Tristesse Contemporaine – Stop and start
25 février, 2017 @ 3:50 Critiques albums 2017

Tristesse Contemporaine – Stop and start – 2017

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Ainsi il parait que Tristesse Contemporaine, que je croyais être un groupe français, n’est composé que d’étrangers. Fut un temps où le rock français était complexé par la production anglo-saxonne, ce temps est donc révolu puisque cet immense « Stop and start » aurait pu être conçu par chez nous sans que cela étonne plus que ça. Je ne connaissais le groupe que de nom, je le découvre avec ce 3ème album d’un rock sans concession à la fois ténébreux et branché cependant sur les pulsations cardiaques qui agitent les danseurs qui illustre on ne peut mieux le nom du groupe (quelle trouvaille!) et la pochette magnifique et intrigante, presque surréaliste. C’est du côté de la matrice Joy Division qu’il faut chercher les influences musicales: une batterie à  la fois puissante et sobre comme jouée dans une église, une voix sombre et grave, des guitares et des claviers aussi discrets qu’incisifs. On retrouve aussi très souvent des ambiances croisées chez Jesus and Mary Chain. Cependant le groupe ne se prive pas d’utiliser les sons électroniques s’inscrivant dans une modernité qui lui fait éviter l’écueil de la nostalgie. Les chansons sont donc actuelles, puissantes et profondes, se révélant encore un peu plus à chaque écoute.

Témoin l’extraordinaire « Let’s go » qui ouvre l’album avec ses pulsations de basse, une voix dont on sait qu’on va y revenir souvent avant qu’un clavier et des guitares aussi discrètes que sobres propulses le titre vers les sommets. Comment faire beaucoup avec peu, c’est la leçon bien retenue d’une cold wave digérée réduite à l’essentiel. L’inquiétant « Dem roc » propulse l’album sur les pistes de danse avec son phrasé répétitif et ses boucles entêtantes. C’est ensuite l’excellent et presque pop « Girls » qui vient chatouiller nos oreilles avant « Know my name » une espèce de rockab famélique et crade que les Cramps n’auraient pas renié mais qui détonne un peu dans l’ensemble. La face A se termine avec le plus léger « Everyday » qui fait taper du pied, emballé par des riffs étonnamment léchés.

C’est cependant la face B qui emporte l’album encore plus haut. « It doesn’t matter » commence par des bourdonnements et une batterie à contre temps. L’influence Jesus and Mary Chain est manifeste surtout quand les guitares quasi noisy et la voix réverbérée entrent en piste. Le morceau est ténébreux et puissant. Tout comme le fantastique « Stop and start » soutenu par des nappes de claviers, des rythmes presque industriels. Le morceau monte en puissance et en intensité tout en étant très répétitif avant de s’interrompre brusquement. Mais c’est pour laisser la place au gigantesque « No hope » qui est à la fois pop et sautillant et d’une noirceur insondable. 2ème tube avec « Let’s go« ?? On peut toujours rêver! L’album se clôt sur le bien nommé et ultra connoté « Ceremony » qui renvoie bien évidemment au New Order première mouture. Construit autour d’un riff de guitare en boucle, presque psalmodié d’une voix caverneuse, le titre se fait entêtant, monte en intensité avant de disparaître brutalement.

Sans jamais sombrer dans les clichés d’un revival cold wave 80′s, Tristesse Contemporaine vient donc de livrer un album d’une intensité, d’une puissance folles pourtant construit sur des arrangements qui vont à l’essentiel, sans esbroufe mais les chansons qui le composent sont d’un niveau d’ensemble tel qu’elles n’en ont pas besoin.

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-galettesvinyles
rss 1 réponse
  1. Loutros
    4 mars, 2017 | 14 h 44 min | #1

    Très belle critique. Je valide le fond la forme et te rejoins sur la puissance de cet album.

    Répondre

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