posts de août 2017


Arcade Fire – Everything now

Arcade Fire – Everything now – 2017

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En 4 albums, Arcade Fire est devenu énorme à tous points de vue: succès critique, succès public, concerts intenses, prix tous azimuts et s’est imposé en un peu plus de 10 ans comme un des grands groupes de la décennie sans jamais concéder un seul pouce de terrain créatif aux sirènes de la gloire. Quiconque les a vus sur scène peut témoigner de cette incroyable alchimie qui soude le gang canadien dont le couple Win Butler-Régine Chassagne est le noyau fondateur, de cette énergie qui les possède et qu’ils transmettent à leur public en changeant en permanence d’instruments, en entonnant des choeurs tous ensemble (pas moins de 8 musiciens sur scène). Arcade Fire a donc définitivement marqué la musique pop rock par un style quasi lyrique qui a cependant évolué, et c’est tant mieux, d’album en album. Après l’immense « Reflektor » de 2013, fascinant labyrinthe porté entre autres par l’extraordinaire chanson-titre, et au sein duquel un passionnant virage dance et électronique avait été opéré, même si on peut faire remonter cette évolution à la chanson « Sprawl II » présente sur le 3ème album « The suburbs« , revoilà donc Arcade Fire avec « Eveything now« , leur 5ème livraison, attendue par beaucoup, dont je fais partie, comme le messie.

On a pu s’apercevoir, à travers la campagne de promotion de l’album, à quel point Arcade Fire avait changé de dimension commercialement parlant. L’album est un objet dont la sortie aura été orchestrée comme jamais autour de la sortie du premier single, la chanson-titre, également dévoilée pendant les concerts de l’été. L’objectif de la maison de disque et peut-être du groupe semble clair: réaliser un carton en termes de ventes, toucher le grand public. Au vu du nombre de diffusions quotidiennes du titre à la radio anglaise cet été, on peut légitimement penser que celui-ci a de bonnes chances d’être atteint. D’ailleurs il est intéressant de noter à quel point le titre du disque tient à la fois du slogan publicitaire, d’une formule ironique visant justement les désirs factices générés par la société de consommation et peut-être aussi de cette envie de succès grand public qui, seul, manque désormais au groupe. Les notes de pochette indiquent à quel point tout a été mis en oeuvre pour y parvenir avec la présence à la co production de Thomas Bangalter, moitié de Daft Punk mais aussi de Steve Mackey de Pulp,des interventions de Geoff Barrow de Portishead et même de Daniel Lanois. Alors que vaut vraiment ce 5ème album d’Arcade Fire? Est-il à la hauteur de l’attente générée, de la réputation désormais faite du groupe? Il faut s’y plonger, l’éprouver pour savoir ce qu’il a dans le ventre!

« Everything now » est un album resserré par rapport aux deux précédents: 2 faces, 10 titres puisque le 11ème n’est que la reprise et la continuation du premier. Il faut bien dire tout de suite que musicalement il ne reste plus grand chose de l’Arcade Fire première manière, celui de l’époque des deux premiers albums « Funeral » et « Neon bible« , de ce rock lyrique et intense, tout en étant complexe et sombre. Ici pas de longs titres non plus, on va à l’essentiel sur des arrangements qui risquent d’en surprendre plus d’un, qui font appel aux sons électro, aux rythmes disco, funk et même reggae sans se départir cependant d’une certaine mélancolie, enveloppe sonore d’un discours de plus en plus critique sur la société actuelle. Les fans de la première heure vont renâcler, les puristes vont  s’enfuir à toutes jambes. Mais s’il n’y avait que des puristes, rien, jamais, n’évoluerait. Alors…

