Aquaserge – Laisse ça être
28 février, 2017 @ 3:41 Critiques albums 2017

Aquaserge – Laisse ça être – 2017

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Ce groupe français joue avec les mots et les images, et aussi bien sûr avec les sons comme nous allons voir. « Laisse ça être » peut être la traduction littérale de « Let it be« , « Aquaserge » un évident jeu de mot d’inspiration mi-dada mi-gainsbourienne. Et leur musique? Inclassable, impossible à ranger dans un tiroir avec étiquette et c’est ce qui en fait sa richesse, son originalité permanente. L’album oscille, au gré de ses 8 morceaux, entre le jazz, la musique de films, le rock progressif, utilise des quantités de cuivres, des percussions, des guitares électriques, multiplie les ruptures de tempos, de rythmes, d’ambiances entrainant l’auditeur dans des directions toujours surprenantes. Cependant, l’album est d’un accès très facile, pas besoin d’être un habitué des musiques complexes pour l’apprécier et se laisser entraîner.

Les cuivres de « Tour du monde« , soutenus par des bongos ouvrent le bal. On entend en arrière plan des zébrures de guitares électriques. Le ton est donné, celui du mouvement, du mélange, du déplacement perpétuel, pour amener les morceaux là où on ne les attend pas tout en retombant sur les pattes. « Si tu marches sur tes propres pas c’est que tu as fait le tour du monde » dit le texte succinct.   »Virage sud » n’a rien d’un chant de supporters du kop, plutôt d’une incursion vers une pop psyché des années 60,  et quand la batterie bégaie, ce sont des flutes tournoyantes qui prennent le relais. C’est une affreuse intro prog rock 70′s boursouflée qui lance « Tintin on est bien mon loulou » et continue sur des paroles à la manière de « Course à pied/ Pied à Terre/ Terre de feu... » juste avant le virage à 180° du titre vers une ambiance jazzy lounge. Mais cela ne sera que de courte durée car les riffs prog sont de retour et puis non on change encore de direction. De quoi s’agit-il sur « Si loin si proche« ? De pop? De jazz? On reste cependant justement au carrefour de plusieurs genres sur des paroles énonçant  des oxymores loin/proche; différence/ressemblance. Le titre est apaisant, presque zen, invite à flâner dans la nature accueillante. La face A se termine et on a l’impression d’une perte de repères tellement salutaire dans cette époque de musiques formatées.

En ce début de face B « C’est pas tout mais » égrène des bouts de phrases, plutôt des ponctuations, de ces mots que l’on prononce pour combler les vides de conversations  laborieuses. La basse est ronde et chaude, les cuivres lacèrent l’espace, avant que le titre ralentisse et se termine dans un long suspens. Je passe plus rapidement sur « L’ire est au rendez-vous » et son chant poético médiéval pénible pour m’arrêter sur le magnifique « Charme d’Orient » instrumental aux accents Gainsbouriens pour le son des guitares mais à la tonalité nocturne et onirique, comme une déambulation de nuit dans un monde fantastique. Ambiance que prolonge « Les yeux fermés« , superbe ballade où rêves et fantômes cohabitent et qui clôt un album d’une liberté totale, brassant les références pour un résultat sans concession et pourtant original et accessible. Aquaserge? La question ne se pose même pas!

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