Slowdive – Slowdive
1 juin, 2017 @ 9:24 Critiques albums 2017

Slowdive – 2017

Slowdive

 

Aurais-je fait une erreur dans mon calendrier car manifestement nous sommes plus proches de 1993 que de 2017? Il suffit de faire la liste de quelques albums sortis récemment ou à sortir sous peu pour perdre nos repères temporels: My Bloody Valentine il y a quelques temps déjà, puis Blur, Lush, Jesus and Mary Chain, bientôt Ride qui effectue son come back et donc Slowdive. Me voici replongé dans mes années d’étudiant quand, au début des 90′s, tous ces groupes donnaient un coup de neuf à la pop anglaise. Noisy pop, shoegaze déferlaient dans nos oreilles, harmonisant le bruit des guitares avec des voix qui se fondaient avec grâce dans des murs de sons élégants, conjuguant mélodies parfaites avec une science rigoureuse de la production. pas de doute, nous voici bien en présence d’un revival avec ce qu’il charrie de nostalgie pour le meilleur et peut-être parfois le pire.

 Slowdive n’a jamais accédé à un succès grand public à l’époque mais le talent de ce groupe fut pourtant incontestable. Ce nouvel et inattendu album est une divine surprise tant il s’avère être une vraie réussite. On est loin ici du come back inutile, cet album semble au contraire la suite logique et inspirée des productions passées du groupe. La formule n’a pas changé: nappes de claviers, voix masculine et féminine alternées ou ensemble, basse ronde et puissante, batterie subtile, mélodies recherchées sur l’ensemble de ces 8 titres au sein desquels on serait bien en peine de trouver un maillon faible alors que les sommets sont légion.

L’album débute en douceur avec le magnifique « Slomo » et ses arpèges de guitare cristalline, ses claviers aériens, sa basse ronde qui tissent un canevas subtil tout au long d’une longue introduction pour un parfait retour à la surface, sans poudre aux yeux ni effets inutiles. Les voix alors se répondent, celle, haut perchée, de Rachel Goswell et celle plus terrienne de Neil Halstead mais toujours comme en retrait, s’effaçant à demi. « Star roving » le titre suivant est une bombe qui aurait eu toute sa place sur l’extraordinaire « Going blank again » le chef d’oeuvre de Ride de 1993. Les claviers et les guitares couplés à une basse New Orderienne  y tissent un mur de son d’une légèreté cotonneuse sur une mélodie imparable et reprend les choses exactement là où le groupe les avait laissées, les voix noyées dans la gaze. Décidément la nostalgie a parfois du bon. C’est à Lush que l’on pense fortement sur le superbe « Don’t know why » à cause de la voix de Rachel démultipliée, de la mélodie accrocheuse, des guitares cristallines encore. « Sugar for the pill » joue l’apaisement et termine la face A de la plus belle des manières, sereine, tranquille sûre de son fait, sans esbroufe aucune. On est comblé.

La face B est du même tonneau et sans doute même supérieure à l’autre côté de la galette. D’abord avec « Everyone knows » qui conjugue nervosité des guitares rythmiques et voix haut perchée toujours aussi éthérée. La chanson sait ralentir pour mieux repartir sans aucune erreur de braquet. « No longer making time » est un bijou de mélodie, qui alterne couplets calmes avec les envolées mélancoliques d’un refrain qui nous immerge totalement dans sa consistance quasi liquide. L’ambitieux « Go get it » joue sur les ruptures de tons, de rythmes, d’ambiances, alternant moments bruitistes et périodes dépouillées. Certainement le titre le plus complexe de l’album. L’album se referme sur une splendeur absolue, meilleur titre du disque, nommée « Falling ashes« . Durant 8 minutes, quelques notes de piano tournent en rond pendant qu’au loin s’entrecroisent des motifs électroniques, une basse à l’économie et un chant d’une beauté stupéfiante. On est en apesanteur, transporté par tant de grâce.

Le retour de Slowdive est donc une réussite totale qui à la fois nous renvoie à une époque révolue sans jamais céder à une nostalgie vaine. Le disque est bien un album de 2017 qui, sans renier le passé, est en prise avec son époque. Allez j’y retourne!

En écoute – Star roving – Sugar for the pill 

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-galettesvinyles
rss 1 réponse
  1. François NOUZILLE
    18 septembre, 2018 | 12 h 18 min | #1

    Très belle critique, je valide totalement!
    Ils ont repris les choses là ou ils les avaient laissées il y a 20 ans, et la magie opère encore et toujours !!!

    Répondre

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