Alors le disque s’ouvre sur un embryon de chanson qui sera développé et terminé plus tard, manières d’entrer puis de sortir de l’album par la même porte. « Everything now (continued) » donc et ses nappes synthétiques a pour but de placer sur orbite le single. Il y parvient un peu à  la manière du « Money for nothing« , la vieille râpe de Dire Straits, le son monte, monte puis se coupe brusquement avant le vrai départ. Et c’est parti pour « Everything now » single absolument irrésistible porté par ses 5 notes de pianos, son sample de flute, sa guitare rythmique électro acoustique, des nappes électro et une basse assumant totalement le côté disco et dansant de la chose. La voix de Win Butler et la mélodie apportent le petit plus de mélancolie et l’affaire est emballée. C’est l’archétype du tube qui reste en tête quoi qu’on y fasse, qui fait taper du pied quoi qu’on y fasse, qui fonctionne à coup sûr en concert, comme j’ai pu le constater à Fourvières alors que peu connaissaient encore le morceau, avant même la sortie de l’album. On comprend dès lors ce que sont allés chercher les Arcade Fire du côté de Daft Punk, cette efficacité, cette science du tube instantané, cette simplicité évidente pourtant si difficile à obtenir. Ecoutez « Everything now » (le titre) une fois et vous êtes faits! Sûrement que ce titre sera le plus gros succès commercial du groupe, peut-être qu’avec le recul on se rendra compte qu’il aura été le début de la fin, ou un nouveau départ? C’est impossible à dire. On enchaîne avec les sirènes de « Signs of life« , vite supplantées par des claps frénétiques rejoints à leur tour par une basse énorme, des giclées de saxophone et une boite à rythmes décharnée. Dès lors Win Butler entonne une espèce de funk rap, doublé par la voix de Régine et le morceau monte en intensité avec un objectif: la piste de danse! On y entendra des congas, des synthès bouillants pour un titre fantastique et plus complexe que le single cité plus haut. Une boucle électronique grésillante lance « Creature comfort« , titre rodé sur scène également en juin à Fourvières. Très électronique avec ses synthès hurlants et répétitifs, scandé par Win Butler, secondé par la voix haut perchée de Régine dans des choeurs hallucinés, le morceau semble taillé pour la scène avec sa longue montée répétitive où viennent s’agréger petit à petit instruments et voix beuglées tous ensemble. Sur disque le titre laisse un sentiment partagé car il est exaltant au possible mais un peu trop pachydermique sur la longueur pour ne pas quelque peu fatiguer l’auditeur. Les ficelles sont un peu grosses parfois mais on accordera le bénéfice du doute pour ce morceau qui clôt une entrée en matière tonitruante, surprenante, dansante. Arcade Fire est devenu définitivement plus accessible, veut faire danser, fédérer et semble prêt pour les stades ce qui, par contre, n’est pas une bonne nouvelle. « Peter Pan » qui suit est une espèce de reggae déglingué avec ses synthés qui tombent en vrilles aigues et sa batterie malade. Ces arrangements sont le principal intérêt car ils introduisent une vraie étrangeté qui manquait jusque là sur l’album. Le titre est intéressant sans être exceptionnel, peut-être gagnera-t-il à la longue. C’est encore un titre à dominante reggae qui se présente avec « Chemistry« . Le saxophone soutient Win Butler sur des couplets qui, sans être renversants, font toujours taper du pied mais le titre se vautre lamentablement quand arrive l’affreux refrain, gonflé par des riffs de guitare dignes d’Aerosmith qu’on imagine repris en choeurs par des hordes de barbus pleins de bière (mais non je n’ai rien contre les barbus, c’est pour visualiser!). Mais le pire est à venir avec la bouillie pseudo punk d’ »Infinite content » – plus bourrin tu meurs – à l’horrible solo de synthé tout droit sorti de mes pires souvenirs de rock FM des années 80, à la batterie de bûcheron (pardon pour les bûcherons aussi et donc pour les bûcherons barbus!). À quoi joue Arcade Fire pour sortir un titre digne d’un groupe d’adolescents jouant dans son garage pour s’éclater? Heureusement le titre s’achève en douceur, ambiance folk détendue et mille fois plus subtile. Bilan contrasté donc pour cette face A qui est partie pied au plancher pour finir par sortir salement de la route sans que l’on comprenne la cohérence entre son début et la fin. On tourne le disque.

