LCD SOUNDSYSTEM – American dream
26 octobre, 2017 @ 4:01 Critiques albums 2017

LCD SOUNDSYSTEM – American dream – 2017

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6 ans après avoir fait ses adieux, James Murphy et son mythique LCD Soundsystem reviennent avec leur 4ème album « American dream« . Après avoir joué de la batterie sur « Blackstar » de Bowie, il parait que c’est ce dernier qui l’aurait encouragé à remettre le couvert. Quand une de vos idoles si ce n’est l’idole absolue vous donne un conseil, bien difficile de ne pas le suivre. Et pourtant les risques étaient nombreux pour Murphy de ne plus être totalement en phase avec son époque lui qui, depuis 2002, recueille toutes les louanges de la critique et du public pour sa musique aux confins de la dance, du rock et de l’électro. Cet album à la pochette zénithale est-il digne de l’attente, du passé du groupe et de l’annonce tapageuse de son titre, cependant fortement ironique.

« Oh baby » démarre le disque par 30 secondes de cliquetis qu’on jurerait sortis d’une montre à ressort comme s’il fallait de toute urgence rattraper le temps perdu. Puis une boucle électronique se met en place traversée par des notes sombres et sourdes de synthé. Sur ce titre électronique la voix de Murphy se livre en pleine lumière, contrastant par son naturel avec les couches synthétiques empilées. La chanson, ample et belle, dégage une forme de sérénité, de maturité qui ne fait que se renforcer à chaque écoute. « Other voices » qui suit est bien plus frénétique et dansant, sur une basse disco et une guitare élastique, Murphy scande ses mots. On croise très vite des percussions doublées de sonorités quasi orientales. Le titre, bien que globalement réussi, ne suscite aucune surprise, rappelant surtout les Talking Heads de « Remain in light« , qui, à l’époque en 1981, ont fait beaucoup mieux. Mais ne faisons pas la fine bouche, surtout que la suite va atteindre un niveau de qualité inespéré en premier lieu avec le formidable « I used to« . Le tempo est plus lent sur ce morceau où la voix de Murphy se fond dans les nappes de synthés tourbillonnants tandis que la rythmique, imperturbable, tourne et retourne en rond. Grand titre. Mais la suite s’avère encore supérieure avec peut-être le meilleur titre de l’album, l’extraordinaire et ultra Bowiesque « Change yr mind« . Sur ce morceau sombre et barré, Murphy retrouve des atmosphères croisées il y a longtemps sur le « Scary monsters » de Bowie, encore en 1981 tiens! On imagine très bien le Roi David venir poser sa voix sur cette mélodie complexe, lacérée par des traits de guitares quasi dissonants  qui s’appuient sur des rythmes mélangeant percussions et boites à rythmes. Si c’est un hommage, c’est réussi sans être un plagiat. Et on enchaîne avec les 9 minutes de « How do you sleep? » chanté quasiment à bout de souffle sur un tapis de percussions et de boucles électroniques légères avant que la chanson prenne une autre direction lancée par la batterie souple de Murphy. La fin sera fantastique lors d’une ascension tous instruments dehors. Un sacré tour de force et clé de voûte de l’album.

« Tonite » lance le disque 2 de la plus fulgurante des manières pour un tube pop impeccable propulsé par un synthé basse tout ce qu’il y a de plus addictif et sautillant. La voix se ballade au milieu d’arrangements subtils et liquides qui s’affolent et nous rentre dans la tête. Encore un énorme tube avec « Call the police » d’ailleurs lancé en éclaireur avant la sortie de l’album et retour des guitares pour ce qui risque de devenir un hymne en concert. On ne se lasse pas de ce titre presque rock, épique, aux guitares en étendard qui pourrait avoir été sorti par U2 si les irlandais étaient encore inspirés. On monte le son. Après cette montée de sève, il est temps de se reposer avec « American dream« , slow synthétique échappé d’une BO d’un film de David Lynch avec ses longs synthés aigus, sa boite à rythmes de baloches , ses synthés basse pneumatiques et ses choeurs au sirop. La chanson est un miracle d’équilibre entre le sublime et le gnan-gnan: totalement irrésistible donc! « Emotional haircut » envoie la sauce avec ses guitares un peu lourdaudes, sa batterie tout en roulements, ses choeurs scandés comme si on était en 1978. Pas totalement mauvais mais tout de même bien en dessous de l’incroyable série dont on sort juste. On passe pour terminer par « Black screen« , ballade synthétique et nocturne qui rappelle la deuxième face de « Low » (1977), le chef d’oeuvre absolu de Bowie, décidément influence majeure de cet album. La voix, légèrement étouffée, se pose sur ce lit de sons très travaillés. Le titre clôt l’album de la plus classe des façons et s’achève en un long instrumental synthétique, rehaussés de quelques notes de piano. Magnifique.

Alors oui, à la façon de sa pochette, LCD Soundsystem peut regarder vers le haut, avec fierté pour ce retour de haut niveau, d’une maturité totale. Murphy ne cherche pas à « faire jeune », en accord avec ses 47 balais et ses cheveux grisonnants. Mais ces derniers ne sont toujours pas coiffés et , s’il s’inspire du passé, Murphy est toujours en recherche et en cela met la pâtée à bien des jeunots.

À écouter: Call the police – Change yr mind – Tonite

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