde, pour un single honnête sans plus. Les claviers ont pris le pas sur les guitares. Pourquoi pas mais Il y a beaucoup plus d’inventivité et d’énergie chez Hot Chip par exemple et malgré les guitares funk le titre a bien du mal à atteindre son objectif, toucher la tête et les jambes et ne se départ pas d’un certain labeur trop visible. « Lazy boy » quant à lui, débute sur une basse élastique accompagnée de claviers dont on sait qu’ils seront omniprésents sur l’album. Comme pour le titre précédent on saisit l’intention mais le groupe peine à emballer, par l’énergie dont il faisait jadis preuve. L’emballage est acceptable mais le tout manque de saveur. Même constat pour « Paper cages », qui manque cruellement de peps comme si quelqu’un avait ralenti la vitesse de rotation du disque. Est-ce une utilisation finalement assez conventionnelle de l’électro ou un manque d’énergie? Toujours est-il que le morceau, sans être mauvais, est aux antipodes du FF que l’on a connu, capable d’emballer un public entier, et finit par ennuyer. « Finally » malgré son refrain, ne parvient toujours pas à sortir l’album de cet état de fatigue générale, de cette torpeur pépère. On attend toujours le titre qui va nous sauter à la gueule par son évidence. Ici tout est contrôlé, mesuré. On reconnait FF mais sans la fougue qui a fait leur succès. C’est finalement, étonnamment « The Academy award » qui termine la face A qui emporte le morceau. Étonnamment car il s’agit d’une chanson mid tempo, mais où les arrangements de cordes fonctionnent à merveille pour soutenir Alex Kapranos qui fait son crooner en particulier sur un refrain convaincant.

« Lois Lane » en début de face B maintient le niveau grâce à son rythme sautillant, sa basse caoutchouteuse et un refrain où les claviers font (encore) la loi. Ce n’est pas la chanson de l’année mais par rapport à ce qu’on a entendu depuis le début du disque… Eclaircie de courtes durée car avec « Huck and Jim » c’est le plus mauvais titre de l’album qui se profile. Ça patauge dans la soupe à grands coups de roulements lourdingues et de grosses guitares pas finaudes. Même Alex Kapranos s’essaye à une espèce de rap. Mauvaise idée. Passons vite. Heureusement « Glimpse of love » relève le niveau avec ses changements de rythmes, ses claviers tournoyants et son emphase assumée. Le titre emporte l’auditeur dans sa cavalcade même si jamais on ne risque la sortie de route. Mais comme tout vient à point à qui sait attendre, on est enfin récompensé avec LE titre du disque, haut la main. « Feel the love go » est une impeccable pop song. Après les bourdonnements sourds des claviers de l’intro, le titre accélère progressivement avant d’éclater dans du FF pur jus dans l’esprit et l’énergie. Les claviers dominent toujours mais l’alchimie ici fonctionne, la mélodie s’imprime et on tape du pied sans s’en rendre compte pendant un refrain radieux. Même le solo de saxo passe à l’aise c’est dire.

Passons poliment sur »Slow don’t kill me slow » qui termine l’album, sitôt entendue, sitôt oubliée.

« Always ascending » peine donc à convaincre mais surtout, et pour la première fois, FF ressemble à un groupe un peu dépassé qui tente de suivre le mouvement en injectant dans sa musique des sons électroniques. Mais la sauce a du mal à prendre. Coup de fatigue ou début de la fin?

À entendre: Always ascending – feel the love go – Lazy boy

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The Beatles – The Beatles – 1968

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1968 est l’année de l’album « The Beatles » universellement connu sous le nom de « double blanc ». Après avoir tutoyé les sommets comme l’on fait les Beatles sur « Revolver » et « Sergent Pepper » et inventé la pop des 50 années à venir, n’importe quel groupe aurait connu un creux, un moins bien, pas les Beatles stratosphériques de l’époque. Voici sans discussion le meilleur double album de l’histoire et un des meilleurs albums tout court. Les 30 extraordinaires morceaux, quasiment autant de classiques, reflètent l’incroyable créativité de chacun des membres. Moins homogène que les albums précédents, le double blanc explore mille pistes, revient parfois à des arrangements plus bruts et flingue la concurrence pour toujours. Même Charles Manson puisera dans « Helter skelter » la source de sa folie. Le talent de compositeur de George Harrison éclate également enfin au grand jour avec « While my guitar gently weeps » bien sûr mais aussi sur le plus méconnu et pourtant fantastique « Savoy truffle« . Impossible encore d’isoler un titre de ce chef d’oeuvre alors va pour « Sexy Sadie« , pefection faite pop:

