posts de octobre 2017


LCD SOUNDSYSTEM – American dream

LCD SOUNDSYSTEM – American dream – 2017

lcd_s

 

6 ans après avoir fait ses adieux, James Murphy et son mythique LCD Soundsystem reviennent avec leur 4ème album « American dream« . Après avoir joué de la batterie sur « Blackstar » de Bowie, il parait que c’est ce dernier qui l’aurait encouragé à remettre le couvert. Quand une de vos idoles si ce n’est l’idole absolue vous donne un conseil, bien difficile de ne pas le suivre. Et pourtant les risques étaient nombreux pour Murphy de ne plus être totalement en phase avec son époque lui qui, depuis 2002, recueille toutes les louanges de la critique et du public pour sa musique aux confins de la dance, du rock et de l’électro. Cet album à la pochette zénithale est-il digne de l’attente, du passé du groupe et de l’annonce tapageuse de son titre, cependant fortement ironique.

« Oh baby » démarre le disque par 30 secondes de cliquetis qu’on jurerait sortis d’une montre à ressort comme s’il fallait de toute urgence rattraper le temps perdu. Puis une boucle électronique se met en place traversée par des notes sombres et sourdes de synthé. Sur ce titre électronique la voix de Murphy se livre en pleine lumière, contrastant par son naturel avec les couches synthétiques empilées. La chanson, ample et belle, dégage une forme de sérénité, de maturité qui ne fait que se renforcer à chaque écoute. « Other voices » qui suit est bien plus frénétique et dansant, sur une basse disco et une guitare élastique, Murphy scande ses mots. On croise très vite des percussions doublées de sonorités quasi orientales. Le titre, bien que globalement réussi, ne suscite aucune surprise, rappelant surtout les Talking Heads de « Remain in light« , qui, à l’époque en 1981, ont fait beaucoup mieux. Mais ne faisons pas la fine bouche, surtout que la suite va atteindre un niveau de qualité inespéré en premier lieu avec le formidable « I used to« . Le tempo est plus lent sur ce morceau où la voix de Murphy se fond dans les nappes de synthés tourbillonnants tandis que la rythmique, imperturbable, tourne et retourne en rond. Grand titre. Mais la suite s’avère encore supérieure avec peut-être le meilleur titre de l’album, l’extraordinaire et ultra Bowiesque « Change yr mind« . Sur ce morceau sombre et barré, Murphy retrouve des atmosphères croisées il y a longtemps sur le « Scary monsters » de Bowie, encore en 1981 tiens! On imagine très bien le Roi David venir poser sa voix sur cette mélodie complexe, lacérée par des traits de guitares quasi dissonants  qui s’appuient sur des rythmes mélangeant percussions et boites à rythmes. Si c’est un hommage, c’est réussi sans être un plagiat. Et on enchaîne avec les 9 minutes de « How do you sleep? » chanté quasiment à bout de souffle sur un tapis de percussions et de boucles électroniques légères avant que la chanson prenne une autre direction lancée par la batterie souple de Murphy. La fin sera fantastique lors d’une ascension tous instruments dehors. Un sacré tour de force et clé de voûte de l’album.

« Tonite » lance le disque 2 de la plus fulgurante des manières pour un tube pop impeccable propulsé par un synthé basse tout ce qu’il y a de plus addictif et sautillant. La voix se ballade au milieu d’arrangements subtils et liquides qui s’affolent et nous rentre dans la tête. Encore un énorme tube avec « Call the police » d’ailleurs lancé en éclaireur avant la sortie de l’album et retour des guitares pour ce qui risque de devenir un hymne en concert. On ne se lasse pas de ce titre presque rock, épique, aux guitares en étendard qui pourrait avoir été sorti par U2 si les irlandais étaient encore inspirés. On monte le son. Après cette montée de sève, il est temps de se reposer avec « American dream« , slow synthétique échappé d’une BO d’un film de David Lynch avec ses longs synthés aigus, sa boite à rythmes de baloches , ses synthés basse pneumatiques et ses choeurs au sirop. La chanson est un miracle d’équilibre entre le sublime et le gnan-gnan: totalement irrésistible donc! « Emotional haircut » envoie la sauce avec ses guitares un peu lourdaudes, sa batterie tout en roulements, ses choeurs scandés comme si on était en 1978. Pas totalement mauvais mais tout de même bien en dessous de l’incroyable série dont on sort juste. On passe pour terminer par « Black screen« , ballade synthétique et nocturne qui rappelle la deuxième face de « Low » (1977), le chef d’oeuvre absolu de Bowie, décidément influence majeure de cet album. La voix, légèrement étouffée, se pose sur ce lit de sons très travaillés. Le titre clôt l’album de la plus classe des façons et s’achève en un long instrumental synthétique, rehaussés de quelques notes de piano. Magnifique.

Alors oui, à la façon de sa pochette, LCD Soundsystem peut regarder vers le haut, avec fierté pour ce retour de haut niveau, d’une maturité totale. Murphy ne cherche pas à « faire jeune », en accord avec ses 47 balais et ses cheveux grisonnants. Mais ces derniers ne sont toujours pas coiffés et , s’il s’inspire du passé, Murphy est toujours en recherche et en cela met la pâtée à bien des jeunots.

