Timber Timbre – Sincerely, future pollution
19 mai, 2017 @ 3:59 2017

Timber Timbre – Sincerely, future pollution – 2017

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La superbe photo d’un Manhattan nocturne de 1935 illustre à merveille ce que recèle le nouvel album du trio canadien Timber Timbre: une espèce de modernité classique qui marie un folk sombre mais chaleureux à des sonorités plus actuelles comme des claviers assez présents et une électronique discrète. L’excellence des compositions est portée par la voix superbe de Taylor Kirk qui rappelle souvent Stuart Staples des Tindersticks, il y a pire comme comparaison.

C’est des claviers en nappes et une batterie mate qui introduit la magnifique « Velvet globes & spits«  chanson qui ouvre l’album. Cette somptueuse ballade nocturne déroule tranquillement sa perfection sereine sur une pulsation ronde de basse. Quelle ouverture! La suite est déroutante avec ce « Grifting« , espèce de funk au ralenti comme étouffé, dans un registre qui bouscule les genres que n’aurait pas renié David Bowie à qui on pense parfois aux détour d’une inflexion de voix, d’une sonorité étrange. L’étrangeté sied parfaitement à ce disque qui démarre superbement. On reste dans une ambiance légèrement décalée, à la David Lynch, au début du très cinématographique et instrumental « Skin tone » avec ses claviers et ses boucles en spirales. L’album, tout en étant cohérent, explore plusieurs directions, plusieurs couleurs musicales avec brio. « Moments » est dominé par les synthétiseurs, ultra doux et soyeux et très présents depuis le début de l’album et clôt en beauté une face totalement réussie. On y entend même des voix discrètement passées au vocodeur avant que brusquement, en plein milieu, le titre s’oriente vers un rock presque progressif pour un fin aérienne somptueuse, lézardée de solos de guitare en roue libre.

La face B va porter l’album encore plus haut. « Sewer blues » est digne du meilleur Nick Cave, celui des ballades vénéneuses. Mélodie somptueuse, refrain porté par des claviers, zébré de rares traits de guitare le tout sur un rythme métronomique et crépusculaire. Il faut dire à quel point la production de l’album est de grande classe, les arrangements assurant la cohérence, l’ambiance bleu nuit (c’est le titre d’une chanson du disque) perturbée par ces sons de claviers, de percussions, ces bruits étranges qui fourmillent sans jamais être envahissants. « Western questions » assomme définitivement toute résistance et amène l’album encore plus haut. Dans mon monde idéal, cette chanson serait en tête des hits parades pendant qu’Ed Sheeran ferait ses balances avant son concert à la salle polyvalente en ouverture de la fête des vendanges. Tant mieux pour Ed Sheeran, tant pis pour moi. Mélodie en or massif interprétée avec une classe internationale, sobriété absolue avant un final en apothéose: Mais que c’est beau.  Que dire de « Sincerely, future pollution« , bien plus difficile d’accès et vraie étrangeté de l’album? Tout simplement que le risque paie au centuple. Ici, une basse imperturbable est lacérée de claviers qui bourdonnent, les rythmes sont électroniques, résonnent et se répondent. L’atmosphère est d’abord lourde et inquiétante, évoquant un monde sombre peuplé de bestioles rampantes et grouillantes avant de prendre peu à peu de l’altitude, propulsée par une nappe de claviers et c’est à un lent décollage que nous assistons, ébahis par tant de savoir faire. « Bleu nuit » qui alterne des passages flirtant avec le jazz 70′s et un rock progressif, un saxophone doublé d’une voix au vocodeur  me convainc moins mais ce n’est qu’une légère faute dans un album quasi parfait et que l’extraordinaire « Floating cathedral » va conclure. Sur une percussion famélique, on est propulsé dans un lent western, un western de villes fantômes, de coyotes errants, de buissons emportés par le vent dans une rue déserte. C’est absolument magnifique.

Il est temps de reconnaitre à Timber Timbre la place qu’ils méritent, aux côtés de groupes comme Tindersticks, jouant à armes égales avec Nick Cave pour cette capacité à émouvoir avec une classe impressionnante, pour créer des atmosphères desquelles les images surgissent, pour la capacité enfin à marier la tradition des compositions avec des arrangements décalés, surprenants et toujours pertinents. On y retourne!

À écouter: Sewer blues – Western questions – Velvet gloves & spit

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