Chairlift – Moth
26 janvier, 2017 @ 10:21 Critiques albums 2016

Chairlift – Moth – 2016

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J’apprends donc, grâce au titre de ce troisième album du duo Chairlift, que « Moth » désigne en anglais ces papillons de nuit aussi fragiles qu’éphémères, attirés par la lumière, dont l’un orne ici la pochette comme une menace au-dessus de la ville. Ephémère la musique de Chairlift? Céderait-elle aux facilités, à ce qui brille? J’en doute. Le précédent album emmené par la formidable «  »Amaneamonesia«  était déjà réussi mais « Moth » semble encore plus maitrisé et homogène, surtout sur la face A passionnante de bout en bout. Les étranges bruits qui ouvrent « Look up » et donc l’album, relayés par la formidable voix de Caroline Polachek proche de celle de Suzanne Vega, qui alterne ente suavité et cris, installent l’atmosphère légèrement nocturne et exotique. Festival de la chanteuse encore sur « Polymorphing » un des meilleurs titres de l’album dont les cuivres naviguent sur une rythmique liquide. La chanson fourmille d’idées d’arrangements, de multiples sons qui s’entrecroisent sur une mélodie évidente. Le starter annonce le départ sur les chapeaux de roue de « Romeo« , tube de pop sautillante et élastique, qu’on écoutera à fond les ballons les matins difficiles. Le meilleur est à suivre avec « Ch-Ching« , prodige d’inventivité qui mêle les gémissements aigus de Caroline, un souvenir des Watoo watoo (qui s’en rappelle?), un refrain exceptionnel, le tout toujours sur ces sons et rythmes liquides qui sont la marque de l’album. La face se termine en beauté avec le reposant « Crying in public » de facture plus classique mais tellement bien chanté.
L’apparent désordre en début de face B de l’introduction d’ »Ottawa to Osaka » confirme la propension du duo aux arrangements vicieux et tordus. Baisse de niveau avec « Moth to the flame » où en effet, le duo cède à quelques facilités un peu agaçantes ainsi que sur le légèrement funk « Show U off » où Caroline se livre encore cependant à ces modulations de la voix dont elle a le secret. Voix qui fait encore merveille sur les pulsations rapides de la basse et les grésillements de « Unfinished business » tout en suspension. L’album se conclut par l’étrangeté nocturne de « No such thing as illusion » qui confirme définitivement la capacité du duo à installer une atmosphère par sa science des arrangements.
Loin d’être éphémère, le talent de Chairlift s’annonce durable au contraire, emmené par cette très grande chanteuse qu’est Caroline Polachek dont je veux bien échanger 30 secondes contre l’intégralité du dernier Adèle.

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