Fleet Foxes – Crack up
3 août, 2017 @ 12:23 Critiques albums 2017

Fleet Foxes – Crack up – 2017

crack-up

 

Il parait que l’accouchement de ce 3ème album des Fleet Foxes, dont Robin Pecknold est le cerveau, fut des plus difficiles. Rien d’étonnant tant le groupe, avec ses deux premiers albums « Fleet Foxes » en 2008 et surtout l’immense « Helplessness blues » en 2011, avait placé haut la barre devenant sans doute le plus grand groupe d’Indie folk au monde même si l’étiquette est réductrice. Comment ne pas sombrer devant la beauté de ces deux albums, acoustiques dans les arrangements mais dont les harmonies vocales sublimes et complexes propulsaient les chansons vers le ciel? Les membres du groupe ont perdu leur barbe trop connotée sans doute avec le renouveau du folk auquel ils ont contribué et ont travaillé longtemps pour proposer une suite à la hauteur. Cela valait le coup d’attendre tant « Crack up » est une réussite incontestable. La magnifique photo de pochette illustre assez bien ce qu’est aujourd’hui la musique du groupe, en prise avec les éléments naturels mais loin d’être apaisée ou encore moins aseptisée ou monochrome. On retrouve donc la sublime et caractéristique signature sonore du groupe faite d’harmonies vocales célestes sur des arrangements folk d’une complexité et d’une richesse instrumentale plus poussée qu’auparavant. La liste des instruments utilisés est d’ailleurs impressionnante depuis les traditionnelles guitares acoustiques aux cordes en passant par les claviers, les synthés, les vents, les percussions, … La structure même des chansons est souvent, comme dans « Helplessness blues » complexe mais les trouvailles mélodiques ne sont jamais sacrifiées. « Crack up » ne se livre donc pas d’emblée et nécessite plusieurs écoutes afin d’en pénétrer toutes les splendeurs mais le plaisir en est évidemment d’autant plus grand.

Le disque début par le triptyique « I am all that I need / Arroyo seco / Thumprint car » même s’il est difficile de dissocier les trois parties imbriquées les unes dans les autres. Après quelques dizaines de secondes murmurées, contenues, c’est l’explosion des guitares folks auxquelles des choeurs superbes viennent s’ajouter. Le titre est fréquemment brisé par des arrêts brusques mais brefs mais les guitares reprennent aussitôt soutenues plus tard par des envolées de cordes. Plus tard une mélodie apaisée et lumineuse fera dresser les poils sur les bras. C’est un titre d’une grande variété et d’une grande complexité, imposant par sa construction et son orchestration qui sera à l’image de l’album. « Cassius » qui le suit est un chef d’oeuvre d’une beauté intemporelle, aux sublimes arrangements de cordes, de flutes sur une pulsation de basse et bruits d’eau. La mélodie est superbe et monte en intensité jusqu’au fantastique final instrumental: du très grand Fleet Foxes. On enchaîne sans répit avec « Naiads, Cassadies » beaucoup plus dépouillée dans sa première partie mais qui s’étoffe ensuite avec un piano et un violon amples. Toujours pas de faux pas avec ce troisième titre toujours aussi inspiré. Et ce n’est pas le sublime « Kept woman » qui fera baisser le niveau d’ensemble. Les harmonies vocales dans la plus pure tradition du groupe maintiennent une sublime mélodie en apesanteur sur quelques arpèges de guitare acoustique. Vient ensuite le dyptique massif et central « Third of may / Odaigahara » pour plus de 8mn d’une beauté et d’une intensité à couper le souffle. La chanson évolue, se brise, redémarre avant de se diluer lors d’une fin contemplative où l’on peut entendre du shamisen, un instrument japonais. Après ce monument « If you need to, keep time on me » pourrait apparaître plus anodine avec son piano et ses guitares acoustiques, elle n’en est pas moins une vraie réussite, apaisée, simple. « Mearcstapa » et sa mélodie peu accessible semble en retrait des morceaux précédents mais ses qualités se nichent dans le détail d’arrangements toujours brillants et inventifs. « On another ocean (january / June) » construite elle aussi en deux parties ne se livre pas non plus facilement en particulier dans sa première partie. Il faut attendre la partie « June » et le départ d’une batterie pour accrocher et surtout une fin au cours de laquelle la voix s’élève très haut. Le magnifique « Fool’s errand » au rythme marqué ramène l’album sur des terrains plus hospitaliers. Le refrain en particulier rompt le rythme pour laisser les voix s’envoler. Le presque murmuré « I should see Memphis » se glisse dans un écrin de cordes et de guitares acoustiques et on se surprend à lui trouver alors de curieuses affinités avec le dernier Radiohead. il faut dire que la bande à Thom Yorke n’a sans doute pas été insensible au folk céleste des Fleet Foxes. On entend des percussions et des cuivres sur le somptueux « Crack up » qui clôt le disque avant que des voix plus divines que jamais emportent le titre vers des hauteurs d’une beauté stupéfiante. Mais comme rien n’est aisé sur cet album, c’est au ralenti que le titre se termine et même sur des bruits de pas, un souffle…

Il parait que le prochain est déjà en chantier comme si « Crack up » avait libéré ses auteurs d’un poids, celui d’être condamnés à toujours mieux faire. Aujourd’hui ils ont acquis cette liberté de haute lutte, « Crack up » se pose là, impérial même si difficile, il gagne à chaque écoute, révèle petit à petit ses splendeurs à qui veut bien s’en donner la peine, cette peine qu’il aura coûté au groupe pour le concevoir. Mais pour un tel résultat, le jeu en vaut la chandelle.

À écouter: Cassius – Fool’s errand – Third of may / Odaigahara

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