J’aime beaucoup cet « Electric blue » très électronique encore et dépouillé autour de boucles tournoyantes et de quelques riffs très funk. Arcade Fire repart sur la piste de danse en renouant sur ce morceau chanté par Régine avec l’atmosphère de « Sprawl II » à savoir une chanson à la fois mélancolique et dansante. Encore mieux ensuite est « Good god damn » véritable très grand morceau construit sur une basse ronde et caoutchouteuse, une guitare légèrement distordue et incisive qui ne la ramène pas, une discrète nappe de clavier et surtout porté par l’immense chant de Win Butler. On pense avec ce titre parfois aux périodes calmes de certaines chansons des Pixies et on en redemande! La face B semble être d’une autre tenue ce que confirme le 2ème tube imparable du disque qu’est « Put your money on me » car il faut s’y habituer, Arcade Fire est désormais une machine à tubes électro pop hautement addictifs. Certains feront peut-être la fine bouche devant ces refrains qui font penser à ABBA, mais le résultat est là, sitôt terminé on remet le titre au début jusqu’à sa fin jouissive. La rythmique est Daft Punkienne en diable, les choeurs soulignent les phrases juste comme il faut, la mélodie est irrésistible, on a envie d’écouter ça à fond la caisse dans une caisse justement les cheveux au vent. La face va se terminer en douceur avec « We don’t deserve love« , superbe ballade mélancolique et électronique que des claviers vrillés soutiennent, que quelques discrètes notes de piano éclairent avant de trouver la lumière sur le très beau refrain. Win Butler fait étalage de tout son talent en allant chercher des tessitures aiguës sur la fin du titre et c’est magnifique. Il ne reste plus qu’à boucler la boucle en reprenant la porte « Everything now (continued) » empruntées au début, qui est une déclinaison du tube du même nom, la soirée est finie, il ne reste que quelques personnes assises au bord de la piste de danse, et les violons pleurent pendant que les fêtards quittent la salle pour clore une face B de toute beauté.

Alors oui, il faut reconnaître et accepter la volonté du groupe d’avoir voulu produire un blockbuster avec ses qualités, son savoir faire, ses fulgurances géniales mais aussi ses grosses ficelles parfois, sa lourdeur aussi. Je ne peux m’empêcher de regretter ces quelques titres qui affaiblissent vraiment le niveau d’ensemble et sont regroupés sur la deuxième partie de la face A. Je ne sais pas comment l’album résistera à l’épreuve du temps, recèle-t-il assez de richesses cachées pour cela? Rien n’est moins sûr mais une chose est certaine, Arcade Fire ne se repose par sur ses acquis, le groupe poursuit son chemin, avance, toujours. Va-t-il désormais sacrifier aux impératifs du succès? Mystère mais si c’est pour produire les tubes pop que contient « Everything now« , qui s’en plaindra? Pas moi.

À écouter: Everything now (continued)/Everything now – Put your money on me – Good God Damn

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Cigarettes after sex

Cigarettes After Sex – 2017

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La cigarette après l’amour évoque à la fois la satisfaction du désir accompli dans une sorte de plénitude langoureuse mais aussi un cliché masculin un peu péjoratif de celui qui savoure le plaisir qu’il a su donner, cette confiance en soi un peu hautaine qui confine plus à la routine qu’à l’emportement des sens. Il y a un peu des deux dans ce premier album du groupe américain de Greg Gonzalez qui a connu le fulgurant succès sur internet avant même de publier cet album. La formule est classique: guitares, clavier, basse et batterie mais le tout joué comme au ralenti, dans une atmosphère cotonneuse, langoureuse et encore remplie de l’amour à peine consommé. Il parait que Gonzalez a trouvé le son de ce disque en entendant ses pas dans une cage d’escaliers ce qui explique cette légère mais permanente réverbération, cet écho discret qui donne de l’amplitude à sa musique. On cherchera en vain un membre féminin dans le groupe, ce que l’on aurait pourtant juré en entendant le chant de Greg Gonzalez et qui, du coup, apporte une touche d’originalité, dans un album qui en manque cruellement par ailleurs. L’évidente comparaison qui vient à l’esprit dès la première écoute est l’extraordinaire groupe de la chanteuse Hope Sandoval, Mazzy Star. Au détriment de Cigarettes After Sex car là où Mazzy Star, dans un registre assez semblable, troublait au plus haut point (il suffit pour s’en persuader d’écouter par exemple le sublimissime   »Fade into you » ici https://youtu.be/IWvEXChflEE) nos fumeurs se contentent de séduire, de distiller un plaisir indéniable mais sans surprise, sans débordements, sans frissons ou presque, trop consensuel pour bouleverser mais suffisamment intéressant pour y prêter une oreille attentive.

