St Vincent – Masseduction
1 novembre, 2017 @ 11:47 Critiques albums 2017

St Vincent – Masseduction – 2017

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« Masseduction » ou bien « Masses séduction » ou encore « Ma séduction »?? Certainement tout ça à la fois sur le nouvel album d’Annie Clark alias St Vincent. D’ailleurs la pochette réussit le tour de force d’être à la fois du plus grand mauvais goût, certainement dans le but d’attirer le regard du plus grand nombre, tout en étant, il faut bien le reconnaître, aussi brûlante et troublante que le rouge vif dominant. Il en va de même du contenu, concentré hyper actuel de rock à guitares trafiquées, d’électro pop, de new wave, jouant sur les contrastes tout au long de 13 morceaux sans fioritures, aux mélodies hyper efficaces et inspirées. Cet album sans concession aucune pourrait bien parvenir pourtant à son objectif: séduire les masses.

Pas besoin d’artifices pour faire tenir debout « Hang on me » qui ouvre l’album. Les leçons du maître Prince ont été ici merveilleusement retenues. Sur une boite à rythme décharnée, quelques arrangements discrets tissent un cocon dans lequel la voix d’Annie Clark fait des merveilles. Car ce disque sera celui d’une chanteuse au meilleur de sa forme, capable de passer d’intonations à la Kate Bush à la rugosité de Chrissie Hynde sans coup férir, d’affoler les pistes de danse comme de susurrer une ballade fragile et touchante. « Pills » débute comme une comptine de film d’horreur, une ritournelle répétitive avant de se transformer en grande chanson pop qu’Annie s’offre le luxe de briser au beau milieu avant une fin lyrique, osant même le solo de saxophone. « Masseduction » est un concentré de guitares torturées, trafiquées, striant l’espace de grondements inquiétants tout en restant une chanson pop accessible sur laquelle la voix d’Annie s’envole dans les aigus. « Sugarboy » est une cavalcade électro dérangée taillée pour les pistes de danse juste avant que ne déboule la grande « Los Ageless », immense tube au refrain irrésistible. Sur un mid tempo implacable, la voix se fait se fait caressante, entêtante et remporte la mise haut la main. Il ne reste plus qu’à porter le coup de grâce avec la sublime ballade « Happy birthday Johnny » qui pourrait fonctionner en mode piano/voix tellement la chanson provoque les frissons. La face A s’achève, l’auditeur est KO.

La face B est du même acabit, à l’exception peut-être de « Fear the future », un peu trop artificielle et éprouvante mais le reste vole à haute altitude. Que ce soit avec « Savior », merveilleuse pépite pop, qui n’est pas sans rappeler le dernier Chairlift, en particulier sur le refrain où la voix tournoie, puis avec « New York » superbe chanson d’amour dans laquelle un piano s’écoule jusqu’au refrain relayé par un violon discret. Sur la fière et épique « Young lover », la voix d’Annie atteint des hauteurs insoupçonnées pour laisser ensuite l’album s’achever dans la douceur de deux titres magnifiques. « Slow disco » tout d’abord avec ses arrangements de cordes et sa mélodie automnale, « Smoking section » enfin, empreinte d’une profonde mélancolie, aux arrangements amples et majestueux débarrassés de tout artifice, qui s’achève sur la phrase répétée comme à bout de souffle « It’s not the end ».

Et pourtant si, c’est la fin, mais je sais que je remettrai souvent le disque au début car, comme les bons vins, gageons que cet album se bonifiera encore en vieillissant.

A écouter: Los Ageless – New York – Pills

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