Lescop – Echo
26 janvier, 2017 @ 9:37 Critiques albums 2016

Lescop – Echo – 2016

LESCOP - echo

Il y a 3 ans, je suis allé voir un concert pour sa première partie. Ce soir-là à Grenoble, Mathieu Lescop jouait en ouverture des insupportables Fauve. Curieuse programmation que d’accoler des artistes aussi dissemblables. D’ailleurs, c’était attendu, Lescop a fait un relatif bide devant les fans du phénomène d’alors, distillant pourtant, bien que de façon un peu raide, sa musique sombre et inspirée, actualisant les sons des 80′s que des gens comme Daniel Darc avaient pu proposer par le passé. Son premier album porté par le fantastique « tube » « Dans la forêt » était plein de promesses. Par la suite je ne tiendrais que 30 mn devant les éructations Fauvesques avant d’aller boire un coup à l’air libre.

Les promesses sont tenues sur « Echo » le nouvel album de Lescop. Si les références sont toujours à chercher du côté de la pop sombre des 80′s, le son a gagné en profondeur, l’album est beaucoup plus régulier que le précédent. Les mots de Lescop font mouche, cultivant l’attrait du garçon pour les atmosphères sombres et étranges. Qui est ce fantomatique « David Palmer » qui ouvre la face A ? Mystère. « Il ressemble à Pierre Clémenti/et marche comme une panthère noire ». Le titre repose sur une énorme basse chaude et ronde, des sifflements et une guitare aigrelette. La voix de Lescop se fait presque murmure, comme tout au long de l’album. Encore plus fort avec ce qu’on imagine pouvoir être un autoportrait de l’artiste, au vu de la pochette de l’album, « Dérangé » évoque Taxi Girl par ce phrasé plus proche de la parole que du chant. L’album commence donc par deux titres énormes malheureusement on est refroidis par le troisième et plus mauvais morceau du disque, « Mauvaise fille », qui ennuie par son aspect répétitif bien que le portrait de la fille en question confirme le goût de Lescop pour les personnages mystérieux, insaisissables et dangereux. Qu’on se rassure, ce sera le seul vrai faux pas, et encore relatif, de l’album. On ne peut pas ne pas penser à Daho sur « Insomnies » qui enchante avec ses notes légèrement acides avant que « L » évoque encore un personnage décalé qui « en plein été se plaint du froid ».
La face B est une réussite totale depuis l’expérimental et électronique « Quelqu’un à qui penser », bourré d’arrangements entêtants et vrillés puis avec « Suivie », un des meilleurs titres de l’album porté par une guitare nerveuse sur choeurs féminins et aériens. Les mots de Lescop sonnent parfaitement dans cette atmosphère de déambulation amoureuse « Dans le dédale des rues de Paris ». « Echo » revisite le mythe de Narcisse, la voix en suspens, soutenue par une pulsation et une nappe synthétique jusqu’à ce qu’en fin de titre, la batterie démarre, nerveuse et incisive sur des incantations à l’infini d’ »Echo ». L’hypnotique et stroboscopique « Flash » emmène l’auditeur sur la piste de danse, à renfort de claps et de « Flash » murmurés : réussite totale. L’album se conclut avec « C’est la nuit » et sa basse sautillante dans lequel délaisse les ambiances sombres et acides pour un titre plus franc du collier et positif. « Marche à mon bras quelques heures si tu veux » …. proposition acceptée, plus longtemps même si possible !
Lescop confirme donc les espoirs placés en lui, reprenant la formule du premier album. Pas encore le classique dont il est à coup sûr capable mais le début d’une œuvre déjà cohérente. Il lui faudra se démarquer d’influences encore trop présentes pour prendre son véritable envol.

 

 

 

 

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