Il est dès lors difficile de distinguer des titres parmi les 10 ici proposés. Si chacun est irréprochable, par la beauté subtile qu’il distille, par sa capacité à installer l’auditeur dans un confort rassurant et chaleureux, l’écoute des 10 chansons d’affilée produit un curieux effet de monotonie et donc à la longue d’ennui. Le plaisir est donné à coup sûr mais sans forcer, sans jamais se mettre en danger au point de changer une formule qui fonctionne à chaque fois. Alors en effet, que reprocher à des titres aussi beaux que « K.« , « Each time you fall in love« , « Apocalypse« , « Opera house« ou encore « Truly« , incontestables réussites? Rien quand on les prend les uns indépendamment des autres. Par contre, écoutez l’album en entier et vous vous surprendrez à bailler, à décrocher sans vous en apercevoir, à ne plus vous rendre compte que ce n’est pas toujours le même titre que vous entendez. Curieux paradoxe mais qui finalement illustre assez bien la formule qui donne son titre à l’album: le plaisir qui très vite débouche sur la routine.

Tout le monde va aimer Cigarettes After Sex, il sera, il est sûrement déjà, le disque parfait des soirées branchées, suffisamment passepartout pour se glisser en fond sonore des conversations mais aussi pour accompagner le spleen d’étudiants solitaires dans leur chambre riquiqui, à la fois mélancolique et confortable, ténébreux et rassurant. Alors oui, ces chansons sont souvent très belles, rien à redire, pourtant j’aurais aimé que parfois, le frisson prenne le pas sur le savoir-faire, qu’il y ait plus d’une idée d’arrangements sur l’album, que ces mélodies soient bousculées, perturbées que sais-je! En un mot que la passion soit reine là où finalement la tranquillité est maitresse des lieux. Mais pour cela c’est chez Mazzy Star qu’il faut aller.

À écouter : K. – Each time you fall in love – Apocalypse

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Fleet Foxes – Crack up

Fleet Foxes – Crack up – 2017

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Il parait que l’accouchement de ce 3ème album des Fleet Foxes, dont Robin Pecknold est le cerveau, fut des plus difficiles. Rien d’étonnant tant le groupe, avec ses deux premiers albums « Fleet Foxes » en 2008 et surtout l’immense « Helplessness blues » en 2011, avait placé haut la barre devenant sans doute le plus grand groupe d’Indie folk au monde même si l’étiquette est réductrice. Comment ne pas sombrer devant la beauté de ces deux albums, acoustiques dans les arrangements mais dont les harmonies vocales sublimes et complexes propulsaient les chansons vers le ciel? Les membres du groupe ont perdu leur barbe trop connotée sans doute avec le renouveau du folk auquel ils ont contribué et ont travaillé longtemps pour proposer une suite à la hauteur. Cela valait le coup d’attendre tant « Crack up » est une réussite incontestable. La magnifique photo de pochette illustre assez bien ce qu’est aujourd’hui la musique du groupe, en prise avec les éléments naturels mais loin d’être apaisée ou encore moins aseptisée ou monochrome. On retrouve donc la sublime et caractéristique signature sonore du groupe faite d’harmonies vocales célestes sur des arrangements folk d’une complexité et d’une richesse instrumentale plus poussée qu’auparavant. La liste des instruments utilisés est d’ailleurs impressionnante depuis les traditionnelles guitares acoustiques aux cordes en passant par les claviers, les synthés, les vents, les percussions, … La structure même des chansons est souvent, comme dans « Helplessness blues » complexe mais les trouvailles mélodiques ne sont jamais sacrifiées. « Crack up » ne se livre donc pas d’emblée et nécessite plusieurs écoutes afin d’en pénétrer toutes les splendeurs mais le plaisir en est évidemment d’autant plus grand.

