Julien Doré – &
26 janvier, 2017 @ 12:19 Critiques albums 2016

Julien Doré – & – 2016

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Avec « & », après le décevant et pourtant acclamé « Love » succédant au très réussi « Bichon », Julien Doré vient de sortir son meilleur album. Le voici installé dans le peloton de tête de la pop française, certainement pour un bon bout de temps, reprenant la formule des albums précédents mais la poussant à un niveau jamais atteint jusque là. L’album est un écrin ouaté, les rythmiques élastiques et les basses rondes installant l’auditeur dans un cocon chaleureux. Les arrangements d’une légèreté incomparable fourmillent d’idées qui se révèlent à chaque écoute. Le single « Le lac » est exemplaire à ce titre. La chanson, presque neutre et lisse à la première écoute, se dévoile petit à petit, sa mélodie subtile et mélancolique s’insinuant dans le cerveau telle la pop song quasi parfaite qu’elle est. Cette mélancolie irrigue tout le disque, portée par cette voix si particulière de Julien Doré, sorte de murmure chanté, et des mots dont les sonorités se fondent parfaitement dans l’univers sonore où dominent les claviers, le piano mais sans jamais être bavards ou envahissants. L’équation si subtile de la pop quand elle est réussie, petit miracle d’équilibre. Rares sont les morceaux où justement cet équilibre est brisé, pour pas grand-chose d’ailleurs, une mélodie plus convenue, un refrain pesant pour « Eden » et sur le beaucoup plus discutable « Beyrouth Plage », un refrain où d’horribles choeurs qu’on jurerait sortis d’une chanson de JJ Goldman (Ouille!) polluent un album par ailleurs irréprochable.
Doré enfile les perles sur le premier disque sans coup férir. La triplette inaugurale est une entrée en matière des plus parfaites: dans le sublime, sombre et mélancolique« Porto Vecchio », la voix de Doré plane sur un coussin d’air. Puis, le rythme se fait sautillant et synthétique sur le faussement superficiel « Coco Câline », qui se révèle une véritable drogue avant le ralentissement somptueux de « Sublime et silence » qui rappelle les plus grandes réussites des Cars, autre grand groupe pop synthétique. Doré ose et réussit tout jusqu’au solo de synthé tellement casse gueule. C’est à l’album « Le manteau de pluie » de Murat que l’on pense dans « Corail » et »Moonlight serenade » qui n’auraient pas déparé dans cet album. Il réussit même l’exploit de rendre irrésistible ce qui normalement ne peut être que kitsch à savoir un slow en italien avec « Romy ».
« & » est un aboutissement. Doré semble y maitriser parfaitement ce que les albums précédents ne réussissaient qu’épisodiquement, conjuguant au plus-que-parfait ses talents de parolier, de mélodiste avec une mise en son d’une richesse inouïe.
& puis? & quoi? & la suite?
À ce point, Julien Doré est condamné à évoluer ou à se répéter et donc à décevoir. Saura-t-il à l’instar de Jean Louis Murat par le passé, se réinventer, quitte à se planter parfois, changer une formule, certes gagnante mais difficilement surpassable tant « & » vole à haute altitude? La réponse est peut-être déjà dans cet album avec son extraordinaire, dernier et certainement meilleur titre, le sublime, sombre et mystérieux « De mes sombres archives » qui se termine sous un déluge de guitares pourtant d’une douceur et d’une légèreté imparables. Placé en conclusion, c’est celui qui ouvre des perspectives justifiant le titre de l’album. & si l’avenir de Julien Doré était devant lui?

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