David Bowie – Station to station (réédition vinyle)
10 février, 2017 @ 8:10 Critiques albums 2017

David Bowie – Station to station – 1976 (réédition 2017)

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Succès du vinyle aidant, on réédite à tout venant et c’est tant mieux, pour ceux qui, comme moi, reconstituent tant bien que mal leur discographie. Les albums de David Bowie ressortent donc dans leur version d’origine petit à petit. C’est l’occasion pour ceux qui ne le connaitraient pas (il y en a?) de découvrir ou de redécouvrir donc cet album central de 1976, à la fois aboutissement et, comme toujours avec lui, nouveau départ vers d’autres univers dans la carrière de Bowie. Méconnu du grand public, il s’agit là cependant d’un des quatre meilleurs albums de Bowie, un incontournable en ce qui me concerne.

Débarrassé de ses oripeaux Ziggy, après avoir asséné trois albums « Ziggy Stardust; Aladin sane; Diamond dogs » en trois ans et autant de chefs d’oeuvre, Bowie tente et réussit tout. « Station to station » succède à « Young americans » dans lequel Bowie avait pris tous les risques en allant enregistrer son album soul à Philadelphie avec les musiciens du cru. Essai transformé haut la main. Il amorce ici un virage vers les expérimentations entre autres électroniques alors en cours en Europe et en particulier en Allemagne, prend acte du continent Européen en tant que nouvel espace de culture tout en intégrant les éléments soul récemment explorés. Le résultat est époustouflant sur un album de 6 titres (dont une reprise) qui sont autant de sommets et font le lien entre l’album précédent et la fameuse trilogie dite « Berlinoise » qui s’annonce « Low; Heroes; Lodger« . Bowie n’a pas fini de surprendre, toujours là où on ne l’attend pas. Il s’entoure des musiciens impeccables que sont Carlos Alomar, Earl Slick, débauche le pianiste de Springsteen Roy Bittan, pour un album inclassable, aux relents de soul et de funk mais passés à la moulinette d’un rock froid et blanc sur lequel plane, majestueuse, la voix du Roi David.

Le morceau titre en ouverture écrase toute concurrence tout au long de ses 10 minutes absolument exceptionnelles. Chanson fleuve, à tiroirs, à étages, comme on veut, qui commence par des bruits de train et se termine en cavalcade. « The European cannon is here » et sa déflagration se fait encore entendre aujourd’hui tant « Station to station« , la chanson, est un coup de tonnerre dès le début de l’album. Progressive, car elle évolue régulièrement de changements de rythmes en changements de mélodies, elle ne comporte pourtant pas les lourdeurs des groupes progressifs alors en vogue à l’époque. Le titre est tellement riche que chaque écoute apporte son lot de découvertes, d’émotions nouvelles bien difficiles à décrire. Il faut prendre ce train, monter le volume et goûter à ce classique pop rock sans modération. Puis attaquer un autre monument avec le tube « Golden years » superbe de décontraction ultra maitrisée, emmené par un Bowie  impérial au chant avant de terminer la face avec la ballade en or massif qu’est « Word on a wing« . Jamais jusque là Bowie n’a aussi bien chanté, élargissant sa palette encore plus loin. C’est par un piano guilleret que commence « TVC15 » juste avant que le titre prenne une ampleur impressionnante, la voix comme à bout de souffle. Le riff de « Stay » restera dans toutes les oreilles faisant surfer le titre sur une espèce de funk blanc et froid. Mais la grande performance vocale, et pourtant le niveau aura été impressionnant du début à la fin, est l’interprétation de la ballade triste et seule reprise de l’album « Wild is the wind« . Je ne connais pas la version originale mais il me semble impossible qu’elle soit supérieure à celle de Bowie tant celui-ci est capable de chanter comme un crooner qui jamais ne se prendrait au sérieux puis de monter dans les aigus pour atteindre une émotion à chaque nouvelle écoute.

Il faut se précipiter donc sur ce classique qui est aussi un très bel objet, la pochette tirée du film « The man who fell the earth »  dit bien ce qu’est Bowie par rapport aux autres: un extraterrestre.

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-galettesvinyles
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