Radiohead – A moon shaped pool
26 janvier, 2017 @ 12:43 Critiques albums 2016

Radiohead – A moon shaped pool – 2016

Radiohead_-_A_Moon_Shaped_Pool

Combien de groupes aujourd’hui génèrent-ils une attente aussi forte? Aucun. C’est toujours avec une grande impatience que l’on découvre leur nouvelle livraison. Le virage très électro expérimental de ces dernières années avait pu en laisser certains sur le côté mais Radiohead ne s’est jamais reposé sur ses lauriers, n’a jamais cherché à faire un « OK computer 2 » ou un autre « Kid A ». Chaque nouvel album possède son propre univers. Alors à quoi ressemble « A moon shaped pool »? C’est un double album mais peut-on vraiment parler de double quand la face A comporte 2 titres (Quelqu’un peut-il me dire pourquoi aujourd’hui on met aussi peu de chansons par face sur un vinyle?). La première écoute, il en faudra de nombreuses autres pour découvrir les multiples merveilles du disque, apporte un élément de réponse: Radiohead vient de sortir son album symphonique avec le concours des cordes et des choeurs féminins du London Contemporary Orchestra. Qu’on se rassure, pas d’emphase ici, mais une ampleur, une profondeur de champ impressionnantes tout au long de ces 12 titres de haute volée. La voix De Thom Yorke, torturée ces dernières années, retrouve la sérénité et les envolées de l’époque « OK computer ». A-t-il déjà aussi bien chanté?
Le premier disque est une merveille absolue inauguré par « Burn the witch » et ses cordes folles, à la limite du déraillement. Un classique absolu. C’est le genre de morceau qui supporte 50 écoutes sans problème, qui révèlent à chaque fois de nouvelles splendeurs. Personne d’autre que Radiohead ne peut sortir un titre comme ça, personne d’autre que Thom Yorke ne peut le chanter aussi bien. La chanson justifierait à elle seule l’achat de l’album sauf que la suite va voler tellement haut… « Daydreaming » est une incroyable déambulation somnambule, qui pourrait être la BO parfaite d’un Tim Burton des grands jours, dans une atmosphère onirique et fantastique créée par des textures sonores incroyables, jusqu’au déchainement final des cordes. « Decks dark » entrera aussi directement dans le best of du groupe: mélodie parfaite, choeurs féminins, chanson à étages, frissons garantis. On enchaîne avec « Desert island disk » et la première incursion du groupe vers une sorte de folk psychédélique qui illustrerait la traversée hallucinée d’un no man’s land au ralenti. « Ful stop » commence, avec son énorme basse et ses sirènes comme du Massive Attack période « Mezzanine » puis s‘éclaire petit à petit jusqu’au final halluciné d’une beauté à couper le souffle où Yorke fait des merveilles. La face C s’ouvre sur le fragile et magnifique « Glass eyes », ballade dépourvue de batterie, montée sur cordes, piano et voix. « Identikit » semble chanté sous l’eau avant que la voix s’éclaire sur un titre complexe et passionnant. On pourra reprocher les choeurs un peu pompeux du milieu mais vite rattrapés par une fin où la guitare toujours surprenante de Greenwood propulse le titre vers les sommets. « The numbers » est une ballade qui commence comme du Led Zeppelin avant que les violons de « Melody Nelson » viennent s’imposer. « Présent tense » est un des plus beaux titres du disque, une ballade somptueuse sur des rythmes légèrement bossa inhabituels chez Radiohead. mais on n’écoute pas Radiohead si on n’aime pas être dérangés. « Tinker …thief » (le titre est trop long:) ne caresse pas l’auditeur dans le sens du poil. Le morceau joue sur l’atmosphère créée par une batterie très en retrait, des cordes toujours très présentes et la voix de Yorke. « True love waits » vient clore en douceur l’album. La chanson est à écouter couché dans l’herbe, par une nuit d’été, la tête vers les étoiles et la lune du titre.
Radiohead a retrouvé ce qu’ils avaient peut-être perdu quelque peu dernièrement, la capacité à écrire des chansons provoquant des émotions, des frissons sans jamais cesser d’expérimenter. Le travail sur les sons est ben effet absolument stupéfiant sur ce disque et le producteur historique (le 6ème membre du groupe?) Nigel Godrich n’y est surement pas pour rien. Groupe essentiel donc, Radiohead continue à repousser les frontières de la musique pop, les suiveurs sont encore une fois largués, les pieds sur terre pendant qu’eux les contemplent depuis la lune, inaccessibles.

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-galettesvinyles
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