À écouter: Call the police – Change yr mind – Tonite

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Grizzly Bear – Painted ruins

Grizzly Bear – Painted ruins – 2017

grizzly-bear-painted

 

Tout commence par un bourdonnement sourd qui s’éclaircit petit à petit, sur lequel la voix limpide d’Ed Droste vient tisser une mélodie complexe. Ainsi débute « Wasted acres« , premier titre du 5ème album de Grizzly Bear, le quatuor américain, après les acclamés « Veckatimest » et « Shields« . Complexe est bien le terme qui résume le mieux ce nouvel album et  les 11 titres qu’il contient. Musicalement, l’atmosphère générale, malgré quelques incursions électroniques, reste très déterminée par les instruments traditionnels nombreux et variés: batterie; basse; guitares; claviers; piano; orgue; clarinette; flute et j’en passe. Il en résulte une richesse voire même une luxuriance sonore jamais emphatique que la voix de Droste se charge d’envelopper au mieux. Une chose est certaine, le disque ne se livre pas de prime abord. Mieux, il faut de nombreuses écoutes successives pour que chaque titre dévoile ses secrets: mélodies complexes (encore!); arrangements subtils et délicats; changements d’ambiances; moments passés tout d’abord inaperçus qui deviennent ensuite des perles d’émotions. Du côté des influences c’est évidemment vers Radiohead qu’il faut se tourner tant le quintet anglais semble inspirer, par sa volonté à atteindre les cimes , les musiciens de Grizzly Bear. Le magnifique « Neighbors » qui ouvre la face 4 en est le reflet le plus évident. C’est un titre qui rappelle par sa construction et l’incroyable émotion qui se dégage du chant de Droste, rien moins que « OK computer« . Comme Radiohead, Grizzly Bear n’hésite pas à donner à sa musique une forme progressive sans les lourdeurs souvent inhérentes au genre.

« Wasted acres » placée en tête d’album est une merveilleuse déambulation nocturne subtilement électro que les pulsations de « Morning sound » viendront réveiller pour le titre le plus enlevé de l’album qui peut prétendre au titre de single par son évidence et son refrain accrocheur. « Four cypresses » et « Three rings » qui suivent sont l’archétype des chansons de Grizzly Bear. Construites comme des morceaux progressifs, aux mélodies bien difficiles à chanter sous la douche, elles ne se révèlent que sur la longueur. On y trouve des moments de grâce mais on ne peut se départir de l’idée qu’un peu plus de simplicité ne leur aurait pas fait de mal. Enfin c’est chercher la petite bête pour autant de classe et d’idées d’arrangements, de mélodies. « Losing all sense » revient d’ailleurs à cette simplicité mélodique, simplicité toute relative on n’est pas chez Christophe Maé non plus!! Comme souvent chez Grizzly Bear, la fin du morceau est assez prodigieuse. Ainsi s’achève le premier disque dont on mesure à la fois la complexité, qui fait qu’on sait qu’il faudra y revenir souvent pour l’apprécier dans sa pleine mesure, mais aussi l’incroyable talent de ce groupe à l’inspiration toujours aussi fertile.

Cependant, soyons honnête, tout réussi que soit ce « Painted ruins« , il n’atteint pas cette grâce qu’a souvent tutoyée Radiohead. Cependant qui peut prétendre à égaler Radiohead aujourd’hui? C’est sur le deuxième disque que l’on trouve les plus grands moments de l’album. La face 3 débute par l’intro prog et un peu pachydermique de « Aquarian » heureusement bien allégée par une batterie aérienne et une mélodie superbe. « Cut out » est un des titres les plus évidents de l’album. Arrangements dépouillés, guitare, choeurs et superbe mélodie qui prendra ensuite un autre tour, une autre couleur comme souvent sur cet album. Ces évolutions fréquentes des chansons qui en font la complexité et la richesse sont aussi la raison pour laquelle elles ne se dévoilent que lentement au fil des écoutes. Les 4 derniers morceaux du disque sont tous somptueux sans réserve. « Glass hillside » qui au détour d’un couplet évoque Steely Dan jusqu’à ce que la batterie se contente de quelques frémissements de cymbales, « Neighbors » déjà évoqué plus haut, l’extraordinaire « Systole » dans laquelle on mesure à quel point Grizzly Bear sait installer une atmosphère avec peu de choses. L’album s’achève avec « Sky took hold » superbe ballade striée de giclées de synthés, hachée de ruptures de rythmes.

Grizzly Bear livre donc avec « Painted ruins » un disque dont on serait bien en peine d’extraire un mauvais titre. Ici le foisonnement d’idées d’arrangements, de mélodies n’est jamais un obstacle au surgissement de l’émotion même si celle-ci se mérite, se cache au détour de ces titres hyper construits. De la belle ouvrage comme on dit!

À écouter: Neighbors – Morning sound – Systole

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Listecds |
Projet Ouroboros |
Kim Wilde 2017 / MiniKim |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Graines de son
| Lerapetsonevolution
| Clipfr