Le disque début par le triptyique « I am all that I need / Arroyo seco / Thumprint car » même s’il est difficile de dissocier les trois parties imbriquées les unes dans les autres. Après quelques dizaines de secondes murmurées, contenues, c’est l’explosion des guitares folks auxquelles des choeurs superbes viennent s’ajouter. Le titre est fréquemment brisé par des arrêts brusques mais brefs mais les guitares reprennent aussitôt soutenues plus tard par des envolées de cordes. Plus tard une mélodie apaisée et lumineuse fera dresser les poils sur les bras. C’est un titre d’une grande variété et d’une grande complexité, imposant par sa construction et son orchestration qui sera à l’image de l’album. « Cassius » qui le suit est un chef d’oeuvre d’une beauté intemporelle, aux sublimes arrangements de cordes, de flutes sur une pulsation de basse et bruits d’eau. La mélodie est superbe et monte en intensité jusqu’au fantastique final instrumental: du très grand Fleet Foxes. On enchaîne sans répit avec « Naiads, Cassadies » beaucoup plus dépouillée dans sa première partie mais qui s’étoffe ensuite avec un piano et un violon amples. Toujours pas de faux pas avec ce troisième titre toujours aussi inspiré. Et ce n’est pas le sublime « Kept woman » qui fera baisser le niveau d’ensemble. Les harmonies vocales dans la plus pure tradition du groupe maintiennent une sublime mélodie en apesanteur sur quelques arpèges de guitare acoustique. Vient ensuite le dyptique massif et central « Third of may / Odaigahara » pour plus de 8mn d’une beauté et d’une intensité à couper le souffle. La chanson évolue, se brise, redémarre avant de se diluer lors d’une fin contemplative où l’on peut entendre du shamisen, un instrument japonais. Après ce monument « If you need to, keep time on me » pourrait apparaître plus anodine avec son piano et ses guitares acoustiques, elle n’en est pas moins une vraie réussite, apaisée, simple. « Mearcstapa » et sa mélodie peu accessible semble en retrait des morceaux précédents mais ses qualités se nichent dans le détail d’arrangements toujours brillants et inventifs. « On another ocean (january / June) » construite elle aussi en deux parties ne se livre pas non plus facilement en particulier dans sa première partie. Il faut attendre la partie « June » et le départ d’une batterie pour accrocher et surtout une fin au cours de laquelle la voix s’élève très haut. Le magnifique « Fool’s errand » au rythme marqué ramène l’album sur des terrains plus hospitaliers. Le refrain en particulier rompt le rythme pour laisser les voix s’envoler. Le presque murmuré « I should see Memphis » se glisse dans un écrin de cordes et de guitares acoustiques et on se surprend à lui trouver alors de curieuses affinités avec le dernier Radiohead. il faut dire que la bande à Thom Yorke n’a sans doute pas été insensible au folk céleste des Fleet Foxes. On entend des percussions et des cuivres sur le somptueux « Crack up » qui clôt le disque avant que des voix plus divines que jamais emportent le titre vers des hauteurs d’une beauté stupéfiante. Mais comme rien n’est aisé sur cet album, c’est au ralenti que le titre se termine et même sur des bruits de pas, un souffle…

Il parait que le prochain est déjà en chantier comme si « Crack up » avait libéré ses auteurs d’un poids, celui d’être condamnés à toujours mieux faire. Aujourd’hui ils ont acquis cette liberté de haute lutte, « Crack up » se pose là, impérial même si difficile, il gagne à chaque écoute, révèle petit à petit ses splendeurs à qui veut bien s’en donner la peine, cette peine qu’il aura coûté au groupe pour le concevoir. Mais pour un tel résultat, le jeu en vaut la chandelle.

À écouter: Cassius – Fool’s errand – Third of may / Odaigahara

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