Benjamin Biolay – Palermo Hollywood
26 janvier, 2017 @ 12:56 Critiques albums 2016

Benjamin Biolay – Palermo Hollywood – 2016

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Riche printemps pour la musique de par chez nous! Christophe, Murat, Miossec et donc Biolay sortent quasiment tous en même temps leur nouvel opus. Si Christophe est hors catégorie, Biolay joue ici son rang de futur parrain de la chanson française. Pour cela il est parti en Argentine du côté de Buenos Aires chercher l’inspiration et ça s’entend. Rythmes à base de percussions, voix argentines (on entend de l’espagnol sur presque tous les titres), bandonéons, cuivres, musiciens locaux et même atmosphères qui donnent l’impression d’être dans cette ville. Il y est même question de Borges. Qu’on se rassure, il ne s’agit pas d’un album de musique sud américaine, non, Biolay, à la manière de Paul Simon dans « Graceland », a laissé ses chansons ouvertes aux influences sans jamais chercher à sonner exotique. On est bien loin de Manu Chao donc, ou alors un Manu Chao qui aurait eu des idées d’arrangements brillantes. Biolay maitrise suffisamment son art pour ne pas tomber dans ce piège. « Palermo Hollywood » est l’album d’un artiste ouvert aux sons qui l’entourent, qui s’en inspire, s’en imprègne, les digère pour proposer quelque chose de tout à fait personnel. La marque Biolay est bien présente, les somptueux arrangements de cordes, la voix mi parlée mi chantée qui souvent fait penser à Gainsbourg et les textes qui évoquent les amours malheureuses au gré des déambulations dans Buenos Aires et ses quartiers. Pas grand-chose à jeter au final: Le bourrin « Pas d’ici » assommant de lourdeur et « Palermo spleen » et son ténor d’opéra qui prouve une fois de plus que les deux genres se marient très mal. Pour le reste, c’est un sans faute. L’album débute par « Palermo Hollywood » somptueuse ballade à travers la ville au petit matin après une nuit blanche, alcoolisée et mélancolique. Déchainement de cordes sur des paroles qui sonnent comme jamais, grands espaces au rendez-vous, un des plus grands titres de Biolay. Puis « Miss miss », tube en or massif rythmé par des congas et truffés d’arrangements diaboliques d’inventivité. Plus loin « Palermo Queens » et son ambiance fin de soirée quand la piste de danse est désertée, que ne restent que quelques fêtards ivres et qu’un orchestre entame un dernier tango pour la route; plus-que-parfait encore une fois. Mais ce n’est rien à côté de « La débandade », chanson qui est la preuve que Biolay est un très grand. Les cuivres, le bandonéon, les cordes supportent une mélodie et des paroles d’une classe intemporelle. Biolay y aborde l’angoisse de la mort tout en célébrant les plaisirs d’une vie bien remplie pour atteindre à l’universel. Un classique instantané comme il y en a peu. Plus loin dans le très Gainsbourien « Ressources humaines » il traite même de la perte d’un emploi, chanson à connotation sociale rare chez lui. Si « Tendresse année zéro » est peut-être moins inspirée, on repart de plus belle avec « La noche y a no existe » en duo avec Alika et bilingue, option danse et tube à venir. L’album va dès lors ralentir et se terminer sur de somptueuses ballades: « Palermo Soho » et son tempo moyen, toujours bilingue, dans laquelle Biolay chante la tristesse de l’amour perdu, « Pas sommeil » qui se termine en déluge de cordes après avoir déversé sa tristesse insondable et enfin « Ballade française » chanson du retour au pays qui confirme le talent de Biolay à faire coexister les choeurs, les cordes et la mélancolie sans jamais être ringard, même de loin. Il va être difficile à la concurrence d’aller le chercher maintenant.

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