Grizzly Bear – Painted ruins
6 octobre, 2017 @ 12:48 Critiques albums 2017

Grizzly Bear – Painted ruins – 2017

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Tout commence par un bourdonnement sourd qui s’éclaircit petit à petit, sur lequel la voix limpide d’Ed Droste vient tisser une mélodie complexe. Ainsi débute « Wasted acres« , premier titre du 5ème album de Grizzly Bear, le quatuor américain, après les acclamés « Veckatimest » et « Shields« . Complexe est bien le terme qui résume le mieux ce nouvel album et  les 11 titres qu’il contient. Musicalement, l’atmosphère générale, malgré quelques incursions électroniques, reste très déterminée par les instruments traditionnels nombreux et variés: batterie; basse; guitares; claviers; piano; orgue; clarinette; flute et j’en passe. Il en résulte une richesse voire même une luxuriance sonore jamais emphatique que la voix de Droste se charge d’envelopper au mieux. Une chose est certaine, le disque ne se livre pas de prime abord. Mieux, il faut de nombreuses écoutes successives pour que chaque titre dévoile ses secrets: mélodies complexes (encore!); arrangements subtils et délicats; changements d’ambiances; moments passés tout d’abord inaperçus qui deviennent ensuite des perles d’émotions. Du côté des influences c’est évidemment vers Radiohead qu’il faut se tourner tant le quintet anglais semble inspirer, par sa volonté à atteindre les cimes , les musiciens de Grizzly Bear. Le magnifique « Neighbors » qui ouvre la face 4 en est le reflet le plus évident. C’est un titre qui rappelle par sa construction et l’incroyable émotion qui se dégage du chant de Droste, rien moins que « OK computer« . Comme Radiohead, Grizzly Bear n’hésite pas à donner à sa musique une forme progressive sans les lourdeurs souvent inhérentes au genre.

« Wasted acres » placée en tête d’album est une merveilleuse déambulation nocturne subtilement électro que les pulsations de « Morning sound » viendront réveiller pour le titre le plus enlevé de l’album qui peut prétendre au titre de single par son évidence et son refrain accrocheur. « Four cypresses » et « Three rings » qui suivent sont l’archétype des chansons de Grizzly Bear. Construites comme des morceaux progressifs, aux mélodies bien difficiles à chanter sous la douche, elles ne se révèlent que sur la longueur. On y trouve des moments de grâce mais on ne peut se départir de l’idée qu’un peu plus de simplicité ne leur aurait pas fait de mal. Enfin c’est chercher la petite bête pour autant de classe et d’idées d’arrangements, de mélodies. « Losing all sense » revient d’ailleurs à cette simplicité mélodique, simplicité toute relative on n’est pas chez Christophe Maé non plus!! Comme souvent chez Grizzly Bear, la fin du morceau est assez prodigieuse. Ainsi s’achève le premier disque dont on mesure à la fois la complexité, qui fait qu’on sait qu’il faudra y revenir souvent pour l’apprécier dans sa pleine mesure, mais aussi l’incroyable talent de ce groupe à l’inspiration toujours aussi fertile.

Cependant, soyons honnête, tout réussi que soit ce « Painted ruins« , il n’atteint pas cette grâce qu’a souvent tutoyée Radiohead. Cependant qui peut prétendre à égaler Radiohead aujourd’hui? C’est sur le deuxième disque que l’on trouve les plus grands moments de l’album. La face 3 débute par l’intro prog et un peu pachydermique de « Aquarian » heureusement bien allégée par une batterie aérienne et une mélodie superbe. « Cut out » est un des titres les plus évidents de l’album. Arrangements dépouillés, guitare, choeurs et superbe mélodie qui prendra ensuite un autre tour, une autre couleur comme souvent sur cet album. Ces évolutions fréquentes des chansons qui en font la complexité et la richesse sont aussi la raison pour laquelle elles ne se dévoilent que lentement au fil des écoutes. Les 4 derniers morceaux du disque sont tous somptueux sans réserve. « Glass hillside » qui au détour d’un couplet évoque Steely Dan jusqu’à ce que la batterie se contente de quelques frémissements de cymbales, « Neighbors » déjà évoqué plus haut, l’extraordinaire « Systole » dans laquelle on mesure à quel point Grizzly Bear sait installer une atmosphère avec peu de choses. L’album s’achève avec « Sky took hold » superbe ballade striée de giclées de synthés, hachée de ruptures de rythmes.

Grizzly Bear livre donc avec « Painted ruins » un disque dont on serait bien en peine d’extraire un mauvais titre. Ici le foisonnement d’idées d’arrangements, de mélodies n’est jamais un obstacle au surgissement de l’émotion même si celle-ci se mérite, se cache au détour de ces titres hyper construits. De la belle ouvrage comme on dit!

À écouter: Neighbors – Morning sound – Systole

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