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The Beatles – Sergent Pepper’s lonely heart club band – 1967

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Que dire qui n’a pas déjà été dit à propos de « Sergent Pepper’s lonely heart club band » l’album de 1967? Qu’il a révolutionné la musique pop, les techniques d’enregistrement, les effets,qu’il intègre des éléments de musique classique, indiens, tout ça est vrai. Quand on pense que des titres tels que « Penny Lane » et « Strawberry fields forever » ont été écartés de l’album, ça laisse pantois. Ce n’est pourtant pas l’album des Beatles que je préfère mais à un tel niveau de qualité cela n’a pas grande importance. Quand on entend un OVNI aussi génial que « A day in the life« , un des plus grands titres de tous les temps formé de deux chansons de Lennon et McCartney rassemblées par ce fameux orchestre symphonique, toutes les critiques restent lettres mortes:
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Roger Waters – Is this the life we really want? – 2017

Roger Waters – Is this the life we really want? – 2017

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Groupe majeur, Pink Floyd aura marqué plusieurs générations et « The wall » est le grand oeuvre de Roger Waters, un des membres les plus créatifs du groupe à l’époque.  Pour son 4ème album solo en plus de 30 ans, aucun des précédents n’ayant laissé une trace impérissable, il était intéressant de voir si la collaboration avec Nigel Godricht pouvait être fructueuse. « Is this the Life we really want? » implique une autre question: « Est-ce le disque que nous voulions vraiment? ».

 Dès la première écoute de l’album, une chose est certaine, tous les tics (bruit d’horloge, voix en échos multiples, collage d’émissions radio, bruitages..) sont présents comme si rien ne s’était passé depuis, comme si Waters était resté sourd, dans sa tour d’ivoire, aux myriades d’expérimentations sonores ayant eut lieu depuis.

« Déjà vu » porte bien son nom. Un morceau qui pourrait être sorti droit de « The final cut » de 1983, dernier album du Floyd déjà mort, étouffé par un Waters mégalo. Guitare acoustique, voix reconnaissable entre mille. Le titre en serait d’ailleurs un des meilleurs moments tant « The final cut » souffre de sa platitude et d’une production boursouflée. Les cordes amenées par un Godricht nostalgique éclairent un titre qui ne peut s’empêcher une certaine emphase, dont Waters, jamais, ne s’est départi. Waters fait du Waters, sans surprise, sans génie … qui a dit sans intérêt? Où est le frisson de « Wish you were here »? Où est la grâce the « Dark side of the moon »? Très loin.

« The last refugee » poursuit dans la même veine. Ce n’est même pas mauvais, juste sans saveur. Juste vite ennuyeux.

C’est vers « Animals » que lorgne nettement « Picture that ». Les mêmes claviers, la même pulsation en particulier que certaines parties de « Sheep » mais sans inspiration, sans l’incroyable fascination que procure le modèle. Vous aimiez le Pink Floyd de la deuxième partie des 70’s, en voici un ersatz, une copie qui en possède tous les signes distinctifs, sans jamais dépasser la copie d’un élève travailleur mais laborieux, respectant les consignes sans jamais atteindre l’excellence, stagnant dans le ventre mou et anonyme.

Les morceaux défilent, on écoute par respect, pour tous les bonheurs passés, mais on sait déjà qu’on n’y reviendra pas souvent. Finalement Waters est resté prisonnier de son propre mur, auto satisfait incapable de susciter aujourd’hui les émotions d’avant. Et pourtant « The wall », s’il est le meilleur disque de Waters, souffre déjà de la comparaison avec les Floyd précédents. Il contient en germes tous ce que Waters ressasse depuis, tournant en rond sur lui-même. Même la production de Godricht, (trop) respectueuse, sobre et (trop) sage ne sauve pas l’ensemble. Tout juste le sauve-t-il du naufrage. Waters aurait besoin d’être bousculé, remis en cause mais est-il prêt à l’accepter? A-t-il renoncé?

