Baxter Dury – Prince of tears
15 novembre, 2017 @ 4:43 Critiques albums 2017

Baxter Dury – Prince of tears – 2017

arton29567

 

Sur la pochette de l’album, Baxter Dury semble en bien mauvaise posture, perdu au milieu du désert, en train d’escalader une dune de sable. Mais si l’on retourne l’objet, c’est pour le voir les 4 fers en l’air, battant des jambes, la tête enfoncée dans le sable. On mesure alors l’auto dérision du personnage, l’humour dont il est capable. Pourtant quand on est le fils de l’auteur de « Sex, drugs and rock’n'roll« , quand ses quatre précédents albums, dont l’excellent « It’s a pleasure » de 2014, ont été unanimement salués par la critique,  on pourrait avoir tendance à se prendre au sérieux. Que nenni. Ce n’est donc pas avec ce nouveau « Prince of tears » que Baxter fils de Ian va commencer à se prendre la tête. Cependant, cet album semble beaucoup plus triste que le précédent.

En termes de mise en son, « Prince of tears » fait dans la simplicité et la sobriété sans jamais être dans la sécheresse. On remarque dès « Miami« , le premier titre, une énorme basse chaude et ronde qui sera présente sur tous les morceaux, la batterie simple et imperturbable, une guitare incisive mais jamais bavarde, des arrangements de cordes classes et soyeux, des nappes de claviers qui ne la ramènent pas et les voix, celle de Baxter Dury, en dandy décontracté, alternant le talk-over et un chant désabusé, et celles de Madeleine Hart et Rose Dougall omniprésentes, transformant de fait presque toutes les chansons en duos. C’est d’ailleurs Madelaine que l’on entend en premier sur l’album dans « Miami » donc, ouverture à la fois mélancolique et dilettante, charriant le soleil, le clinquant et l’ordure sous-jacente. Porté par une énorme basse répétitive comme dans un morceau disco tétanisé, une batterie métronomique et un motif de clavier, le titre accueille le chant parlé de Baxter Dury, M. Hart se chargeant des refrains. Viendront plus tard quelques nappes de claviers et de cordes. Le titre est imparable, à la limite d’un je m’en foutisme hyper classe et ironique. « Porcelain » est encore mieux, toujours basé sur une énorme basse , quelques traits de guitares, des notes de piano limpides, véritable écrin pour les voix féminines qui y ont la part belle. La profonde mélancolie de ce titre magnifique est rehaussée par des orchestrations de cordes amples et des claviers quasi spatiaux. Comment pleurer en apesanteur?   »Mungo » redonne quelques couleurs au disque mais le tempo plus rapide ne peut cacher très longtemps la tristesse. On retrouve ce son qui fait la marque de l’album et l’alternance des voix masculine et féminine. Le morceau conclut en beauté une triplette d’ouverture très réussie. Du coup « Listen » qui suit directement fait un peu pâle figure, non que le titre, assez sautillant, soit mauvais mais il semble plus anecdotique. Heureusement « Almond milk » conclut de la plus belle des façons la face A et me rappelle de façon insistante l’album « Feline » des Stranglers de 1982, pour la basse, pour le talk-over de cette voix grave, pour les claviers. Ce dernier étant un de mes disques chéris, inutile de dire que j’adhère.

« Letter bomb » qui ouvre la face A est une pochade, un truc pour déconner, on attendrait presque un éclat de rire à la fin. Faut bien se détendre. Passons. Etant un des rares morceaux sans voix de femmes, « Oi » est un titre bien décharné, sans orchestrations de cordes non plus, laissant bien seul le pauvre Baxter et son talk-over. Un morceau loin d’être inoubliable il faut bien le dire. Il faut attendre « August » pour que cette face prenne enfin de l’ampleur. Le titre renoue avec les réussites de la face A et avec les choix d’arrangements qui y ont été opérés. On se laisse porter par le balancement de cette déambulation, par le détachement du chant, la douce tristesse de l’ensemble même quand sur la fin, les claviers perdent un peu la boule. « Wanna » qui suit est une belle ballade tranquille qui sent la fin de soirée, les verres renversés et les lumières qui se rallument sur la salle désormais vide. « Prince of tears » fait entendre des guitares qu’on jurerait sorties de « Melody Nelson« . « Everybody loves to say goodbye » chante Madeleine Hart, « I’m the prince of tears » lui répond Baxter, superbe de chagrin magnifié par les violons. On comprend maintenant pourquoi ce disque est si triste!

Si l’album n’a pas la flamboyance de certains de ses disques passés, ni l’énergie du précédent, force est de constater que Baxter Dury a su transformer sa tristesse insondable en un album inégal mais troué de grandes réussites dans le registre d’une pop jamais plaintive, jamais pénible. En outre le détachement sied au personnage, classe même dans la peine. Baxter pépère?

À écouter: Miami – Porcelain – August

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