The National – Sleep well beast – 2017
11 janvier, 2018 @ 11:10 Critiques albums 2017

The National – Sleep well beast – 2017

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Déjà 10 ans depuis Boxer, le quatrième album qui fut celui de la consécration pour The National, ce groupe situé quelque part entre Interpol, avec qui ils ont démarré, et avec lesquels ils ont en commun une énergie noire et les Tindersticks pour la classe impériale qu’ils dégagent sur scène et dans leurs chansons.Après que Bryce Dessner est parti en escapade avec le grand Sufjan Stevens pour le très réussi « Planétarium », voici donc « Sleep well beast » 7ème album d’un groupe jusque-là quasi irréprochable, à la pochette presque noire, comme si le groupe avait trouvé dans sa musique un abri pour se protéger des ténèbres.

C’est « Nobody else will be there » superbe ballade nocturne qui ouvre les hostilités.  Un piano ample et majestueux sur un rythme minimal et des nappes de claviers lancinantes constituent le socle d’un titre sur lequel la voix toujours aussi magnétique de Matt Berninger fait merveille. Magnifique entrée en matière. Sur « Day I die », National assume son côté emphatique. La chanson devrait être un tube, le genre  de titre que U2 ne sait plus écrire. Sur une rythmique frénétique, des guitares héroïques et un peu casse burnes introduisent une mélodie assez implacable. La tension ne se relâche jamais mais on finira par en avoir vite assez car les ficelles sont un peu grosses. « Walk it back » est d’une autre tenue. Sur quelques pulsations électroniques, la voix vient susurrer une mélodie somptueuse que la batterie souligne sans jamais l’étouffer. Puis quelques arpèges de guitare ajoutent une touche de mélancolie à ce titre sombre et classe. « The system only dreams in total darkness » rappelle Interpol par sa noirceur générale que viennent contrebalancer quelques traits de guitares tranchants. La mélodie est impressionnante et la chanson monte en intensité jusqu’à un solo de guitare imparable. Certainement le morceau le plus évident et tube en puissance.On s’ennuie tout de même ferme sur l’anodin « Born to beg ». Rien ne vient titiller l’oreille, le titre passe inaperçu. Et si très rock « Turtleleneck » a le mérite de réveiller l’auditeur ce n’est pas par sa subtilité ni son originalité. La mélodie assez banale, semble noyée sous des guitares trop bavardes pour avoir quelque chose à dire. L’album prend un peu l’eau en son milieu. « Empire line » relève quelque peu la tête avec ses boucles électroniques discrètes mais ne se dépare pas d’une certaine monotonie, d’une dramatisation potentielle qui ne verra jamais le jour même si la fin du morceau est d’assez belle facture. On ne peut s’empêcher de se dire que tout ça surprend bien peu. Heureusement « I’ll still destroy you » ramène l’album vers les sommets. Sur des boucles électroniques, le titre débute de façon sidérante. La mélodie fait mouche. Puis la batterie entre en piste et fait monter l’intensité. Un break assis sur des nappes de clavier ralentit la chanson avant une dernière partie fantastique. Les claviers poussent, la batterie s’affole et des cordes puissantes   achèvent ce qui est sans doute le meilleur titre du disque jusque là. « Guilty party » qui suit est de facture classique mais le titre parvient à éveiller l’intérêt par sa mélancolie tranquille et apaisée. Le savoir-faire du groupe est tout de même phénoménal qui sait maîtriser la tension d’un titre sans céder à l’emphase. Le piano débute la sublime « Carin at the liquor store » qui pourrait prétendre à une place sur les meilleurs REM. Cette ballade triste et lumineuse à la fois apporte ce qui manque à l’album: de l’émotion, de la simplicité. La chanson n’a besoin d’aucun oripeau, sa beauté classique se suffit à elle-même. « Dark side of the gym » poursuit dans la même veine sans atteindre cependant les hauteurs de son prédécesseur. Il faut cependant reconnaître la capacité du groupe à écrire des ballades irréprochables, à la structure certes classique, mais difficiles à prendre en défaut. Il faut attendre le dernier titre « Sleep well beast » pour trouver une véritable prise de risque. Beaucoup plus expérimental, truffé de bruits étranges et liquides, de trouées de claviers qui confèrent à la chanson une atmosphère à la fois étrange et aérienne, il constitue une vraie réussite et , enfin, une vraie surprise. Peut-être un peu long, il gagne cependant à vieillir et ouvre de nouvelles perspectives pour le groupe.

Le disque n’arrive pas à m’enthousiasmer sur sa durée mais ses sommets restent suffisamment passionnants et l’altitude moyenne élevée, de par la maîtrise du groupe et des titres qui recèlent tous un intérêt, même si de façons inégales. « Sleep well beast » est peut-être une transition vers des prises de risques artistiques, car aujourd’hui The National a déjà prouvé qu’ils savaient torcher un bon disque, jamais racoleur et avec assez de classe pour tempérer les réserves. Il leur reste à produire le chef d’oeuvre de la maturité et ils en sont capables.

En écoute : The system only dreams in total darkness – I’ll still destroy you – Carin at the liquor store

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