Pourtant, « Bird in a gale » nous fait lever une paupière. L’habillage est toujours le même mais le titre, se démarque par son ambition, des précédents. Il parvient, surtout dans sa deuxième partie, Pink Floydienne en diable, à faire enfin décoller l’album. Les arrangements sont à la fois sous influence et plutôt réussis, parvenant à propulser le titre dans un espace quasi spatio-onirique, avec des claviers encore venus droit d’ »Animals ».

Un peu plus loin « Smell the roses » ne démarre pas trop mal. On l’a déjà entendue en mieux mais on on se contente de peu sur ce disque. Les horloges y tictaquent, les chiens y aboient et Jonathan Wilson, guitariste occasionnel, jouent à la Gilmour. Les choeurs féminins y sont assommants mais comme on les entend moins que par le passé, on s’en plaint pas.

Les trois derniers titres, « Wait for her/Oceans apart/ Part of me died »  en fait le même à peine décliné trois fois, closent l’album sur un ennuyeux remake de « The final cut ». Il ne se passe rien, on ne retient rien.

Il y a finalement  beaucoup plus d’intérêt dans un « Endless river » modeste mais digne, sortie estimable pour un Pink Floyd détendu que dans ce long disque peu inspiré, dans lequel jamais Waters ne s’écarte de chemins ultra balisés, figés, sourd à tous les nouveaux sons, qu’il a pourtant jadis tellement contribué à développer. Que reste-t-il à cet album que son pouvoir nostalgique? Waters ne bouge plus, ne bougera plus sans doute. Il continue, de la même façon, à crier contre cette société qui lui déplait tant. Emmuré vivant. On ne lui en veut pas.

À écouter:  Déjà vu – Smell the roses – Picture that

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The Beatles – Revolver – 1966

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Si il restait des gens pour douter de l’importance des Beatles dans la musique moderne, ceux-ci dégainèrent « Revolver » en 1966 et mirent tout le monde d’accord. Album incontournable dans toute discothèque qui se respecte, « Revolver » est sans aucun doute un des 10 plus grands disques de tous les temps. Libéré des carcans de la scène, le groupe va faire subir à la pop music la plus foudroyante accélération de son histoire en l’espace de 3 ans. « Revolver » est entièrement conçu en studio où les Fab Four, George Martin et Geoff Emerick, les producteurs, vont tout oser, et tout réussir. Ils inventent de nouvelles techniques de prises de sons, de nouveaux effets, passent les bandes à l’envers, inversent un solo de guitare, introduisent des instruments jamais utilisés auparavant dans le rock, ouvrent 50 pistes à la fois pour les décennies à venir que l’on n’a toujours pas fini d’explorer. Combien de groupes se damneraient pour n’avoir composé qu’un seul des 14 chefs d’oeuvre absolus de « Revolver »? Impossible de choisir un titre dans ce coffre aux trésors entre l’immense « Eleanor Rigby » et son quatuor à cordes, ou le nerveux « Taxman« , ou encore le radieux et ensoleillé « Good day sunshine » j’en passe et des meilleures. Alors allons-y pour un extraordinaire « Tomorrow never knows » sous acides, sommet de la pop psychédélique:
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The Beatles – Rubber soul – 1965

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En 1965 avec « Rubber soul« , les Beatles entrent définitivement dans l’âge adulte de leur musique et signent un album bien supérieur à « Help! » Les expérimentations se multiplient et la qualité des compositions est ahurissante. Ils osent tout, même le sitar sur la fantastique « Norvegian wood », balancent des classiques instantanés comme « Drive my car » ou « Michelle » que 50 ans plus tard, le monde entier connait. Sous l’influence des drogues, le groupe invente la pop psychédélique et ouvre une nouvelle ère. L’album, de très haut niveau, annonce déjà le suivant, un des plus grands albums de tous les temps: « Revolver« . Je tiens pour ma part, « Girl » ci-dessous comme une des plus grandes chansons pop qui soit:

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